Courir après le succès

Publié le mardi 18 juillet 2017

Adrien Lavoie dans son magasin à Gatineau.

Par Brandon Gillet

Pour un diplômé en communication, Adrien Lavoie (B.A., 2013) a suivi un parcours on ne peut plus singulier. Mais selon lui, c’est justement grâce à ses études à l’Université d’Ottawa qu’il a pu démarrer son entreprise de chaussures sportives en ligne, BoardshopW, aujourd’hui florissante.

« J’ai tenu à mettre l’accent sur la clarté de la communication dans l’élaboration de ma marque », explique le jeune entrepreneur. « C’est capital pour obtenir la confiance de la clientèle, dont dépend le succès de tout commerce. »

M. Lavoie dirige aujourd’hui une compagnie prospère : un chiffre d’affaires de plus d’un million de dollars jusqu’à présent et une croissance annuelle de 85 %. Cette année, Le Droit et Radio-Canada lui ont décerné un prix qui s’ajoute aux deux qu’il a déjà reçus d’eBay, où il mène son entreprise avec un taux de satisfaction de 100 %. Le géant du cybercommerce l’a en effet reconnu en 2013 en tant que jeune entrepreneur de l’année, puis en 2016 pour sa portée internationale.

« Environ 85 % des ventes que je réalise sont à l’extérieur du Canada », déclare M. Lavoie, qui a des clients dans 45 pays. « Je crois qu’eBay tenait à montrer que les petites entreprises sont capables de vendre partout dans le monde. »

Adrien Lavoie au siège social de eBayCanada à Toronto en mai 2017, à l’occasion d’une table ronde avec François-Philippe Champagne, ministre du Commerce international. Photo : eBayCanada

Dans le sous-sol de ses parents

Tout a commencé quand Adrien Lavoie était étudiant à l’Université d’Ottawa. À cette époque, il vivait chez ses parents et travaillait à mi-temps dans un magasin de vélos à Hull. C’est là qu’il a découvert le monde du cybercommerce et que son intérêt pour l’entrepreneuriat est né. « J’ai eu la chance de me trouver auprès du propriétaire alors qu’il explorait les possibilités du cybercommerce », raconte le diplômé. « On a donc appris ensemble. »

Une fois les rudiments du commerce en ligne assimilés, M. Lavoie s’est aventuré dans le domaine à son compte, pour gagner de l’argent de poche pendant ses études. Au début, il vendait des pièces de bicyclette et de l’équipement photographique, menant ses activités dans le sous-sol de la maison parentale, où il entreposait sa marchandise. Il a même construit un site Web, quoiqu’il effectuait 95 % de ses ventes par l’intermédiaire d’eBay.

« J’ai appris qu’il était facile de livrer des commandes n’importe où dans le monde et d’accéder ainsi au marché international », poursuit M. Lavoie. Il s’est ensuite lancé dans les planches à roulettes, avant de se concentrer sur ses produits actuels, les vêtements et les chaussures de sport, qui sont moins volumineux et donc, plus pratiques à expédier aux quatre coins du monde.

La volonté de forger son chemin

Une fois ses études terminées, le jeune homme a décidé de se consacrer à plein temps à son entreprise, se créant de cette façon son propre emploi au lieu d’avoir à en chercher un. Il a investi la plus grande partie de ses revenus dans son commerce en ligne, se constituant un inventaire et quittant son premier local dans le sous-sol de ses parents.

C’est ainsi qu’il y a quatre ans, il a ouvert un magasin sur le boulevard Saint-Joseph à Gatineau, ce qui lui a surtout permis de disposer d’un espace d’entreposage suffisant pour son entreprise en plein essor. Il continue à vendre ses articles sur eBay, Amazon et Wooki.ca (son site Web), mais il emploie aujourd’hui quatre personnes à temps partiel.

« Il arrive un moment où on ne peut plus gérer l’affaire tout seul, à moins de travailler 80 heures par semaine », affirme-t-il. « Et puis, une fois qu’on a appris à déléguer des tâches, c’est super de pouvoir compter sur d’autres. »

Adrien Lavoie conseille aux étudiants qui souhaitent suivre son exemple de profiter de toutes les occasions qui existent sur le campus d’acquérir des compétences en entrepreneuriat : « Apprenez comment on démarre une entreprise, établissez des rapports avec des personnes et des compagnies, posez des questions autour de vous et saisissez les opportunités. »

Il ajoute qu’il ne faut pas craindre les échecs : « Ça peut paraître cliché, mais c’est vrai : le plus important, c’est d’essayer et d’échouer parfois. Moi, j’ai échoué un tas de fois, mais c’est ce qui permet de savourer le succès à la fin. » Et de conclure : « Même si les circonstances ne sont pas tout à fait parfaites, n’ayez pas peur de vous lancer! »

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