Poésie et informatique I: historique

d'Alain Vuillemin

CERTEL, Université d'Artois (France)

 

 

Ecrilecture, poïétique et poétique

La poésie par ordinateur est née à peu près simultanément en allemand et en anglais, en 1959, quand Theo Lutz en Allemagne et Brion Gysin aux États-Unis réussirent à faire fabriquer de premiers vers libres électroniques par ce qu'on appelait encore des «calculateurs» (1). En français, ce n’est qu'en 1964 que Jean A. Baudot y parvint au Canada, à Montréal. En France, toutefois, dès 1959, un ingénieur, François Le Lionnais, convainc Raymond Queneau de fonder sur ce sujet un éphémère «Séminaire de Littérature Expérimentale» qui se transforma dès 1960 en ce qui est devenu l'Oulipo, l'«Ouvroir de Littérature Potentielle» (2). C'est dans ce cadre que furent menées dès cette date, à Paris, les premières réflexions théoriques sur ce que l'«informatique», la science du traitement rationnel de l'information, pouvait apporter à la création littéraire par ordinateur. C'est seulement en 1975, à Bruxelles, lors d'une exposition internationale intitulée Europalia, que furent présentées sur des ordinateurs les toutes premières expérimentations concrètes de l'Oulipo. En 1976, Raymond Queneau meurt. En 1981, l'Oulipo fait scission et certains de ses transfuges, avec des poètes déjà reconnus comme Jacques Roubaud ou Jean-Pierre Balpe, fondent l'Alamo ou l’«Association pour la Littérature Assistée par la Mathématique et l'Ordinateur» (3). En 1985, à Paris, lors d'une autre manifestation internationale, l'exposition sur Les Immatériaux, l'Alamo présentera à son tour ses premières réalisations sur la poésie «générée» et sur la poésie «animée» par des ordinateurs. Le relais a été pris ensuite, à partir de 1989, par la création de plusieurs revues nouvelles de poésie électroniques, la revue alire dès 1989, la revue KAOS entre 1990 et 1994, puis, à partir de 1997, autour de revues plus anciennes, traditionnelles, imprimées, qui s’associent dès lors à une version électronique, en général sur un cédérom: la revue Doc(k)s, puis la revue E/carts. L'extension fulgurante du réseau de télécommunications Internet a ensuite provoqué sur le «Web» une prolifération des sites de poésie, que ce soit en France ou ailleurs. Les éditions de cédéroms de poésie par ordinateur se sont aussi multipliées. On n’en dénombrait pas moins d'une dizaine de titres et près de 250 oeuvres individuelles, en France et en Europe, en 2001. Le phénomène est sans précédent dans l’histoire de la littérature. Il prouve la vitalité et la richesse de ces nouvelles formes d'expression littéraire. Il témoigne aussi, de la part des auteurs, des «poètes», de l'apparition de nouvelles manières d'appréhender la création poétique. Un terme, un néologisme, celui d’«écrilecture» a même été forgé pour désigner les nouveaux modes de fusion des actes de l’écriture et de la lecture que l’on a découverts. Une autre «poétique» est née. Sa «poïétique» serait à inventer. Qu'en est-il ? Que peut-on déduire à ce sujet, à propos de cette évolution, des pratiques intuitives qui ont été observées, des prises de conscience qui ont pu se produire et des efforts de théorisation qui on pu être menés ?

