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SÉRIE CANADA/RUSSIE --VOLUME I
un projet conjoint du
Centre for Research on Canadian-Russian Relations
de Carleton University
et du
Groupe de recherche en études slaves
à l'Université d'Ottawa

DIRECTION GÉNÉRALE
J. L. BLACK et ANDREW DONSKOV
 
 

Russian roots & Canadian wings:
Russian archival documents
on the Doukhobor emigration to Canada

(Des racines russes et des ailes canadiennes :
Des documents des archives russes sur l'émigration des Doukhobors au Canada)
 

Compilés, traduits et annotés par
John Woodsworth

Avec une préface par
Vladimir Tolstoï
 

xxii + 232 pp.
 

Ce livre est une publication de
Penumbra Press
Manotick, Ont.
 

1999
 

ISBN 0 921254 89 X



 
 
 
 

CE VOLUME comprend 48 documents rassemblés entre 1895 et 1902 par le Département de police du ministère impérial russe des affaires internes; tout récemment offerts à Carleton University par les Archives de la Fédération Russe (GARF), ils sont présentés ici en traduction anglaise avec des annotations utiles.  Ces documents renferment : (a) les mémorandum internes du Département de police sur les doukhobors et les Tolstoïens qui leur donnaient de l'appui; (b) des lettres entre les Doukhobors et les Tolstoïens, saisies par les inspecteurs; et (c) les rapports, tirés de journaux contemporains, sur le voyage des Doukhobors du Caucase jusqu'aux prairies canadiennes.  Des copies de tous ces documents ont été obtenues par l'archiviste George Bolotenko pour le Centre for Research on Canadian-Russian Relations de Carleton University.  Ils sont tirés du catalogue compilé par le même auteur : The Doukhobors: 1895-1943 (CRCR, 2e édition, 1997), qui dresse la liste, avec sommaire et renvoi, de plus de 1 600 pages tirées de documents en provenance de la GARF.
 
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Prix au Canada : 30$ can
Commandes de l'étranger : 24$ É-U ou 36$ can

Veuillez noter :
Ce livre n'est pas disponible au GRÉS

Veuillez adresser vos commandes (accompagnées d'un chèque ou mandat-poste) à :
Penumbra Press
P.O. Box 940
Manotick, Ont. Canada
K4M 1A8

Pour d'autres renseignements veuillez vous adresser
par télécopieur à : (613) 692-5589
ou par téléphone à : (613) 692-5590
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LE DOUKHOBORISME A COMMENCÉ IL Y A TROIS CENT ANS par un désir d'adorer Dieu avec une conscience libre et sans les accoutrements de la religion organisée il y a des siècles, un désir de mener une vie paysanne simple de travail honnête sans la direction illégitime de la part d'un état autoritaire -- surtout un désir de mener sa vie sans l'exigence de tuer ou de causer du tort à autrui.  Même le service dans l'armée et l'exigence de porter des armes meurtrières étaient, pour les Doukhobors, une violation directe des préceptes chrétiens sur la non-violence.

Pour les autorités russes, par opposition, le Doukhoborisme était une violation directe des traditions orthodoxes qu'on a observées pendant des siècles, surtout lorsque ses adeptes furent influencés par la philosophie libérale de Léon Tolstoï.  L'incinération des armes au Caucase en 1895 a provoqué un régime intense de surveillance policière, de rassemblement d'informations et de contre-mesures -- un des régimes les plus intenses de toute l'histoire russe; tout cela était dirigé vers les Doukhobors et vers ceux qui leur donnaient sa sympathie et son appui -- les Tolstoïens.  Ces-derniers ont pris leurs propres mesures et ont préparé, avec l'appui complet de Léon Tolstoï lui-même, le transport de 7 500 Doukhobors du Caucase aux prairies canadiennes durant l'hiver et le printemps de 1899.

Les obstacles à ce travail mené par l'amour étaient nombreux : ï la frustration constante dans les négociations avec les autorités russes méfiantes; ï un voyage pénible en mer -- marqué non seulement par un manque de confort mais aussi par des maladies qui ont enlevé la vie à plusieurs émigrants; ï les préparatifs requis pour accueillir, transporter, loger et alimenter tant d'immigrants à la fois et, enfin, ï les débuts pénibles d'une nouvelle vie sur les prairies inhabitées, où personne ne parlait une langue que les Doukhobors pouvaient comprendre.  L'essence d'une épopée cinématique de Hollywood, certes, par contre, dans ce cas c'était la réalité pour les Doukhobors au Canada de 1899 et pour ceux qui les aidaient à atteindre leur but de se libérer de leur persécution.

Heureusement pour les savants et les passionnés de l'histoire d'aujourd'hui, les agents du ministère russe des années 1890 ont très bien ramassé et préservé les informations sur les Doukhobors et leur émigration.  Néanmoins, jusqu'en 1990, la plupart des documents dans ce recueil n'étaient connus qu'aux agents eux-mêmes.  Traduits et publiés ici pour la première fois pour célébrer le centenaire de l'arrivée des Doukhobors au Canada, ils apportent un nouvel éclaircissement de cet événement significatif dans l'histoire du Canada en tant que société multiculturelle. 
 

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Extrait de l'introduction du compilateur

Common enough in the documents, on the one hand, was the sterotypical view of the Doukhobors as the 'enemy' of the State, including numerous references to the 'harmful influence' they could potentially exercise on others by promoting refusal of military service, not to mention anarchy and disobedience to authority.  ...  On the other hand, this researcher noted many instances of a more positive approach to the Doukhbors, including, at times, what seemed to be a genuine interest in their welfare, a genuine effort to treat them fairly on a par with other Russian citizens and a genuine appreciation of their moral qualities and their contribution to Russian society as a whole.
 
 

Extrait d'un rapport aux autorités de la Caucase de la part de deux inspecteurs (Document 7) :

...in adopting a régime which he ascribed to the Governor in dealing with the unruly population and putting it into effect, [Cossack commander] Esaul Praga did not hesitate to punish violators of this régime with whips, the most shameful of severe punishments, held in reserve by our legislators only for exiles who have been deprived of all civil rights.  ...  Independently of the above-stated measures, Esaul Praga took upon himself the settlement of family disputes between exiled Doukhobors, divorces between husbands and wives and the issuing of papers not only to Doukhobors but also to transient Tatars and Armenians.  ...  Whatever the nature of the administration's dealings with Esaul Praga, official or private, he had no right, under the rules appended to [Article] 12 of the Garrison Duty Regulations, which he was obliged to carry out to the letter, to take administrative duties upon himself; he had even less cause to administer, at his own discretion, punishment with whips, against people who were not accused before the court, and even to women, which was most certainly prohibited by law.
 
 

Extrait d'un article de presse écrit par un médecin sur les Doukhobors au Canada (Doc. 32) :

These [Doukhobor] communities make a very favourable impression on the visitor.  They are all like one family.  Who knows what effect their free life in Canada with its large land allotments and good wages will have on them?  For the time being, at least, they are practising solid restraint.  It is easier for them to adopt better farming methods from the Canadians, since it is not difficult for them as a community to buy agricultural equipment, and they are already seriously considering this.  Another burning issue with them is the construction of a mill, and there is no doubt one of the wealthier communities will take this on.
 
  

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