« Merci. Ce fut un privilège et un honneur. » — Louis de Melo

Publié le mardi 3 octobre 2017

Louis de Melo debout devant un podium.

Par Johanne Adam

Le vice-recteur aux Relations extérieures Louis de Melo, qui a débuté son mandat à l’Université en juillet 2009, quitte ses fonctions pour diriger le Sinai Health Foundation de Toronto à titre de PDG. Il occupera également le poste de vice-président de l’avancement universitaire du Sinai Health System.

Diplômé en sciences commerciales (B.Com. 1994) de l’Université d’Ottawa, Louis de Melo a entre autres chapeauté les activités de développement, de relations avec les diplômés, de communication et de relations gouvernementales de l’établissement. Il a en outre été l’un des architectes de la vision stratégique de l’Université.

La Gazette s’est entretenue avec lui afin de lui soutirer quelques réflexions sur son passage sur le campus.

 

Vous avez passé huit années au poste de vice-recteur aux relations extérieures de l’Université. Qu’avez-vous le plus apprécié de votre mandat?

J’ai grandement apprécié le professionnalisme de l’équipe des Relations extérieures. Ce sont des gens extrêmement dynamiques et qui font preuve de grande collégialité. C’est surtout une équipe qui ne regarde pas dans le rétroviseur, mais qui, au contraire, regarde continuellement vers l’avant, et c’est très motivant de travailler avec des gens de cette trempe.

Je suis, par ailleurs, très fier du rehaussement de la réputation de l’Université d’Ottawa au cours des huit dernières années. Tout le monde a mis la main à la pâte; ce fut un travail collectif de toute la communauté universitaire.

Cette réputation est en grande partie attribuable à l’engagement de nos diplômés. L’attachement qu’ils éprouvent envers leur alma mater s’accroit au fil des années, ce qui en fait d’excellents ambassadeurs et ambassadrices de la mission et de la vision de l’Université d’Ottawa. Ces gens sont engagés dans la vie de l’Université et par conséquent, la communauté universitaire est plus vibrante que jamais.

Je suis fier que l’on ait mis en place des stratégies pour que nos diplômés se sentent ici chez eux. Car le succès, en philanthropie comme dans la vie, est essentiellement basé sur les relations que l’on bâtit. Et je sens que nous sommes sur une belle lancée à l’Université.

 

Louis de Melo en compagnie du premier ministre Justin Trudeau.

Louis de Melo en compagnie du premier ministre Justin Trudeau lors de la collation des grades de la Faculté des arts en juin 2017.

Quels ont été vos plus grands défis lors de votre mandat ici?

Au début de mon mandat, il nous a fallu rebâtir le groupe des Relations extérieures. Par exemple, au Bureau du développement, seulement 40 % des postes étaient pourvus. En plus des efforts de recrutement, nous avons effectué une importante réorganisation. Le service des communications et celui du marketing, qui formaient alors des entités distinctes, ont notamment été fusionnés. C’est sans compter l’introduction de l’équipe web en 2009. Certains éléments des Relations avec les diplômés ont par ailleurs été transférés au Bureau du développement, puisque cela cadrait davantage avec leur mandat philanthropique. En plus, c’est à cette époque que le Centre d’engagement mondial et communautaire (maintenant le Centre Michaëlle-Jean pour l’engagement mondial et communautaire) a vu le jour aux Relations extérieures.

L’autre défi consistait à expliquer à la communauté universitaire la valeur ajoutée de la philanthropie. Parce que bien souvent, la philanthropie est perçue comme un complément plutôt qu’un élément essentiel aux activités d’une organisation. Je crois qu’au cours des dernières années, l’Université a fait beaucoup de progrès en ce sens. Les gens reconnaissent maintenant que la philanthropie fait partie du quotidien de l’Université et qu’elle ne relève pas seulement des Relations extérieures, mais de toute la communauté universitaire. D’ailleurs, le rapport Offord, produit en juillet 2016, démontre l’amélioration marquée de la culture philanthropique à l’Université d’Ottawa. Les résultats financiers ont aussi suivi. En effet, en 2016-2017, nous avons dépassé le plateau de 36 millions de dollars en fonds engagés.

