L’Université se joint à une initiative de sensibilisation aux dangers des opioïdes

Publié le lundi 28 août 2017

Deux membres d'une équipe d'urgence travaillent auprès de deux victimes.

L’Équipe de premiers répondants de l’Université d'Ottawa de la FEUO offre des soins médicaux d’urgence en tout temps sur le campus. Photo : Fédération étudiante de l’Université d’Ottawa

Par Linda Scales

L’Université d’Ottawa se prépare à la rentrée, mais cette année, elle se joint à Santé publique Ottawa pour sensibiliser le campus aux risques associés au fentanyl et à d’autres drogues.

« Santé publique Ottawa est heureuse de s’associer à l’Université d’Ottawa pour augmenter la sensibilisation à la prévention des surdoses pour la semaine d’accueil et au-delà », a déclaré Jachie Kay-LePors, infirmière en santé publique. « Nous encourageons les étudiants à être conscients des risques associés aux drogues et à l’alcool — et à fêter en toute sécurité. »

Apparue en Colombie-Britannique, la crise du fentanyl s’est propagée vers l’est dans les derniers mois et a gagné l’Ontario. À Ottawa, on a trouvé du fentanyl illicite mélangé à la cocaïne, l’héroïne et le MDMA (ecstasy). On l’a aussi trouvé dans des médicaments sur ordonnance contrefaits, identiques aux originaux. Du faux « Percocet » a été impliqué dans des surdoses mortelles à Ottawa.

Heureusement, aucun cas de surdose d’opioïde n’a été signalé à l’Université. « Néanmoins, nous avons évidemment le devoir d’être préparés », déclare Michael Histed, directeur du Bureau de la gestion du risque de l’Université.

Prévention des surdoses

Il est important que les étudiants et les membres du personnel sachent reconnaître les signes de surdose et la marche à suivre dans une telle situation. C’est particulièrement vrai pour les étudiants qui travaillent comme conseillers dans les résidences et pour les employés du Service de la protection, qui sont appelés à répondre aux urgences médicales sur le campus.

La professeure en sciences infirmières Marilou Gagnon abonde dans le même sens : « Nous devons fournir de l’information de qualité sur ces drogues et sur les outils comme la naloxone, un antidote à utiliser en cas de surdose d’opioïdes. »

L’Université a acheté 20 trousses nasales de naloxone (plutôt que les trousses par injection) contenant chacune trois doses. Le nombre de doses doit être adapté selon la quantité de drogue consommée, sa force et la consommation d’autres drogues.

Ces trousses seront utilisées par les 36 premiers répondants du Service de la protection, qui ont tous reçu une formation de premiers soins du Service paramédic d’Ottawa (SPO) et une formation de Santé publique Ottawa sur la naloxone. Le SPO collabore également avec les bars et les boîtes de nuit d’Ottawa, y compris le bar-restaurant 1848 situé sur le campus de l'Université, pour mieux sensibiliser la clientèle et offrir des formations sur la naxolone.

« La naloxone interrompt tout de suite l’effet de la drogue, explique Michael Histed, mais c’est seulement un soulagement temporaire, en attendant l’arrivée du personnel paramédical. » Il rappelle l’importance de composer le numéro d’urgence de l’Université d’Ottawa, le 5411, si on soupçonne un cas de surdose sur le campus (à l’extérieur du campus, composer le 911).

La professeure Marilou Gagnon s'exprime sur la situation actuelle. (Vidéo)

Un travail d’équipe

Steve Bernique, directeur par intérim du Service de la protection, affirme que des mesures sont également prises pour assurer la sécurité de l’équipe. « Comme il peut être dangereux d’inspirer du fentanyl en poudre, nous nous assurons que notre personnel a les connaissances requises pour intervenir de façon sécuritaire aux appels liés aux opioïdes. »

Environ la moitié des appels au Service de la protection sont de nature médicale, indique M. Bernique, qui ajoute que son équipe répond déjà aux appels d’urgence avec des trousses d’intervention médicale complètes, qui comprennent des masques faciaux et des gants de protection, un défibrillateur externe automatisé (DEA) et de l’oxygène.

Autre ressource précieuse sur le campus, l’Équipe de premiers répondants de l’Université Ottawa (EPRUO) est composée d’étudiants de diverses facultés, formés par la Croix-Rouge, qui aident le Service de la protection à fournir des services de premiers soins en tout temps sur le campus.

« Grâce à cette équipe d’étudiants bénévoles, le Service de protection peut prendre le temps d’évaluer la situation et s’assurer que les lieux sont sûrs avant que l’équipe étudiante assiste les patients », soutient Steve Bernique.


Affiche informative sur les dangers du fentanyl et de l'importance de la naloxone comme antidote.

Si vous avez besoin d’aide sur un des campus de l’Université d’Ottawa, composez le 5411 pour appeler le Service de la protection. Photo : Santé publique Ottawa

 

Qu’est-ce que le fentanyl?

Le fentanyl est un puissant opioïde de la même famille que l’héroïne, la morphine, la méthadone et la codéine. Les médecins le prescrivent comme analgésique. Cependant, le fentanyl contrefait est vendu illégalement sous forme de poudre extrêmement toxique. Le mélanger avec d’autres opioïdes, à de l’alcool, à des benzodiazépines, ou à des stimulants comme la cocaïne, accroît le risque de surdose involontaire. Inodore et sans goût, invisible à l’œil nu, le fentanyl est quasiment indétectable.

Toute substance peut se mélanger au fentanyl. À Ottawa, on a déjà trouvé du fentanyl illicite dans la cocaïne, l’héroïne et le MDMA (ecstasy), ainsi que dans des médicaments sur ordonnance contrefaits. Toute personne qui utilise des drogues produites illégalement risque une surdose au fentanyl.


Qu’est-ce que le carfentanil?

Le carfentanil est un opioïde que les vétérinaires utilisent pour les animaux de très grande taille, comme les éléphants. Il n’est pas destiné à la consommation humaine. Il est environ 100 fois plus toxique que le fentanyl et peut être mortel à des doses extrêmement faibles. On a trouvé du carfentanil en Ontario. Il est mélangé à d’autres drogues illicites, comme l’héroïne, et les pilules de contrefaçon ressemblent à des opioïdes d’ordonnance (des pilules vertes portant les lettres « CDN » d’un côté et le chiffre « 80 » de l’autre côté, par exemple). Il est impossible de savoir si les drogues que l’on consomme contiennent du carfentanil. Il est invisible, inodore et sans saveur.


Signes et symptômes d’une overdose d’opiacés

  • Respiration très lente ou irrégulière, ou absence complète de respiration
  • Lèvres ou ongles bleus
  • Corps mou
  • Ronflement profond ou sons de gargouillement
  • Perte de conscience, évanouissement
  • Absence de réaction
  • Contraction extrême de la pupille (qui devient minuscule)
  • Vomissements

Quiconque consomme des drogues (sur ordonnance ou illicites) est à risque d’une overdose accidentelle. Visitez le site Prévention des overdoses de Santé publique Ottawa pour savoir comment prévenir et reconnaître les overdoses de même qu’intervenir si vous êtes témoin d’une overdose.

Source : Santé publique Ottawa


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