La nouvelle chef de la conception apporte un vent d’innovation

Publié le mardi 15 mai 2018

Chrystia Chudczak

Chrystia Chudczak, la nouvelle chef de la conception de l’Université d’Ottawa, est l’ex-directrice générale du Labo d’innovation d’ISDE, un nouveau concept qui utilise la pensée créative pour aider à comprendre l’expérience des personnes qui interagissent avec le gouvernement fédéral.

De Linda Scales

« Les universités me semblent des endroits où on peut apprendre, expérimenter, se tromper, rêver, créer, grandir et manquer son coup. » – Chrystia Chudczak

Si vous ne connaissez pas encore Chrystia Chudczak, donnez-lui le temps de vous trouver. La nouvelle (et première!) chef de la conception de l’Université d’Ottawa cherche à « creuser sous la surface » de son nouveau milieu pour mieux en comprendre la nature.  

Cette diplômée de Telfer et du Département d’arts visuels nous arrive d’Innovation, Sciences et Développement économique Canada (ISDE) dans le cadre d’un échange professionnel de deux ans. Dès son entrée en fonction à l’Université au début mai, elle s’est jetée dans un examen des problèmes, projets et occasions qui pourraient bénéficier de ses compétences en conception créative, un concept et une technique de résolution de problèmes aux applications on ne peut plus pragmatiques. 

Avenante et curieuse, Chrystia Chudczak aime aussi écrire et faire de la photo documentaire (voir ses photos du campus ci-dessous). Voici ce qu’elle avait à dire au sujet de son nouveau poste. 

Qu’est-ce que la conception créative?

En gros, c’est aider les gens à résoudre des problèmes et à créer des solutions exécutables. En général, dans les grosses boîtes et au gouvernement, les problèmes existent en vase clos. Bien souvent, disons-le franchement, l’équipe doit exécuter la solution trouvée par les patrons. Sauf que 90 % du temps, le problème n’est pas là. 

La conception créative, comme les Lego, a des applications multiples. La plupart des gens ne penseraient pas à utiliser des Lego; pourtant, bien utilisés, ils s’avèrent un outil très puissant. Quand on a des gens de plein de milieux différents ensemble, la conception créative permet de dégager le vrai problème plus rapidement et de trouver une solution potentielle ou un prototype de solution.   

Quand on prend la peine de les écouter, d’apprendre d’eux et de leur donner un environnement où ils peuvent s’exprimer librement, sans craindre de représailles, les gens vous donnent accès à leurs expériences, à leurs connaissances et à leurs réflexions. De là, on commence à comprendre où ils voient des possibilités ou des difficultés et problèmes potentiels. C’est très important, parce qu’on peut ensuite utiliser des techniques de conception créative qui reposent, pour la plupart, sur l’empathie. On ne finit pas avec une belle petite solution toute prête. On crée des prototypes qu’on met ensuite à l’épreuve dans le monde réel pour voir s’ils fonctionnent ou pas. 

Quel est votre mandat?

C’est de fournir des conseils et du soutien à la communauté universitaire. Mon poste relève du recteur et je travaille au Pavillon des diplômés Alex-Trebek, mais je tiens à être partout sur le campus. Déjà, on m’a demandé de me pencher sur l’expérience étudiante. J’essaie de déterminer si je devrais suivre un cours. J’ai fait mes études ici, mais aujourd’hui, ce serait une tout autre expérience! Quoi d’autre? Un peu d’innovation, et aussi des possibilités très intéressantes que j’ai explorées au Labo d’innovation d’ISDE.  

Je serais très heureuse que les gens communiquent avec moi. Si vous voulez savoir ce que je fais, écrivez-moi!

Pourquoi avez-vous choisi de travailler à l’Université? 

Ce qui m’attire, c’est l’énergie et le dynamisme sur le campus. Je ne suis pas ici uniquement pour faire changement, mais aussi pour jouer un rôle dans cet écosystème : l’Université d’Ottawa en tant qu’entité dans la région de la capitale nationale, le Canada et le monde. Il y a de l’électricité dans l’air. J’ai gagné le gros lot!  

