Les étoiles montantes de l’Université d’Ottawa

Publié le mardi 14 février 2017

Marc Evans smiling and standing beside a Canadian flag, wearing a heavy protection-type suit and holding a helmet in front of him

La carrière d’astronaute correspondrait parfaitement aux passions de Marc Evans que sont l’exploration, le génie et les sciences. Photo : Fournie par M. Evans

Par Linda Scales

Si vous pouviez voyager dans l’espace, qu’est-ce que vous apporteriez? Cette question a dépassé le stade théorique pour six diplômés de l’Université d’Ottawa qui se sont classés parmi la crème des candidats aspirant à devenir les prochains astronautes canadiens.

Depuis 1983, seulement douze Canadiens et Canadiennes sont devenus astronautes. Dix d’entre eux, dont Chris Hadfield, l’honorable Marc Garneau, Julie Payette et Roberta Bondar, ont pris leur retraite. L’Agence spatiale canadienne (ASC) cherche en ce moment à recruter deux voyageurs de l’espace qui se joindront aux astronautes David Saint‑Jacques et Jeremy Hansen.

Plus tôt ce mois-ci, l’ASC a publié le nom des 72 Canadiens et Canadiennes présélectionnés parmi 3 772 candidats. Or, six candidats retenus, cinq hommes et une femme sont titulaires d’un diplôme de l’Université d’Ottawa. La Gazette leur a demandé ce qu’ils apporteraient dans l’espace parmi les compétences  acquises à l’Université d’Ottawa s’ils franchissaient ce prochain grand jalon de leur vie professionnelle.

Mise à jour : En avril 2017, la Dre Michelle Whitty et le Dr Robert Riddell faisaient partie des 17 candidats encore dans la course. La sélection finale des deux prochains astronautes canadiens sera faite en juin.


 

La résolution de problèmes

Marc Evans (B.A.Sc. [génie mécanique] 2007) travaille pour Med-Eng, entreprise basée à Ottawa qui développe des robots neutralisateurs de bombes et d’autres équipements spécialisés dans le désamorçage d’explosifs.

« La valeur réelle des écoles de génie, c’est de former, non pas de bons concepteurs, mais plutôt des professionnels en résolution de problèmes. Cette compétence applicable partout dans le monde est essentielle pour les astronautes, qui doivent fonctionner avec une grande autonomie une fois dans l’espace. Vous n’avez qu’à penser à toutes les situations d’urgence pouvant survenir sur la Station spatiale internationale ou lors d’une mission sur Mars. Dans ces circonstances, l’équipage doit être en mesure de détecter, de diagnostiquer et de résoudre rapidement le problème avant que la situation devienne irréversible. L’Université d’Ottawa nous a donné une excellente formation sur la méthodologie de résolution de problème. Parmi toutes les compétences que j’ai acquises, c’est celle que j’amènerais avec moi dans l’espace. »

 


Dans un entrepôt, John Jamieson, coiffé d’un casque protecteur, est adossé, bras croisés, contre un gros engin en forme de torpille où est peint le mot ABYSS en lettres majuscules.

John Jamieson avec un des engins submersibles qu’il a utilisés dans ses recherches. Photo : Fournie par J. Jamieson

 

L’identité

John Jamieson (Ph.D. [sciences de la terre] 2013) est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en géologie marine à l’Université Memorial à St. John’s à Terre-Neuve. Il donne des cours en exploration marine et en géologie économique.

« C’est pendant mes études doctorales à l’Université d’Ottawa sous la supervision de Mark Hannington que j’ai développé mon identité de scientifique et d’explorateur. Mes recherches sur les systèmes hydrothermaux des fonds océaniques  m’ont amené à participer à plusieurs expéditions de recherche en mer. Outre le fait d’avoir plongé au fond des océans dans un submersible habité, j’ai aussi acquis une expérience précieuse de l’utilisation de submersibles autonomes ou téléguidés en haute mer. Ces expériences ont non seulement orienté mes recherches comme explorateur marin et comme scientifique, mais elles ont aussi probablement joué un rôle déterminant dans ma sélection dans la courte liste ».

 


 

A smiling Michelle Whitty at the graduation reception wearing her graduation gown and hood and holding her two young daughters, one in each arm

Michelle Whitty avec ses filles lors de sa collation des grades de l’Université. Photo : Fournie par M. Whitty

Le savoir

Michelle Whitty (M.D. 2016) est officier du génie de combat dans les Forces armées canadiennes. Elle a commencé sa formation en médecine après sa mission en Afghanistan. Elle fait en ce moment sa résidence en médecine familiale.

