Guérir et écrire

Photo en noir et blanc de Vincent Lam.

Qu’est-ce qui motive le romancier et médecin Vincent Lam à mener de front ces deux carrières exigeantes?

La variété, c’est le sel de la vie pour le célèbre romancier et médecin dévoué Vincent Lam (B.Sc. 1994). La plupart des gens seraient entièrement satisfaits d’avoir terminé leur médecine et de travailler comme urgentologue. Mais pas Vincent Lam.

Tout en sauvant des vies, il a publié une collection de nouvelles, Bloodletting and Miraculous Cures, qui a remporté le prix Banque Scotia Giller en 2006 et dont HBO Canada a tiré une minisérie télévisée. Il est aussi l’auteur d’un roman encensé par la critique, The Headmaster’s Wager, paru en 2012. Ce père de trois jeunes enfants, cycliste passionné et violoniste, participe souvent comme conférencier à des congrès de médecine en plus d’être conseiller en recherche pharmaceutique. Se considère-t-il comme un ultraperformant?

« Je trouve simplement que la vie est trop courte », répond-il lors d’une entrevue téléphonique. Il était à Vancouver en attente d’une correspondance vers Whistler, en Colombie-Britannique, où il participait au Whistler Writers’ Festival. « Quand on a un travail, il est très facile de se contenter de répondre aux exigences de l’emploi et d’encaisser son chèque de paie. Pour certaines personnes, c’est suffisant comme satisfaction, et c’est très bien ainsi. Seulement moi je suis toujours en attente de ce qui s’en vient. »

C’est cette soif de passer au prochain chapitre qui l’a poussé, après 13 ans de médecine d’urgence à Toronto, à retourner étudier en toxicomanie en septembre 2013. Il dit qu’il était un peu désenchanté des soins d’urgence. Bien souvent, il se retrouvait à traiter des patients que le système avait laissés pour compte, ou à courir après des résultats d’imagerie diagnostique ou des renseignements sur les patients.
En juin, il a quitté la médecine d’urgence pour aller travailler en toxicomanie au True North Medical Centre, une clinique du centre-ville de Toronto installée à l’angle des rues Queen et Church.
Pourrait-on penser que ce nouvel environnement servira un jour de trame de fond à un nouveau roman? Il faudra attendre pour le savoir. Mais on sait que Vincent Lam a entrepris l’écriture d’une nouvelle œuvre.

Le Dr Lam a bien voulu participer à la nouvelle stratégie de promotion de l’image de marque de l’Université d’Ottawa, Défier les conventions, qui met en vedette des diplômés, des professeurs, des chercheurs et des étudiants extraordinaires. Ces portraits présentent des personnes qui repoussent les limites, dépassent les attentes et combinent des disciplines pour créer du nouveau.

À l’époque où il étudiait la biologie à l’Université d’Ottawa, Vincent jouait du violon dans les rues du marché By pour se faire de l’argent de poche, entre ses emplois d’été dans des laboratoires de recherche. Il a aussi fait partie de l’Orchestre des jeunes d’Ottawa pendant plusieurs années.

C’est depuis l’âge de 14 ans qu’il est passionné d’écriture. À 15 ans, il a remporté un concours qui lui a valu un cours de création littéraire d’une semaine donné par la romancière Jane Urquhart. Il a continué à écrire pendant ses années d’école de médecine et de médecin débutant, en utilisant son expérience comme matière à nouvelles. Pendant qu’il était médecin sur un bateau de croisière dans l’Arctique en 2002, il a rencontré l’auteure canadienne Margaret Atwood et lui a timidement demandé si elle voulait bien lire quelques-uns de ses textes. Un peu plus tard, elle lui a envoyé un courriel pour lui dire qu’il avait du talent et lui suggérer de travailler sur quelque chose qu’il avait vécu : l’épidémie de SRAS. C’est ce qui a donné naissance à la nouvelle « Contact Tracing » dans son recueil Bloodletting. À la cérémonie de remise du prix Giller 2006, c’est Mme Atwood elle-même qui a remis le prix à Vincent Lam en qualifiant Bloodletting de « début époustouflant ».

Son premier roman, The Headmaster’s Wager, est le livre qu’il a toujours voulu écrire. Il a comme personnage principal Percival Chen, qui est inspiré de son grand-père. Né au Canada en 1974, Vincent Lam s’inspire de son histoire familiale, celle d’une famille d’origine chinoise installée à Cholon, au Vietnam. Ses parents sont arrivés au Canada avant sa naissance, mais il a grandi en entendant des histoires sur les problèmes de jeu et les aventures sentimentales de son grand-père, et sur la vie au Vietnam. Il a rendu visite à son grand-père à Brisbane, en Australie, est allé deux fois au Vietnam, a beaucoup lu et parlé à ses oncles et tantes. Son roman raconte l’histoire fictive du directeur d’une école anglophone de Saigon qui épuise ses contacts et sa fortune en tentant d’aider son fils poursuivi par les autorités vietnamiennes. Percival Chen se voit forcé d’envoyer son fils à l’étranger. Avec la guerre du Vietnam qui sévit et prend de l’ampleur, il trouve un peu de réconfort auprès d’une nouvelle flamme.

On dit souvent que la médecine et la littérature sont des formes d’art narratif. Margaret Atwood a d’ailleurs tracé ce parallèle à la cérémonie du prix Giller, en disant que les médecins et les romanciers « faisaient tous deux affaire avec des événements extrêmes, qu’ils ressentaient tous deux le pouls de la vie et de la mort et que ni l’un ni l’autre n’était traumatisé à la vue du sang. »

Vincent Lam, qui a aussi écrit une biographie de Tommy Douglas, père de l’assurance-maladie, et écrit avec le médecin de la santé publique Colin Lee The Flu Pandemic and You, est un ardent défenseur des institutions publiques. L’an dernier, par exemple, il a donné son appui à une campagne contre les compressions dans les bibliothèques publiques de Toronto.
De toute évidence, Vincent Lam continuera toujours d’allonger sa longue liste d’intérêts, mais avec le regard aiguisé de l’écrivain qui ne perd pas de vue l’histoire de sa famille.

 

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