De nouveaux enseignants autochtones souhaitent améliorer la qualité de l’éducation

Publié le mercredi 17 juin 2015

Brandi Benedict, Joanne Jocko et Lauren Barbour
(De gauche à droite) Brandi Benedict, Joanne Jocko et Lauren Barbour figurent parmi les nombreux diplômés du programme ATEP.

Par Mike Foster

Avec la parution récente du rapport de la Commission de vérité et de réconciliation, plusieurs diplômés du programme d’enseignement pour les autochtones (Aboriginal Teacher Education Program ou ATEP) de l’Université d’Ottawa, sont plus déterminés que jamais à faire bouger les choses au sein de leur communauté.

Originaires d’Akwesasne, Walpole Island et de Kitigan Zibi Anishinabeg, ces diplômés souhaitent devenir enseignants afin d’améliorer le niveau d’éducation chez les leurs.

Joanne Jocko, qui vient d’obtenir son certificat en éducation autochtone, a l’intention de continuer ses études en éducation au niveau du baccalauréat puis de la maîtrise. Son objectif final est d’enseigner dans la communauté mohawk d’Akwesasne, dont elle est issue, « pour y perpétuer notre langue », précise-t-elle.

« Mon père n’a pas fréquenté de pensionnat, mais dans sa communauté, les écoles étaient dirigées par les jésuites. Il était battu quand il parlait sa langue. Il a quitté l’école à l’âge de 15 ans pour aller travailler sur les chemins de fer. L’éducation était d’autant plus importante à ses yeux qu’il avait dû interrompre ses études. C’est pourquoi il m’a encouragée à poursuivre les miennes », raconte Mme Jocko dans un courriel.

Mère de trois enfants âgés de 7, 10 et 13 ans, Lauren Anne Barbour, une Métisse de Manitoba, a suivi des cours à temps partiel pendant deux ans. Elle travaille à l’heure actuelle comme enseignante suppléante pour la Commission scolaire Western Québec, qui compte un grand nombre d’élèves autochtones. Elle dit s’être inscrite au programme ATEP afin d’acquérir des outils qui l’aideront à enseigner aux enfants des Premières Nations et des communautés inuites. Elle aspire à un emploi à temps plein.

Déjà titulaire de diplômes en linguistique appliquée et en anthropologie de l’Université Carleton, Mme Barbour a aussi participé à différents projets pour le Métis National Council of Women (Conseil national des femmes métisses).

« J’ai quitté le monde du travail pour avoir mes enfants. Quand j’ai décidé d’y retourner, j’ai pris conscience qu’une bonne partie de mon temps, au cours des 10 dernières années, avait été consacrée à l’école, où j’ai fait du bénévolat et fait partie de différents comités relevant de la commission scolaire. Je me suis alors dit : “Fais ce que tu aimes, et aimes ce que tu fais.ˮ Tout naturellement, l’enseignement m’est apparu comme la suite logique de mon bénévolat », explique-t-elle.

Pour elle, deux des points forts du programme ATEP ont été, d’une part, le stage qu’elle a fait au Ottawa Inuit Children’s Centre, qui lui a permis de s’initier à la culture inuite, et d’autre part, la possibilité de suivre des cours donnés par des professeurs issus des Premières Nations.

« Notre objectif, dans le cadre de ce programme, est d’apprendre comment enseigner aux autochtones selon une perspective autochtone. Cela veut dire travailler en collaboration avec les élèves, en leur montrant les choses et en faisant des démonstrations, plutôt qu’en faisant une leçon devant la classe », précise-t-elle.

Lauren Anne Barbour, Brandi Benedict et Cheryl Swamp ont obtenu un baccalauréat en éducation. Autumn Wahioronkohe Oakes, Eli Snake, Norman Robert McGraw et Sarah Côté, pour leur part, ont obtenu un certificat en enseignement autochtone.

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