Accent sur les enjeux autochtones

Publié le mercredi 10 février 2016

Carolyn Laude types on a computer keyboard with a photograph of a mountain on her desk.
Carolyn Laude, conseillère principale aux affaires autochtones, dans son bureau du Centre de ressources autochtones.
Par Mike Foster

Le mois dernier, l'Université d'Ottawa a rehaussé d'un cran son engagement envers les enjeux autochtones en embauchant Carolyn Laude, une Mohawk spécialisée dans l'atteinte de consensus, en tant que conseillère principale aux affaires autochtones.

Son mandat consiste à créer des occasions et des programmes pour les étudiants et le personnel autochtones ou à les améliorer, et à conseiller l'Université quant à son orientation stratégique par rapport aux initiatives visant les Autochtones.

Mme Laude a déjà embauché trois étudiants aux cycles supérieurs qui étudieront le profil démographique des étudiants autochtones de l'Université et créeront un portail autochtone sur le site de l'Université. La Gazette s'est entretenue avec elle pour connaître son approche et lui demander de quelle façon les appels à l'action de la Commission de vérité et réconciliation influenceront son travail.

Q : À quels besoins répondra ce nouveau poste?

R : Dans ce nouveau rôle, je prévois travailler à l'amélioration des services et programmes en étroite collaboration avec le Conseil autochtone de l'enseignement, d'autres groupes et services, et les unités d'enseignement. En travaillant en partenariat, je veux également créer de nouveaux programmes de services sociaux, culturels et scolaires destinés aux étudiants autochtones, ainsi que repérer et combler les lacunes dans l'organisation. En gros, mes activités cibleront cinq domaines : recrutement et persévérance; programmes et services; politique et recherche; relations avec les intervenants du milieu et internes; planification stratégique. 

Q : Comment comptez-vous vous attaquer à un enjeu d'une telle ampleur?

R : Je suis en train de définir une démarche de collaboration avec l'Université et des intervenants externes qui mènera à l'élaboration d'un plan stratégique triennal sur les initiatives autochtones et les relations avec le milieu arrimé au plan stratégique Destination 2020 de l'Université. Je compte d'abord rencontrer tous les directeurs de département au cours du prochain mois.

Q : Parlez-nous de votre cheminement scolaire et professionnel.

R : J'ai une maîtrise en études juridiques (2013) et je termine en ce moment un doctorat en études juridiques avec spécialisation en économie politique (à l'Université Carleton). Mes travaux visent à repenser les options politiques de réconciliation en ce qui concerne l'extraction des ressources naturelles, dans le but de résorber les tensions entourant les revendications territoriales autochtones et leurs répercussions sur le processus de planification environnemental suivant l'affaire de la nation Tsilhqot'in. Avant mon arrivée à l'Université, j'ai occupé un poste de spécialiste principale de la gestion environnementale à Affaires autochtones et du Nord Canada.

Two women and two men in front of a banner with the words Aboriginal Resource Centre on it.
(De gauche à droite) Tricia McGuire-Adams, assistante au portail et à la coordination; Sébastien Pilon, Service d'appui au succès scolaire; Darren Sutherland, étudiant diplômé en linguistique, et Tracy Coates, coordonnatrice du projet de profil démographique.

Q. Connaissez-vous bien la culture et l'histoire des Premières Nations et des Métis?

R. Je suis Mohawk, mais j'ai passé la majeure partie de ma vie dans le Nord de l'Ontario parmi les Ojibwés, ce qui m'a permis de mieux valoriser et comprendre leur culture par rapport à la mienne. J'ai aussi vécu dans plusieurs régions du Canada, ce qui m'a également permis de me familiariser avec les traditions et les pratiques culturelles des Dénés et des Cris. La culture de chaque groupe est unique; en tant qu'observatrice externe, j'ai appris à comprendre les liens profonds tissés entre chacun de ces groupes et le territoire, la nature et les gens. J'ai aussi travaillé à contrat pendant trois ans pour une association territoriale provinciale métisse, ce qui m'a aidé à comprendre les traditions, les pratiques culturelles et l'histoire des Métis de l'Ontario. 

Q. Quelle incidence les recommandations en matière d'éducation de la Commission de vérité et réconciliation auront-elles sur votre travail? La Commission réclame par exemple l'élimination des écarts entre le niveau d'éducation et d'emploi des Autochtones et celui des non-Autochtones, ainsi qu'une hausse du financement pour permettre à un plus grand nombre d'étudiants des Premières Nations de poursuivre des études postsecondaires.

R.  Je m’inspirerai toujours en priorité des appels à l’action de la Commission dans le cadre du processus de planification stratégique et de mes travaux au sein des unités scolaires. Avec les facultés et les services, nous allons certainement nous assurer de répondre aux attentes des appels à l’action qui portent sur l’éducation. Les rapports entre l’Université et les Autochtones ne seront plus les mêmes grâce à l’embauche d’une personne comme moi à ce poste. Il est clair qu’en ce faisant l’Université s’est engagée à renouveler les relations avec les Autochtones, ce qui est une bonne chose.

Q. Pouvez-vous nous donner un exemple d'une leçon importante que l'expérience vous a donnée?

R.  J’ai appris qu’il fallait absolument travailler de façon horizontale avec tous les intervenants universitaires et communautaires pour parvenir à une « vraie » réconciliation dans un milieu postsecondaire. Les relations solides et les partenariats communautaires sont essentiels à mon travail à l’Université. Les peuples autochtones n’y arriveront pas seuls, et l’Université non plus. Si nous travaillons ensemble à établir de meilleures relations entre les Autochtones et l’Université, nous pouvons faire de grandes choses.

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