Pourquoi l’authenticité est-elle importante pour les organisations?  

Une organisation est faite des personnes qui créent sa culture et qui accomplissent sa mission. Si la culture et les gens ne sont pas fidèles à eux-mêmes, l’organisation est condamnée à l’échec et les gens qui y travaillent n’auront pas de sentiment de satisfaction. C’est très facile de tourner les coins ronds quand on ne tient pas à faire un effort, à faire de son mieux ou à creuser, apprendre et poser des questions. Pour moi, tout ça fait partie de la recherche de l’excellence.

L’Université se compose de ses professeurs, de ses employés, et aussi des étudiants. Tout le monde a un rôle à jouer, et si on arrive à créer un environnement où les gens croient en l’excellence de ce qu’ils font, la culture organisationnelle sera extraordinaire. 


Chrystia Chudczak documente son retour sur le campus 

La diplômée, photographe professionnelle et nouvelle chef de la conception de l’Université d’Ottawa, Chrystia Chudczak, a documenté son retour sur le campus au début de mai par une série de photos. « Les photos ont été prises séquentiellement pendant mes six premiers jours à l’Université, explique-t-elle. Je les ai prises sur le vif, pour vraiment m’imprégner en temps réel des dimensions sociales, matérielles et spirituelles de l’Université d’Ottawa. » Texte et photos : Chrystia Chudczak 

Debout sur la scène du pavillon Tabaret, une femme s’adresse à son auditoire en faisant un geste de la main.

« L’avenir est déjà là, mais il n’est pas encore réparti de façon équitable. » La professeure Kate Darling, du MIT MediaLab, explore les interactions sociales entre les robots et les humains lors du Forum Alex-Trebek pour le dialogue 2018.

La conception centrée sur la personne tient compte des besoins, des aspirations et des désirs des gens, de leur envie d’explorer de nouvelles frontières pour améliorer l’expérience humaine. La technologie devrait nous simplifier et nous faciliter la tâche, mais sans nous dépouiller de notre humanité.  

Une vigne en dormance grimpe sur un mur de pierre d’un bâtiment de l’Université d’Ottawa.

Aperçu en traversant le stationnement derrière le Pavillon des diplômés Alex-Trebek.

La vie, la mort et la renaissance s’entrecroisent sur un bâtiment centenaire du campus. Cette métaphore de la conception centrée sur la personne nous rappelle que les gens, les idées et les aspirations évoluent, grandissent et se développent naturellement.

Mosaïque colorée faite de carreaux aux motifs de losanges et de feuilles d’érable.

Plancher extérieur en mosaïque à l’entrée du pavillon Tabaret.

Une ressource naturelle typiquement canadienne. Une mosaïque conçue pour attirer l’œil. Je ne peux pas le prouver, mais chaque tuile semble faite à la main. L’expression artistique d’une culture, d’une identité, d’un lieu. Tout à fait à sa place dans la capitale nationale. 

Une danseuse de pow-wow fait tournoyer les franges de son costume devant les yeux des spectateurs.

Une danseuse de pow-wow en pleine action à l’entrée du pavillon Tabaret durant la réception des Prix d’excellence de l’Association des diplômés 2018.

La richesse de couleurs, de mouvement et de culture de la conception centrée sur la personne vient de la rencontre des aspirations, des désirs et des réconciliations dans des espaces sûrs. J’adore cette image parce qu’elle appartient à sa créatrice. Pas moi. La danseuse. 

Vue en contrebas des derniers étages de la rotonde du pavillon Tabaret, avec son architecture élégante et ses rampes en fer forgé.

Regard vers le haut dans la rotonde du pavillon Tabaret.

Il faut littéralement changer notre perspective sur la structure architecturale. Combien d’échelons nous séparent du sommet? Que signifie ce sommet pour les gens (ou utilisateurs) qui « paient pour jouer »? Il faut respecter l’histoire, mais aussi le désir de réinventer l’avenir.

