Un espoir né du deuil pour appuyer la prochaine génération

« Elle aurait donné sa chemise pour aider les autres. Il semble approprié qu’elle puisse continuer à aider les gens. »
- Madeleine Desloges

Dans la résidence de Michel et Madeleine Desloges à Orléans, il y a accroché au mur du salon la photo d’un imposant jacaranda, un arbre d’origine sud-américaine connu pour ses superbes fleurs bleu violacé.

Mais si on regarde de près, on s’aperçoit alors que l’arbre est en fait une illusion d’optique créée à partir d’un savant montage de plusieurs centaines de minuscules photos d’une seule personne : leur fille Annemarie.

Le jacaranda était l’arbre préféré d’Annemarie Desloges, une diplomate canadienne assassinée dans un attentat terroriste au Kenya en 2013 à l’âge de 29 ans. Mais grâce à un nouveau fonds créé en son nom à l’Université d’Ottawa, elle ne sera pas oubliée.

«  La bourse a été créée pour perpétuer la mémoire d’Annemarie et pour aider des étudiants dans le besoin », explique Mme Desloges. « Elle aurait donné sa chemise pour aider les autres. Il semble approprié qu’elle puisse continuer à aider les gens ».

On pourrait dire d’Annemarie Desloges qu’elle était née pour la diplomatie. Ses parents, maintenant à la retraite, sont tous deux anciens membres du Service extérieur canadien. Elle a vu le jour à Bogota, en Colombie, et au fil des ans la famille a vécu en Jamaïque, en Côte d’Ivoire, en France et en Inde.

Après avoir terminé ses études en sciences de la santé à l’Université d’Ottawa, Annemarie Desloges est devenue agente du service extérieur auprès de Citoyenneté et Immigration Canada. Ses fonctions l’ont amenée en Inde, puis au Kenya, à Nairobi, où elle aidait les réfugiés de l’Afrique de l’Est et veillait à la réunification de familles. C’est un travail qu’elle adorait et pour lequel elle était douée.

Une brillante carrière semblait l’attendre. Mais le 21 septembre 2013, alors qu’elle se trouvait avec son mari au centre commercial Westgate à Nairobi, un groupe terroriste a attaqué. Plus de 60 personnes, dont Annemarie, ont été tuées. Pour ses parents, ce fut le choc.

Pendant les mois qui ont suivi, en parlant avec d’autres parents qui avaient vécu un deuil semblable, l’idée est venue à Michel et Madeleine Desloges de créer une bourse pour perpétuer la mémoire de leur fille. Et comme Annemarie avait fait ses études à l’Université d’Ottawa, il semblait logique de penser à cet établissement.

La Bourse Annemarie-Desloges appuie un étudiant ou une étudiante de premier cycle à la Faculté des sciences sociales ou à la Faculté des sciences de la santé. La personne doit, entre autres, démontrer un réel besoin d’aide financière, ce qui est très important pour les Desloges. « On veut aider quelqu’un qui a le potentiel, mais pas les moyens », explique Mme Desloges.

Il est tout aussi important pour eux que les personnes qui feront la demande d’une bourse apprennent l’histoire d’Annemarie. « Il faut qu’on se rappelle d’elle après nous », affirme Mme Desloges. « Je veux que mes petits-enfants sachent qui était tatie Annie, et que son souvenir demeure à jamais ».

«  La bourse garde Annemarie auprès de nous », ajoute son mari. « Je veux qu’il y ait du bien qui sorte du malheur, et qu’elle continue de contribuer à la société ».

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