« Ce sont mes études à l’Université d’Ottawa qui m’ont façonnée telle que je suis aujourd’hui. C’est en grande partie grâce à mon expérience à l’Université que je me suis rendue à cette étape du processus de sélection. Si je deviens une des prochaines exploratrices de l’espace au Canada, les connaissances médicales que j’ai acquises dans les cours, les séances d’apprentissage en groupe et les stages cliniques me permettront de pratiquer la médecine dans l’espace et de mieux comprendre les effets de l’espace sur le corps humain. Ces atouts pourraient peut-être augmenter la durée des missions spatiales ».

 

 

 


 

A smiling Kharim Schliewinsky in his crisp military uniform standing in front of a Canadian flag

Kharim Schliewinsky a fait sa résidence en médecine familiale à l’Université. Photo : Fournie par K. Schliewinsky

La curiosité

Kharim Schliewinsky (résident en médecine familiale) est médecin pour les Forces armées canadiennes à Ottawa. Ce passionné de plongée sous-marine se spécialise dans l’évaluation des plongeurs selon les exigences de la plongée militaire.

« Une qualité très importante que j’ai remarquée chez mes professeurs en médecine familiale est la curiosité. Ce trait de caractère intervient quotidiennement lorsque je traite des cas cliniques complexes. Je peux ainsi rester à l’écoute de mon environnement, améliorer mes relations avec les gens. Je peux également explorer, analyser et comprendre les problèmes.  Selon moi, la curiosité est une qualité d’une importance primordiale pour un astronaute. »

 

 

 

 


 

Le Dr Robert Riddell a étudié en biochimie à l’Université d’Ottawa. Photo : Agence spatiale canadienne

 

L'endurance

Robert Riddell (B.Sc. 2007, biochimie) est médecin dans les Forces armées canadiennes à Ottawa et à l’étranger.

« Contrairement à tout autre poste sur Terre, celui d'astronaute me permettrait de tirer parti des connaissances acquises grâce à mes études et aux expériences uniques vécues en tant qu'officier et médecin en milieu rural. Je me suis épanoui tant sur le plan mental que physique dans certains des environnements les plus hostiles du monde : ce serait un honneur pour moi de mettre tout cela à profit en tant qu'astronaute canadien. Dans le domaine de l'exploration spatiale, je continuerais de repousser mes limites personnelles, mais aussi celles de la science, de la médecine et de la technologie. » (Source : Agence spatiale canadienne)

 

 

 


 

L’encouragement

Shane Journeay (B.Sc. [sciences de l’activité physique] 2001; M.A. [sciences de l’activité physique] 2003) a commencé ses études à l’Université d’Ottawa. Aujourd’hui, il aide les patients aux prises avec des blessures au cerveau, à la moelle épinière, au système musculo-squelettique et au système cardiovasculaire.

« C’est à l’École des sciences de l’activité physique de l’Université d’Ottawa que j’ai commencé à m’intéresser à l’aspect scientifique des voyages d’êtres humains dans l’espace, plus particulièrement à la physiologie environnementale sur les astronautes. Ce sont les professeurs Glen Kenny et Francis Reardon qui m’ont encouragé à explorer cette voie pendant que j’affûtais mes compétences scientifiques. Si je pouvais apporter un seul souvenir de l’Université d’Ottawa dans l’espace, ce serait les mots d’encouragement de ces professeurs. Si je pouvais apporter un objet, ce serait un exemplaire du premier article que j’ai publié avec eux. »

 

Shane Journeay stands in a hangar with the decommissioned space shuttle orbiter Atlantis on display in the background, behind a chain-link fence

Shane Journeay avec la navette spatiale déclassée Atlantis. Photo : Fournie par S. Journeay

 


Apprenez ce qu’il faut pour devenir astronaute. Les astronautes ressentent-ils de la solitude ou de la peur lorsqu’ils sont dans l’espace? Comment vont-ils aux toilettes? Combien gagne un astronaute en moyenne? Trouvez des réponses à tout ce que vous vouliez savoir sur cette carrière hors du commun en lisant la foire aux questions de l’Agence spatiale canadienne.

Découvrez qui fait partie de la courte liste des candidats astronautes.

Consultez le profil des dix astronautes retraités et des deux astronautes actifs canadiens.

Lisez sur l’implication des astronautes canadiens dans la recherche sur les effets à long terme sur les astronautes des voyages dans l’espace financée par l’ASC menée à l’Université d’Ottawa.

 

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