Les paroles inspirantes de l’artisan de la paix en Colombie

Publié le vendredi 3 novembre 2017

Juan Manuel Santos sur le podium, devant les drapeaux du Canada et de la Colombie, le logo de l’Université d’Ottawa en arrière-plan.

Le président colombien Juan Manuel Santos devant un auditoire de plus de 300 personnes lors d’une activité organisée sur le campus par le Centre d’études en politiques internationales et l’École supérieure d’affaires publiques et internationales de l’Université d’Ottawa. Photos : Mélanie Provencher

 

Par Kelly Haggart

Devant un auditoire attentif à l’Université d’Ottawa, le prix Nobel de la paix 2016 et président colombien Juan Manuel Santos a parlé des gens qui l’ont inspiré dans ses efforts pour réduire la pauvreté et mettre fin à 53 ans de guerre dans son pays.

Le 30 octobre 2017, lors de sa seule apparition publique au Canada dans le cadre d’une visite d’État, le président Santos a recommandé trois grands principes de vie qui consistent à innover, à persévérer et à agir en toutes choses pour ce que l’on croit être juste. Ces principes l’ont bien servi durant son combat contre l’extrême pauvreté et la longue guerre civile en Colombie.

« La Colombie était le deuxième pays le plus inégalitaire d’Amérique latine, derrière Haïti. Quelle honte, me suis-je dit. Nous devons agir autrement. Innover. »

Juan Manuel Santos a demandé conseil à Amartya Sen, son ancien professeur à la London School of Economics et à Harvard. Cet autre prix Nobel a conçu un indicateur de pauvreté reposant sur les besoins essentiels des familles, et non seulement leur revenu, explique M. Santos.

« Au terme de presque sept années, nous avons réduit l’extrême pauvreté de moitié, simplement en nous y prenant autrement dans cette lutte, c’est-à-dire en innovant. »
 

'C’était ce qu’il fallait faire'

Ancien ministre de la Défense de son pays, Juan Manuel Santos a remporté une victoire écrasante lors des élections présidentielles, car il était, selon lui, « un faucon ». Malgré tout, il a passé six ans après le début de son mandat en 2010 à négocier la fin du conflit avec la guérilla colombienne des FARC.

« On m’avait averti que les gens ne comprendraient pas. S’ils élisent un guerrier victorieux, ils le taxeront de traître quand il se mettra à négocier la paix. Un épineux dilemme... mais c’était ce qu’il fallait faire. Nous en sommes désormais à une étape encore plus difficile que la négociation : la consolidation de la paix. »

Il a expliqué que le récit des souffrances de Colombiens ordinaires l’a motivé à persister dans ses efforts et que leur capacité à pardonner l’a profondément inspiré.

« Pas facile pour une victime de pardonner à l’individu ou au groupe qui a tué ou violé sa fille ou son fils. Les guerres nourrissent la haine. Et il est encore plus difficile de transformer la haine en amour et en compassion, des sentiments bien plus puissants. Pour y arriver, il faut persévérer. »

Le Canada a apporté un soutien indéfectible au processus de paix, a souligné le président Santos. À présent, la Colombie connaît une « merveilleuse transition » après avoir accompli « ce que la plupart jugeaient impossible. »

« Nous devons maintenant consolider cette paix. Cela prendra sans doute plusieurs années, mais nous le faisons sans nous entretuer, ce qui est déjà un exploit. »
 
Juan Manuel Santos et Jacques Frémont se serrent la main devant le pavillon Tabaret.

Le recteur de l’Université d’Ottawa Jacques Frémont accueille Juan Manuel Santos sur le campus.

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