 

I - Une pratique intuitive

Les pratiques initiales ont été largement intuitives et empiriques. En 1960, en l’état d’ignorance où l’on se trouvait, nul ne savait comment les ordinateurs pourraient devenir un jour des instruments de création même si, dès cette date, on pouvait déjà en avoir la conviction. Le «faire» a donc précédé les interrogations sur le «comment faire?» Le progrès technique, de surcroît, n'a cessé de prédéterminer le rythme des expérimentations entreprises. Jusqu'en 1980, les ordinateurs utilisés sont dépourvus d'écrans. On ne pouvait alors communiquer avec eux que par l'intermédiaire d'un clavier en amont et d'une imprimante en aval. Jusqu'à cette date aussi, c'est le statut du texte électronique et la manière de générer des textes inédits qui prévalent. A partir de 1980 environ, les micro-ordinateurs individuels commencent à se répandre. Ils possèdent désormais des écrans (ou des «consoles de visualisation»). Ils deviennent aussi «multimédias» à partir des années 1985-1986. La poésie animée, les «opéras numériques», «multimédias» ou «hypermédias», naissent. Dans un premier temps, au début des années 1960, linguistes et ingénieurs s'attachent à produire des recueils de vers libres ou de poésie potentielle par permutations ou par transformations aléatoires. C'est sur ce principe que Raymond Queneau compose son recueil Cent mille milliards de poèmes  en 1961, en France, que Nanni Balestrini conçoit Text Mark I  (4) en 1961 aussi, que Clair Philippy se livre en 1964, aux États-Unis, à la toute première expérience de «computer poetry»  (Carreno, 1994, p. 7) et que Jean A. Baudot publie à Montréal, au Canada, La Machine à écrire mise en marche et programmée par Jean A. Baudot: le premier recueil de vers libres rédigés par un ordinateur électronique. Entre temps, à Paris, en France, dans le cadre de l'Oulipo, les réflexions de Jacques Roubaud, de Pierre Lusson, de Paul Braffort s'orientent plutôt vers la poésie versifiée traditionnelle et vers l'élaboration de générateurs de quatrains, de quintains, de sizains, de dizains, de sonnets, bref, de poèmes à formes dites «fixes» dont l'Alamo gère désormais une collection importante sur son site Internet, depuis 1995, sous le nom de «littéraciels» (5). Ainsi, en devenant «multimédias», les ordinateurs ont appris aussi, en quelque sorte, à parler, à écrire et à présenter des images en intégrant le traitement simultané du texte, du son et de l’image. En 1985, l'exposition sur Les Immatériaux à Paris, au centre Georges Pompidou, consacre la naissance d’une nouvelle forme de poésie visuelle, «animée» par ordinateur. La première revue de cette «littérature animée de source électronique» (6) sera la revue alire, créée en France, à Villeneuve d’Ascq en 1989. Depuis, la revue alire en était, en 2002, à son douzième numéro et à son cinquième cédérom de poésie par ordinateur (les numéros 10, 11 et 12 de la revue, Le Salon de lecture en 1995 et Marionnettes de mots en 2001).

 

