Un soutien aux nouveaux arrivants qui provient du cœur

Nicole LaViolette

« Ceux d’entre nous qui avons bénéficié de son encadrement professionnel lui en seront à jamais reconnaissants. »
- Usta Kaitesi

Lorsqu’Usta Kaitesi a quitté le Rwanda, sa terre natale, pour faire des études en common law à l’Université d’Ottawa, elle s’est retrouvée tout de suite défavorisée par rapport à la plupart de ses camarades. En effet, ceux-ci comprenaient la culture scolaire et juridique qui les entourait : ils étudiaient en groupes, faisaient du réseautage, savaient comment profiter des services aux étudiants, participaient à des tutoriels et n’hésitaient pas à rechercher des conseils ou des références auprès des professeurs. Mais à l’instar de beaucoup d’immigrants et de réfugiés, Mme Kaitesi ne comprenait pas ces normes culturelles et sociales. Elle se sentait perdue.

Nicole LaViolette, qui enseignait le droit international et les droits de la personne, s’en est aperçue. Elle a établi un rapport amical avec Mme Kaitesi, comme elle l’avait fait auparavant avec maints étudiants immigrants et réfugiés. La professeure LaViolette était une spécialiste de renommée internationale dans le domaine des droits des réfugiés, notamment en ce qui concernait les minorités sexuelles. Ainsi, elle était sensible au besoin d’équité et à la manière d’y parvenir. Mettant ses valeurs en pratique, elle a créé un programme intensif abordant les obstacles systémiques auxquels sont confrontés les nouveaux étudiants immigrants et réfugiés.

« Elle constatait que les nouveaux arrivants venus étudier le droit se retrouvaient souvent aux prises avec une lutte », raconte Lisa Hébert, la compagne de Mme LaViolette. « Ils sont dans un nouveau pays, et doivent faire face au stress de comprendre celui-ci tout en étudiant son droit. »

Ce programme de trois semaines, que les étudiants peuvent suivre l’été avant d’entamer leurs études en droit, offre une base solide concernant le système judiciaire canadien et la législation au Canada, y compris les tribunaux, la Commission canadienne des droits de la personne et le ministère de la Justice. Il permet aux étudiants d’acquérir plus d’assurance et de comprendre les règles tacites qui entourent le succès scolaire.

« Grâce à ce programme, les personnes qui auraient pu se voir limitées par des obstacles et obtenir des notes médiocres au cours de leur première année deviennent au contraire des leaders », déclare Mme Hébert.

En mai 2015, le cancer a emporté Nicole LaViolette. Toutefois, avant son décès, elle a veillé à ce que ses efforts pour appuyer les étudiants perdurent, en créant un fonds qui servira non seulement à financer son programme, mais aussi à procurer des bourses et à soutenir des programmes de tutorat et de mentorat pour les étudiants immigrants et réfugiés qui étudient en français à la Section de common law.

Pour Usta Kaitesi, Nicole LaViolette était « un mentor exceptionnel ». « Elle m’a conseillée sur ma carrière et mon parcours scolaire », relate Mme Kaitesi. Et lorsque l’étudiante a obtenu son diplôme, la professeure l’a non seulement invitée à souper au restaurant en guise de félicitations, mais elle lui a aussi procuré ses premières cartes professionnelles. Aujourd’hui, Mme Kaitesi est directrice du Collège des lettres et des sciences sociales de l’Université du Rwanda.

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