Une décennie de découvertes

Publié le lundi 21 septembre 2015

Chunli Bai
Par Mike Foster

Les 10 ans de partenariat de recherche entre l’Université d’Ottawa et l’influente Académie des sciences de Chine ont permis de repousser les frontières de la connaissance dans des domaines variés, dont la biologie de la reproduction, la protéomique, la photonique moléculaire et l’ichtyobiologie.

Ces 10 années de collaboration ont été soulignés lors d’une cérémonie spéciale de remise de diplômes le 21 septembre 2015, alors que le président de l’ASC, Chunli Bai, s’est vu décerner un doctorat honorifique de l’Université d’Ottawa.

Cet événement a renforcé les liens entre l’ASC et l’Université avec la conclusion de quatre nouvelles ententes de partenariat. Ces ententes favoriseront la collaboration dans des domaines comme les politiques scientifiques, la biologie des poissons et la biologie des systèmes et permettront en outre à un nombre accru de doctorants de participer à des échanges étudiants entre l’Académie des sciences de Chine et la Faculté des études supérieures et postdoctorales.

Les retombées de ce partenariat sont nombreuses. En voici un bref aperçu :

  • La santé des femmes

Une entente de collaboration portant sur la recherche et les échanges universitaires en santé de la reproduction a été conclue en 2005 entre le professeur Ben Tsang, de l’Université d’Ottawa, et son homologue de l’ASC, le professeur Duan Enki, directeur du Laboratoire clé national de biologie de la reproduction. Les études portent notamment sur le syndrome des ovaires polykystiques, une cause majeure d'infertilité chez les jeunes femmes; et la chimiorésistance du cancer des ovaires. 

  • Utiliser les protéines pour déchiffrer les maladies

Daniel Figeys, professeur de l’Université d’Ottawa et titulaire d’une Chaire de recherche du Canada en protéomique et en biologie des systèmes, a participé à la mise sur pied de deux laboratoires conjoints avec des unités de l’ASC, soit l’Institut de physique chimique de Dalian (IPCD) et l’Institut de matière médicale de Shanghai (IMMS).

Avec ses collègues de l’IPCD, il a pu avoir accès aux procédés de purification des protéines à l’aide de la nouvelle chimie de surface ainsi qu’aux technologies permettant de mesurer le nombre de protéines présentes dans des échantillons biologiques. Il a publié conjointement avec ses homologues chinois près de 20 articles scientifiques dans le domaine de la biologie des systèmes et de la protéomique.

« Ces technologies sont exploitées par des projets de recherche ici même, à l’Université d’Ottawa », dit-il. « Au cours des dernières années, on s’en est servi pour étudier ce qui se passe dans le cerveau au cours des cycles circadiens, notre horloge interne. Elles ont aussi permis d’observer les altérations induites dans le cerveau des malades atteints de la maladie d’Alzheimer et, plus récemment, d’étudier la maladie inflammatoire chronique de l’intestin chez les enfants. »

  • L’observation en temps réel des réactions chimiques

Le professeur Albert Stolow, titulaire d’une Chaire de recherche du Canada en photonique moléculaire, a collaboré avec les scientifiques de l’IPCD dans le cadre de ses recherches sur la spectroscopie photoélectronique à résolution temporelle femtoseconde.

« Grâce aux lasers femtoseconde, nous arrivons à créer des éclairs de lumière si brefs qu’ils nous permettent d’observer le comportement des molécules au cours d’une réaction chimique », explique‑t‑il.

En 2009, il a publié sur le sujet un article conjoint dans Science, la plus importante revue scientifique du monde, intitulé « Time-resolved molecular frame dynamics of Fixed in Space CS2 Molecules », avec son collègue Guorong Wu, qui a fait son doctorat sous la direction de Xueming Yang, professeur à l’IPCD.

À terme, ces recherches pourraient mener à la mise au point d’ordinateurs superpuissants ainsi qu’à une meilleure compréhension de la dynamique qui sous-tend la photosynthèse et la vision.

  • Comprendre la biologie des poissons pour nourrir des multitudes

Une autre collaboration qui s’est révélée fructueuse est celle de Vance Trudeau, professeur de biologie de l’Université d’Ottawa, avec le professeur We Hu, de l’Institut d’hydrobiologie (IHB) de l’ASC, à Wuhan, en Chine.

Souhaitant améliorer la production piscicole destinée à l’alimentation, l’IHB s’est adressé à l’Université d’Ottawa et à Vance Trudeau en raison de l’expertise de ce dernier dans le domaine des hormones régulant la reproduction et la croissance chez les poissons. Depuis 2011, les partenaires se sont consacrés à l’étude de la sécrétoneurine, une hormone du cerveau, dont ils croient qu’elle joue un rôle essentiel dans la reproduction. L’objectif de leur collaboration est de mieux contrôler la production piscicole et d’obtenir des poissons à croissance rapide, mais incapables de se reproduire, afin d’éviter leur croisement avec des espèces sauvages.

  • Des contacts qui mènent à la création de l’école conjointe de médecine

Les nombreuses rencontres entre scientifiques ont permis de développer une relation de confiance au fil du temps, ce qui a permis de mettre sur pied le Programme conjoint de formation médicale avec l’Université Jiao-Tong de Shanghai, en Chine. Le projet se fonde sur les recherches que la Faculté a menées en collaboration avec la SJTUSM. En effet, les deux établissements travaillent ensemble depuis 2011 en matière de recherche, de formation médicale et, plus récemment, de formation des résidents en médecine familiale, de recherche et d’éducation en pédiatrie, et de sciences humaines en médecine.

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