II - Une prise de conscience

La prise de conscience de ce que les ordinateurs pouvaient apporter à la création poétique a été lente toutefois. L'on peut en distinguer deux et peut-être même trois phases entre 1960 et 2000. Pour une première génération de pionniers, celle qui s'est regroupée en France autour de l'Oulipo, la tâche préalable a été tout d'abord de définir et de décrire en des termes informatiques les principaux processus de la création pour pouvoir les reconstituer et les simuler. Cette étape correspond dans les manifestes successifs de l'Oulipo qui ont été élaborés par François Le Lionnais à ce qu'il appelle l'«analyse» des procédés littéraires et l'«anoulipisme». Ce travail a été mené par les pionniers de l'Oulipo sans recours à des ordinateurs jusqu’en 1975. D'où le caractère quelquefois très abstraits des résultats et des témoignages qui en ont été publiés par la suite, en différents livres collectifs, notamment dans La Littérature potentielle en 1973, dans Atlas de littérature potentielle en 1981 et, enfin, dans les trois volumes de la Bibliothèque oulipienne parus entre 1985 et 1987. Les prolongements concrets en ont été matérialisés par la présentation par l'Oulipo en 1975, et par l'Alamo en 1985, de «générateurs» de textes, Stéphimallarm ou Rimbaudelaire, qui composaient des sonnets à la manière de Stéphane Mallarmé, d’Arthur Rimbaud ou de Charles Baudelaire. En une seconde étape, amorcée dès 1961 aussi, sur le plan théorique, le travail inverse, la «synthèse», c’est-à-dire l'invention de nouveaux procédés de création, devenait concevable. C'est ce que François Le Lionnais appelle le «synthoulipisme» dans ses manifestes. Il y voyait le but et la raison d'être de l'Oulipo, à savoir de réussir, un jour, à découvrir, grâce aux ordinateurs, qu’il appelle des «machines à traiter l'information», les virtualités latentes, «potentielles», de la littérature. C'est en cette perspective, grâce à l'apparition d'une nouvelle génération d'auteurs aussi, qu’ont été conçu dans une seconde grande étape les «littéraciels» de l'Alamo à partir de 1981, puis les «générateurs» publiés par la revue alire entre 1989 et 2000 et, entre 1994 et 1997, les autres générateurs de la collection «Génération» animée par Jean-Pierre Balpe auprès des éditions Ilias. Une troisième étape a peut-être commencé en 1995 avec l'essor du réseau Internet et la prolifération sur le «Web» de sites de «cyberpoésie». La revue Doc(k)s a tenté d’en proposer en 1999 un premier inventaire partiel sur un cédérom intitulé Un notre web. Une nouvelle génération d'auteurs ou plutôt de «cyberpoètes» apparaissait. D'autres manières d'appréhender la façon de se servir des ordinateurs se révélaient aussi.

 

III - Un effort de théorisation

Dans le même temps, les parutions précédentes se sont accompagnées d'un effort de théorisation plus systématique. L'initiative est venue de l'étranger. Dès 1991, à Madrid, en Espagne, Orlando Carreño Rodriguez-Maribona soutenait devant l'Université «Complutense» une thèse sur Nuevas Tecnologias da la Informacion y Creacion Literaria. En 1992, à Lisbonne, au Portugal, c'était Pedro Barbosa qui soutenait devant l'Université nouvelle de Lisbonne une autre thèse sur Metamorfoses do Real. Criaçâo Literaria e Computador. En 1996, à Paris, c'est Philippe Castellin qui soutenait devant l’université de Paris-Sorbonne (Paris IV), sous la direction de Georges Molinié (7), une thèse sur «Doc(k)s»: Mode d'emploi. Histoire, forme et sens des poésies expérimentales contemporaines, dont tout un chapitre portait sur les premières expérimentations recensées. Le processus s'est prolongé par la publication d'ouvrages dérivés de certains de ces travaux, comme le livre de Pedro Barbosa sur la «cyberlittérature»: A Ciberliteratura. Criaçâo Literaria e Computador, paru à Lisbonne en 1996. Des essais, aussi, ont été publiés, comme celui d'Armand Gillot sur La notion d'«écrilecture» à travers les revues de poésie électronique «KAOS» et «alire», publié en Roumanie, en 1999, à Timisoara. C'est d'ailleurs en Roumanie, à Bucarest, que, dès 1958, un mathématicien et un linguiste roumain, Solomon Marcus, s'était intéressé à la sémiologie littéraire, à la poésie algébrique et à la poésie mathématique. Il en avait résulté un livre, intitulé Poetica mathematica, paru en 1970 à Bucarest, qui comporte plusieurs chapitres sur l'analyse formelle de la poésie. Sous ce formalisme mathématique, il se livrait déjà à une première analyse «informatique» des formes poétiques. Son exemple a été suivi en Russie, au Canada, aux États-Unis. Ailleurs, en diverses revues, en France, au Canada, au Brésil, ce sont des articles ou des manifestes qui ont été publiés par des auteurs comme Jean-Pierre Balpe, Jean Clément, Jacques Donguy, Tibor Pap, et beaucoup d'autres. Deux colloques internationaux, le premier à l'Université de Lille III en mars 1992 sur «Nord Poésie et Ordinateur», le second à Paris, à l'Université Denis Diderot (Paris VII) en avril 1994 sur «Littérature générée par ordinateur», ont consacré en quelque sorte la naissance d'une nouvelle forme de critique universitaire. Depuis, le relais a été pris par plusieurs centres de recherches universitaires, le laboratoire «Paragraphe» à l'Université de Paris VIII, le Certel de l'Université d'Artois à Arras, le centre Adoni (Analyse de documents, numérisation et interprétation) de l’Université de Poitiers, le groupe «Hubert de Phalèse» du Centre de génétique et informatique du texte littéraire de l’Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris III), le Centre Cetic à l'Université «Fernando Pessoa» de Porto au Portugal, le groupe TEAno à l'Université de Milan en Italie, et jusqu'au Brésil, jusqu’au centre Nupill de l’Université fédérale de Santa Catarina à Florianopolis et au département «Arts et hypermédias» de l'Université fédérale de Pernambuco à Recife. Ce faisant, ce sont les recherches sur les sources de la création, sur la transformation du rôle de l'auteur, sur l'éclatement du texte, sur l'intervention du lecteur, sur le partage de l'écriture, sur la notion de dialogue, d'interaction ou d'interactivité, qui ont commencé à être approfondies, le but n'était plus de «faire» ou de décrire les façons de «faire» mais plutôt d'analyser les multiples manière de ce «faire», de cette nouvelle manière de composer des poèmes par l'intermédiaire des ordinateurs.

