Un soutien très personnel à l’Institut de recherche sur le cerveau

« Ça fait tellement de bien quand on constate qu’on fait quelque chose d’utile; ça aide du point de vue psychologique et moral. » - Kishori Lal

Kishori Lal a su qu’il avait commencé à perdre sa femme, Saroj Lal, le jour où elle s’est égarée en rentrant chez elle alors qu’elle prenait le bus sur un circuit pourtant familier. Elle s’est finalement retrouvée chez des gens inconnus, à des kilomètres de son foyer.

C’était la première manifestation de la maladie d’Alzheimer, caractérisée par des pertes de mémoire, de la désorientation et de la confusion. M. Lal et ses deux filles assistaient, impuissants, à l’emprise de la maladie sur leur épouse et mère adorée, une femme énergique et dévouée à sa communauté, qui aimait tant son travail de bénévole au temple hindou qu’ils fréquentaient ensemble.

«  C’était très dur », avoue M. Lal sobrement, entouré des photos de sa femme dans son salon. « C’est une épreuve pénible pour la famille. »

Saroj Lal est décédée cette année des suites de cette maladie neurologique dévastatrice, à l’âge de 72 ans. Son époux et ses deux filles, Shirin Lal, médecin, et Mohina Lal, enseignante, déterminés à épargner à d’autres une douleur semblable, ont ainsi institué la Bourse de la famille Saroj-et-Kishori-Lal.

Ce fonds doté procure un revenu servant à financer des bourses annuelles pour des étudiants aux cycles supérieurs qui font de la recherche sur la maladie d’Alzheimer à l’Institut de recherche sur le cerveau de l’Université d’Ottawa. La famille a porté son choix sur l’Université d’Ottawa, car Shirin Lal y a obtenu son diplôme en médecine en 2002.

«  Je crois du fond de mon être qu’on doit partager ses ressources avec sa communauté », affirme Kishori Lal, ancien économiste à Statistique Canada. « Le Canada m’a bien traité. »

Selon lui, plus d’un demi-million de personnes au Canada souffrent de démence actuellement. « C’est une situation très dure pour la famille et pour la société, et qui entraîne de grands coûts », ajoute-t-il.

M. Lal soutient que le seul moyen de réduire ces effets douloureux consiste à favoriser la recherche, dans l’espoir que des scientifiques réussiront au cours de la prochaine décennie à mettre au point un traitement pour la maladie d’Alzheimer. En attendant, ses filles et lui espèrent qu’en appuyant les chercheurs, des progrès importants auront lieu.

«  Je n’apporte qu’une modeste contribution », précise-t-il. « Mais ça fait tellement de bien quand on constate qu’on fait quelque chose d’utile; ça aide du point de vue psychologique et moral. »

Et M. Lal trouve un certain réconfort en songeant que sa femme aurait appuyé le fonds qui porte son nom.

«  Je sais qu’elle serait tout à fait d’accord », dit-il.

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