Vue artistique des espaces baignés de lumière du Carrefour des apprentissages de l’Université d’Ottawa, qui comprend de hautes colonnes en béton, de larges fenêtres et un escalier.

Le Carrefour des apprentissages à l’Université d’Ottawa

Les lignes sont importantes. On peut en tirer parti, les étirer ou les remettre en question. En conception centrée sur la personne, il faut qu’un lieu soit habité pour savoir s’il fonctionne. Les idées, les inventions et l’ingéniosité doivent servir aux gens.   

Un grand groupe d’hommes et de femmes de partout dans le monde se réjouissent d’avoir terminé leur programme en entrepreneuriat.


Les diplômés de la première École d’été en entrepreneuriat Simon-Nehme au Centre en génie entrepreneurial de la conception de l’Université d’Ottawa.

Mettre l’humain au cœur de la conception et de la résolution de problèmes. Des étudiants de partout dans le monde ont mis leur esprit d’entreprise, leur empathie et leur ingéniosité en commun. Résultat : une panoplie d’idées extraordinaires pour mieux construire, vivre, créer et prendre soin de notre planète. 

Le toit ajouré du Monument de la francophonie, près du pavillon Perez, formé d’une suite de planches de bois.


Le Monument de la francophonie, près du pavillon Perez et du monument à la mémoire de Félix Leclerc sur le campus principal de l’Université.

Je suis tombée sur ce monument par hasard. Ses matériaux naturels, sa forme libre et ouverte, sa légèreté m’ont attirée. J’y vois une célébration métaphorique de la cohabitation fluide du français et de l’anglais partout sur le campus. 

Une vigne grimpante en dormance traverse deux fenêtres du sous-sol d’un vieux bâtiment de pierre.

Les fenêtres du sous-sol du 100 Laurier Est, où se trouve le Département d’arts visuels de l’Université d’Ottawa.

J’ai déjà passé des heures à développer des photos noir et blanc grand format dans la chambre noire du 100 Laurier. C’est un endroit où j’ai appris à voir. Il évoque aussi pour moi ma citation préférée de Dorothea Lange (1964) : « On devrait utiliser sa caméra comme si on risquait de perdre la vue demain. Vivre une vie visuelle est une entreprise énorme, pratiquement inaccessible. Je ne l’ai qu’effleurée, à peine touchée. »   

Un couple de jeunes mariés se tient dans les marches à l’entrée du pavillon Tabaret, dont on voit les colonnes en arrière-plan sous un ciel gris.

Heureux hasard à l’entrée du pavillon Tabaret.

Je suis tombée sur cette scène à la fin d’une journée grise et pluvieuse. L’architecture de Tabaret est imposante, possiblement un symbole de la force de l’établissement, mais ce simple rite de passage – un mariage – vient humaniser l’environnement.   

Une femme essaie un simulateur de réalité virtuelle 3D. Elle tient des commandes dans ses mains et porte un masque qui ressemble à des lunettes de plongée.

Anne McIlroy, directrice des dons principaux à l’Université d’Ottawa, essaie un simulateur de réalité virtuelle 3D sous l’œil attentif de Jeff Ross, vice-président aux services d’ingénierie de Masterpiece VR, au Centre d’innovation Bayview à Ottawa.

Il n’y a pas si longtemps, une partie de mon travail consistait à travailler avec des entreprises en démarrage et des compagnies canadiennes pour mettre leurs produits à l’épreuve et les aider à établir les liens qui favoriseraient leur croissance. J’ai entre autres travaillé avec Masterpiece VR, entreprise fondée par un diplômé de l’Université, Jonathan Gagné. Récemment, une équipe de l’Université s’est rendue aux Cours Bayview pour essayer la technologie collaborative et imaginative ultrasophistiquée mise au point par Jon dans l’espoir de l’amener sur le campus et d’en faire profiter l’ensemble de la communauté universitaire.

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