 

Conclusion

Au terme de ce parcours historique sur les relations entre la poésie et les ordinateurs, comment se situe la notion d'«écrilecture» par rapport aux concepts de «poïetique» et de «poétique»? Ce que l'expérience accumulée depuis 1960 révèle, c'est que le principal apport de l'informatique, le plus original, réside dans l'«interaction» ou dans l'«interactivité». Le dialogue, actif ou interactif, entre un ordinateur et un utilisateur permet de déléguer au lecteur une partie du pouvoir de création de l'auteur. Cette délégation peut être très importante et, surtout, très concrète. L'édition électronique l'autorise, à la condition toutefois que l'auteur le veuille bien. Il est parfaitement concevable qu’il puisse exister des formes de création poétiques numériques qui ignorent ou qui refusent tout de l’informatique ou de l’environnement technologique contemporain. Inversement, l'édition imprimée l'empêche complètement. Suggéré en 1996 par Pedro Barbosa dans son livre sur A ciberliteratura. Criaçâo Literaria e Computador, le terme d'«écrilecture» correspondait à un état idéal d'équilibre en ces relations nouvelles que l'ordinateur institue entre l'auteur et le lecteur dans cette fusion des actes de la lecture et de l'écriture que l’utilisation d’un ordinateur peut permettre. Le mot de «laucteur», forgé par Bernard Magné (à partir d’une contraction de «lecteur» et d’«auteur»), privilégie le rôle de l'auteur. Le terme de «wreader», inventé par Christopher Keep (à partir de «writer» et de «reader» en anglais), surestime l'action du lecteur. Ce qui est sûr, c’est que ces ressources qui sont contenues dans l'interactivité se sont révélées très lentement, par étapes, au fur et à mesure des progrès techniques. Entre 1960 et 1990, approximativement, les pratiques poétiques recensées ont d'abord été intuitives et expérimentales. Dès 1960, toutefois, les réflexions sur la nature des nouveaux processus de création que l'on découvrait étaient déjà engagées en des cadres divers, mais cette prise de conscience n'a vraiment commencé à se cristalliser qu'au cours d'une seconde période, entre 1985 et 2000, à mesure que les réalisations et que les publications se sont multipliées. Informel d'abord, puis systématique ensuite, cet effort de théorisation a aussi été complété très tôt, à partir des années 1970, avec l'aboutissement de premiers travaux universitaires et la parution d'essais qui sont encore trop peu nombreux. Depuis l'année 2000, une donnée nouvelle est apparue. L'essor du réseau Internet a provoqué l'apparition sur le «Web» d'une «cyberpoésie» qui ne cesse de s'étendre et de proliférer. Un phénomène nouveau s'est aussi manifesté: la poésie par ordinateur a cessé d'être l'apanage presque exclusif d'une poignée de pionniers, ce qu'elle avait été tout au long du XXe siècle. Sera-t-elle, au XXIe siècle, au contraire, le partage de tous?