 

De quelle façon votre expérience à l’Université sera-t-elle pertinente dans vos nouvelles fonctions?

J’ai siégé au comité d’administration de l’Université et, par conséquent, j’ai participé activement à toutes les décisions importantes de celle-ci au cours des huit dernières années. Il faut savoir que l’Université est dotée d’un budget de près d’un milliard de dollars et compte plus de 5 000 employés.

En matière de philanthropie, nous avons organisé la plus grande campagne de financement de l’histoire de notre établissement.

Je dois aussi souligner tout le travail réalisé pour mettre en place un réseau des diplômés à travers le monde et une programmation relevée pour nos diplômés d’ici et d’ailleurs, en plus de mon implication auprès des facultés. Ce sont tous des acquis que je vais pouvoir appliquer dans mes nouvelles fonctions.

 

Vous travaillez en philanthropie depuis belle lurette. Qu’est-ce qui vous plaît dans ce milieu?

Ce qui m’a d’abord attiré dans le milieu de la philanthropie, c’est la passion des gens qui y travaillent. Ce sont des gens qui vendent des rêves et ils le font pour des causes qui leur tiennent à cœur. J’ai toujours dit que la philanthropie, c’est le delta entre l’excellence et l’exceptionnalité. Et, selon moi, il existe une corrélation entre la grande philanthropie et les universités qui se démarquent. La philanthropie permet d’essayer des choses et de poser des actions transformatrices que le fond opérationnel ne permet pas en temps normal.

La philanthropie permet de rêver grand, et quand tu rêves grand, tu travailles forcément avec des gens qui sont eux aussi de grands rêveurs, qui n’ont pas peur de prendre des risques, qui ont des idées et qui changent les choses. Je trouve ça extrêmement inspirant de travailler avec ces gens-là.

Ce qui me surprend toujours le plus, c’est à quel point les donateurs sont généreux et veulent faire une différence. Ils se sentent privilégiés et veulent partager le fruit de leurs succès avec leur communauté. À la base, il y a une grande motivation altruiste, ils veulent faire du bien.

 

Louis de Melo en compagnie du dalaï-lama.

Louis de Melo en compagnie du dalaï-lama lors de la visite du chef spirituel Tibétain en 2012.

Vous quittez Ottawa pour Toronto. Qu’est-ce qui va vous manquer le plus de la capitale nationale et du campus de l’Université?

Ce sont tout d’abord mes collègues qui vont me manquer. J’ai été extrêmement chanceux, car j’ai côtoyé ici des gens exceptionnels. Mais lorsqu’on quitte un emploi et qu’on laisse des collègues derrière, il faut toujours se rappeler que ce ne sont que les relations professionnelles qu’on perd. Je crois que ce changement de carrière me permettra de transformer ces relations professionnelles en amitiés à long terme.

En ce qui concerne le campus, j’adore les rentrées universitaires parce qu’il y a soudainement une grande effervescence sur le campus, et cette énergie est très contagieuse. Elle m’a permis de demeurer jeune, parce que chaque année il y a tous ces étudiants de 18 ans qui arrivent et, on n’a pas le choix, il faut se mettre au même diapason qu’eux.

La ville d’Ottawa va me manquer aussi. C’est l’une des capitales du G8 et une ville parfaitement bilingue. Le fait de pouvoir m’exprimer dans les deux langues va certainement me manquer.

 

Aimeriez-vous dire quelques mots à vos collègues, aux donateurs et aux membres de la communauté universitaire?

J’aimerais leur dire merci, car ce fut un privilège et un honneur de servir l’Université d’Ottawa. À vrai dire, je n’ai jamais eu le sentiment de venir travailler. Les heures de travail, je ne les comptais pas, car j’ai eu beaucoup de plaisir dans mes fonctions, et ce, malgré les défis très complexes qui se présentaient à l’occasion.

J’ai beaucoup appris des gens ici, puisqu’ils ont été généreux de leur temps, de leurs expertises et de leurs connaissances.

Enfin, je remercie l’Université d’Ottawa parce que la personne que je suis aujourd’hui est beaucoup mieux équipée pour la vie que la personne que j’étais il y a huit ans.

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