De l’aide longue distance pour les catastrophes

Un ordinateur portable et un casque surmonté de deux petites caméras déposés sur un table.
Un casque qui relie les paramédicaux aux médecins

Créé dans le laboratoire de réalité virtuelle d’Abdulmotaleb El Saddik, un dispositif novateur permettra aux premiers intervenants de sauver des vies dans le Grand Nord et les régions rurales.

Les catastrophes ne sont pas toutes égales. Les victimes d’accidents de la circulation, par exemple, ont plus de chance de s’en sortir quand les collisions se produisent en milieu urbain densément peuplé et à proximité des grands hôpitaux. Dans le Grand Nord et les régions rurales éloignées, les ambulanciers sont souvent moins bien formés et les soins médicaux spécialisés moins accessibles qu’en ville. Pourtant, pour sauver des vies, il faut intervenir dans l’heure qui suit l’accident, appelée l’« heure d’or ».

Y a-t-il moyen de compenser ce désavantage géographique? C’est la question qu’a posée la firme torontoise Monroe Solutions à Abdulmotaleb El Saddik, professeur à la Faculté de génie de l’Université d’Ottawa.

Le casque de stabilisation des blessés

Son ingénieuse réponse a pris la forme d’un casque de construction modifié et doté d’une alimentation visuelle 3D, d’une connexion audio bidirectionnelle et même d’un mécanisme de communication tactile. Le dispositif peut relier immédiatement les ambulanciers des régions éloignées aux spécialistes des urgences d’hôpitaux situés à des centaines, voire à des milliers de kilomètres de là.

« Le système visuel 3D permet à un médecin de dire à celui ou celle qui se trouve sur les lieux de l’accident comment traiter un trauma et déplacer un patient afin d’améliorer ses chances de survie », explique le professeur El Saddik.

Le dispositif permet aussi aux ambulanciers sur place d’agir comme adjoints au médecin et de pratiquer la réanimation et d’autres procédures médicales avancées, qu’on ne le leur permet normalement pas de faire sans la supervision d’un médecin. Leur capacité à mener des procédures d’urgence, comme l’épisiotomie pour les parturientes en route vers l’hôpital, profitera à toutes les femmes, où qu’elles vivent.

« Devant un cas complexe, ce casque est particulièrement utile », ajoute Yang Liu, un diplômé de l’Université d’Ottawa dont la thèse de maîtrise expose en détail le processus de conception du casque.

Une solution adaptée au travail des ambulanciers

Pour trouver une solution simple et conviviale qui n’ajoute rien à la complexité du travail des ambulanciers, le laboratoire a dû porter une attention soutenue à la planification et à la résolution de problèmes.

Les chercheurs ont commencé par choisir le casque comme système de diffusion après avoir rejeté d’autres possibilités. Un dispositif monté sur une poche frontale, par exemple, même s’il aurait pu être opéré à mains libres, produirait une vision à hauteur de poitrine susceptible de désorienter les experts dans la salle de contrôle.

La perception de la profondeur assurée par la vision 3D est essentielle à de nombreuses procédures qui sauvent des vies. Les chercheurs ont longuement considéré l’endroit idéal pour placer les deux caméras du casque avant de reproduire le mieux possible la vision stéréoscopique. La calibration a été complexe pour réduire la distance entre le niveau du front et celui de l’œil, afin que les spécialistes qui se trouvent à distance aient la même vue que les ambulanciers sur place.

Ces efforts ont mené à un résultat remarquable. La vision 3D permet au conseiller à distance de voir la profondeur d’une blessure, par exemple, ou de constater la dislocation d’une épaule. Transmettre des images stéréoscopiques en temps réel exige cependant une large bande passante, ce qui a forcé les chercheurs à augmenter la compression vidéo.

Le casque intègre aussi une technologie « haptique », l’une des spécialités du professeur El Saddik permettant de transmettre des sensations tactiles, une belle alternative à la communication audio. Lorsque l’environnement est bruyant, par exemple, des senseurs à touche vibrante peuvent dicter aux ambulanciers la direction à suivre ou les alerter en cas de danger.

Un brevet en instance

Le casque 3D, qui sera bientôt breveté, fait partie d’une série de dispositifs médicaux multimédias conçus dans le laboratoire de réalité virtuelle du professeur El Saddik à l’Université d’Ottawa. Le casque pourrait être combiné à d’autres technologies opérées de loin, comme un bras robot doté d’un mécanisme de rétroaction haptique permettant aux médecins de suturer des blessures à distance.

Votre contribution aidera des chercheurs comme le professeur El Saddik à explorer de nouvelles technologies afin d’améliorer des services vitaux et de sauver des vies humaines.

En 2015, l’Université d’Ottawa a lancé la campagne Défier les conventions, dont l’objectif est de 400 millions de dollars, pour recueillir des fonds à l’appui des priorités de chaque faculté. Cette campagne aidera l’Université à recruter les meilleurs candidats et à les retenir, ainsi qu’à enrichir l’expérience étudiante. Les dons serviront également à financer des projets d’immobilisations innovateurs.

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