.
SÉRIE
CANADA/RUSSIE --VOLUME
I
un projet conjoint du
Centre for Research on Canadian-Russian
Relations
de Carleton University
et du
Groupe de recherche en études
slaves
à l'Université
d'Ottawa
DIRECTION GÉNÉRALE
J. L. BLACK et
ANDREW DONSKOV
Russian roots & Canadian
wings:
Russian archival documents
on the Doukhobor emigration
to Canada
(Des racines russes et des ailes
canadiennes :
Des documents des archives russes sur l'émigration
des Doukhobors au Canada)
Compilés, traduits et annotés
par
John Woodsworth
Avec une préface par
Vladimir Tolstoï
xxii + 232 pp.
Ce livre est une publication de
Penumbra
Press
Manotick, Ont.
1999
ISBN 0 921254 89 X
.
Prix au Canada : 30$
can
Commandes de l'étranger
: 24$ É-U ou 36$ can
Veuillez noter :
Veuillez adresser vos commandes
(accompagnées d'un chèque ou mandat-poste) à :
Penumbra
Press
P.O. Box 940
Manotick, Ont. Canada
K4M 1A8
Pour d'autres renseignements
veuillez vous adresser
par télécopieur
à : (613) 692-5589
ou par téléphone
à : (613) 692-5590
.
|
LE DOUKHOBORISME
A COMMENCÉ IL Y A TROIS CENT ANS par un désir
d'adorer Dieu avec une conscience libre et sans les accoutrements de la
religion organisée il y a des siècles, un désir de
mener une vie paysanne simple de travail honnête sans la direction
illégitime de la part d'un état autoritaire -- surtout un
désir de mener sa vie sans l'exigence de tuer ou de causer du tort
à autrui. Même le service dans l'armée et l'exigence
de porter des armes meurtrières étaient, pour les Doukhobors,
une violation directe des préceptes chrétiens sur la non-violence.
Pour les autorités russes,
par opposition, le Doukhoborisme était une violation directe des
traditions orthodoxes qu'on a observées pendant des siècles,
surtout lorsque ses adeptes furent influencés par la philosophie
libérale de Léon Tolstoï. L'incinération
des armes au Caucase en 1895 a provoqué un régime intense
de surveillance policière, de rassemblement d'informations et de
contre-mesures -- un des régimes les plus intenses de toute l'histoire
russe; tout cela était dirigé vers les Doukhobors et vers
ceux qui leur donnaient sa sympathie et son appui -- les Tolstoïens.
Ces-derniers ont pris leurs propres mesures et ont préparé,
avec l'appui complet de Léon Tolstoï lui-même, le transport
de 7 500 Doukhobors du Caucase aux prairies canadiennes durant l'hiver
et le printemps de 1899.
Les obstacles à ce travail
mené par l'amour étaient nombreux : ï la frustration constante
dans les négociations avec les autorités russes méfiantes;
ï un voyage pénible en mer -- marqué non seulement par un
manque de confort mais aussi par des maladies qui ont enlevé la
vie à plusieurs émigrants; ï les préparatifs requis
pour accueillir, transporter, loger et alimenter tant d'immigrants à
la fois et, enfin, ï les débuts pénibles d'une nouvelle vie
sur les prairies inhabitées, où personne ne parlait une langue
que les Doukhobors pouvaient comprendre. L'essence d'une épopée
cinématique de Hollywood, certes, par contre, dans ce cas c'était
la réalité pour les Doukhobors au Canada de 1899 et pour
ceux qui les aidaient à atteindre leur but de se libérer
de leur persécution.
Heureusement pour les savants et
les passionnés de l'histoire d'aujourd'hui, les agents du ministère
russe des années 1890 ont très bien ramassé et préservé
les informations sur les Doukhobors et leur émigration. Néanmoins,
jusqu'en 1990, la plupart des documents dans ce recueil n'étaient
connus qu'aux agents eux-mêmes. Traduits et publiés
ici pour la première fois pour célébrer le centenaire
de l'arrivée des Doukhobors au Canada, ils apportent un nouvel éclaircissement
de cet événement significatif dans l'histoire du Canada en
tant que société multiculturelle.
* *
*
Extrait de l'introduction du compilateur
Common enough in the documents, on the one hand,
was the sterotypical view of the Doukhobors as the 'enemy' of the State,
including numerous references to the 'harmful influence' they could potentially
exercise on others by promoting refusal of military service, not to mention
anarchy and disobedience to authority. ... On the other hand,
this researcher noted many instances of a more positive approach to the
Doukhbors, including, at times, what seemed to be a genuine interest in
their welfare, a genuine effort to treat them fairly on a par with other
Russian citizens and a genuine appreciation of their moral qualities and
their contribution to Russian society as a whole.
Extrait d'un rapport aux autorités
de la Caucase de la part de deux inspecteurs (Document 7) :
...in adopting a régime which he ascribed
to the Governor in dealing with the unruly population and putting it into
effect, [Cossack commander] Esaul Praga did not hesitate to punish violators
of this régime with whips, the most shameful of severe punishments,
held in reserve by our legislators only for exiles who have been deprived
of all civil rights. ... Independently of the above-stated
measures, Esaul Praga took upon himself the settlement of family disputes
between exiled Doukhobors, divorces between husbands and wives and the
issuing of papers not only to Doukhobors but also to transient Tatars and
Armenians. ... Whatever the nature of the administration's
dealings with Esaul Praga, official or private, he had no right, under
the rules appended to [Article] 12 of the Garrison Duty Regulations, which
he was obliged to carry out to the letter, to take administrative duties
upon himself; he had even less cause to administer, at his own discretion,
punishment with whips, against people who were not accused before the court,
and even to women, which was most certainly prohibited by law.
Extrait d'un article de presse écrit
par un médecin sur les Doukhobors au Canada (Doc. 32) :
These [Doukhobor] communities make a very favourable
impression on the visitor. They are all like one family. Who
knows what effect their free life in Canada with its large land allotments
and good wages will have on them? For the time being, at least, they
are practising solid restraint. It is easier for them to adopt better
farming methods from the Canadians, since it is not difficult for them
as a community to buy agricultural equipment, and they are already seriously
considering this. Another burning issue with them is the construction
of a mill, and there is no doubt one of the wealthier communities will
take this on.