Mona Nemer : une chercheuse dans l’âme

Publié le mardi 20 juin 2017

Par Monique Roy-Sole

Mona Nemer terminera son mandat le 30 juin, après 11 années fructueuses à titre de vice-rectrice à la recherche. Deuxième personne à avoir occupé ce poste dans toute l’histoire de l’Université d’Ottawa, Mme Nemer compte de nombreuses réalisations : le Complexe de recherche avancée, le futur complexe STIM, des centres de recherche interdisciplinaire comme l’Institut de recherche sur le cerveau et l’Institut de recherche sur la science, la société et la politique publique, la promotion de la recherche au premier cycle et la relance des Presses de l’Université d’Ottawa. Nous nous sommes entretenus avec elle à la veille de son départ.


Vous êtes à la fois une chercheuse chevronnée et une figure importante de la haute gestion de l’Université. Vous êtes aussi un modèle pour les chercheuses. Et vous, est-ce que quelqu’un vous a particulièrement inspirée dans votre cheminement professionnel?

Premièrement, j’ai toujours eu une grande admiration pour ma mère. Elle était institutrice et avait à cœur l’éducation. Par la suite, j’ai été inspirée par une collègue et grande chercheuse française, Mme Nicole Le Douarin. Elle m’a fait réaliser qu’on pouvait à la fois faire de la recherche scientifique compétitive et avoir une famille et des enfants, et que je n’étais pas obligée de faire un choix entre l’une ou l’autre de ces options-là. Cela a vraiment été un point tournant pour moi.

Vous êtes entrée en fonction comme vice-rectrice en 2006. En 11 ans, est-ce que le monde de la recherche universitaire a beaucoup évolué?

Il est certainement beaucoup plus compétitif qu’il y a 11 ans. Au Canada, par exemple, on a eu l’avènement, surtout au début des années 2000, de beaucoup de moyens qui ont permis aux universités de se positionner sur l’échiquier mondial en recherche. Le monde autour de nous a aussi changé. Avec l’accent mis sur la recherche et l’innovation dans les pays du BRIC et les investissements très importants en Europe, la recherche est devenue de plus en plus compétitive à tous les niveaux, que ce soit pour le recrutement des meilleurs talents ou pour les publications de recherche dans les revues les plus prestigieuses.

Parmi vos réalisations comme vice-rectrice, lesquelles vous apportent le plus de satisfaction?

Ce qui m’a fait le plus plaisir, c’est d’avoir contribué au changement de culture vis-à-vis la recherche à l’Université. Mon prédécesseur, Howard Alper, ainsi que le recteur qui m’a recrutée, Gilles Patry, avaient déjà emprunté le virage de la recherche pour l’Université d’Ottawa. Mais il a fallu vraiment travailler fort pour faire comprendre à tout le monde que la recherche devait compter parmi les missions principales de l’Université.

Je suis fière des améliorations que nous avons apportées aux infrastructures de recherche au cours des années. Nous avons pu construire de nouveaux édifices consacrés à des thématiques de recherche et non à des départements. Je pense au Complexe de recherche avancée, qui regroupe sous une même thématique plusieurs départements et facultés dont les activités de recherche sont complémentaires. C’était une première dans l’histoire de l’Université d’Ottawa et une première étape vers la création du complexe STIM.

Quel aspect de votre poste de vice-rectrice à la recherche vous manquera le plus?

Ce qui me manquera le plus, ce sont les gens que je côtoie dans mon travail. Au fil des ans, nous avons bâti une équipe solide dans le secteur de la recherche. Ce sont des personnes qui s’investissent beaucoup dans ce qu’elles font et qui travaillent dans une grande collégialité.

Pouvez-vous nous dire vos plans pour l’avenir? Pensez-vous avoir plus de temps pour vos loisirs?

Je fais rarement de plans à long terme. J’ai toujours saisi les occasions qui se sont présentées au fur et à mesure. Une chose est sûre : j’ai un labo, des étudiantes et des étudiants qui y travaillent et des projets de recherche en cours. Je vais sûrement revenir à la recherche en sciences. C’est un grand privilège de faire de la recherche et d’interagir avec les étudiants. Après cela, si d’autres occasions se présentent et si je peux contribuer au développement de la recherche ou d’établissements de recherche, j’y réfléchirai en temps et lieu.

Pendant les onze dernières années, la recherche scientifique a constitué mon passe-temps… et je suis certaine qu’elle le restera! Mais j’espère aussi pouvoir faire plus de jardinage et de randonnée pédestre, plus de sport, et avoir plus de temps la fin de semaine pour la famille et les amis.

Quel conseil donneriez-vous à la prochaine vice-rectrice ou au prochain vice-recteur à la recherche?

Je dirais : ne laissez personne contrôler votre emploi du temps à votre place. Concentrez-vous sur les choses qui, selon vous, sont les bonnes choses à faire. N’essayez pas de plaire à tout le monde; cette stratégie est vouée à l’échec et ne sert qu’à vous faire dévier de votre objectif principal. Mais surtout : amusez-vous!

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La doctorante Jamie Whitcomb et Mona Nemer dans le Laboratoire de génétique moléculaire et régénération cardiaque de l’Université d’Ottawa. Photos : Dave Weatherall

 

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