 

Notes

1 - Le mot «ordinateur», fabriqué en France en 1956 pour traduire le terme anglais «computer», ne s'est imposé dans l'usage que dans le courant des années 1960.

2 - Voir Jacques Bens, Ou li po (1960-1963).

3 - Voir Paul Braffort,  «ALAMO: une expérience de douze ans».

4 - Voir Jacques Donguy, «Presciences» (préface à Tag-Surfusion).

5 - «Littéraciel»: néologisme fabriqué par l'association Alamo pour désigner un logiciel appliqué à la création littéraire. Voir Braffort, «ALAMO: une expérience de douze ans».

6 - Voir la page de présentation de chacun des numéros de la revue alire depuis 1989.

7 - Georges Molinié est devenu depuis président de l'Université de Paris-Sorbonne (Paris IV).

 

Références

Barbosa, Pedro, Metamorfoses do Real. Criaçâo Literaria e Computador, Lisbonne, Universidade Nova de Lisboa, 1992, 2 volumes.

Baudot, Jean A., La Machine à écrire mise en marche et programmée par Jean A. Baudot: le premier recueil de vers libres rédigés par un ordinateur, Montréal, Editions du Jour, 1964.

Bens, Jacques, Ou li po (1960-1963), Paris, Christian Bourgois, 1980.

Braffort, Paul, «ALAMO: une expérience de douze ans», in Vuillemin, Alain et Michel Lenoble, Littérature et informatique: la littérature générée par ordinateur, Arras, Artois Presses Université, 1995, p. 171-188.

Carreno Rodriguez-Maribona, Orlando, Nuevas Tecnologias da la Informacion y Creacion Literaria, Madrid, Universidad Complutense, 1991, 2 volumes.

Carreno, Orlando, «Poésie et ordinateur: rencontre et enjeux», in Bootz, Philippe et alii, A:/Littérature/, Lille-Roubaix-Villeneuve d'Ascq, Circav-Gerico-Mots-Voir, 1994.

Castellin, Philippe, «Doc(k)s»: Mode d'emploi. Histoire, forme et sens des poésies expérimentales contemporaines, Paris, Université de Paris-Sorbonne (Paris IV), 1996, 1 volume.

Doc(k)s-Akénaton, Un notre Web, Ajaccio, Doc(k)s-Akénaton, 1999, 1 cédérom.

Gillot, Arnaud, La Notion d'«écrilecture» à travers les revues de poésie électronique «KAOS» et «alire», Timisoara (Roumanie), Hestia, 1999.

Oulipo, La Littérature potentielle, Paris, Gallimard, 1973.

Oulipo, Atlas de littérature potentielle, Paris, Gallimard, 1981.

Oulipo, La Bibliothèque oulipienne, Paris, Ramsay, 1987 pour les volumes 1 et 2, Paris, Seghers, 1990, pour le volume 3.

Queneau, Raymond, Cent mille milliards de poèmes, Paris, Gallimard, 1961.

Solomon, Marcus, Poetica mathematica, Bucarest, Editura Academiei Republicii Socialiste Romania, 1970.

 

2002

 

Voir dans l'encyclopédie de l'Astrolabe:

Poésie et informatique II: approches

Poésie et informatique III: dénominations

Poésie et informatique IV: bilan

Le Robot-poète: littérature et critique dans l'ère électronique