Des recherches sur la réadaptation menées… dans l’espace!

Publié le lundi 30 novembre 2015

L'astronaute Jeremy R. Hansen porte un pince-nez et souffle dans un sac.

L'astronaute de l'Agence spatiale canadienne Jeremy Hansen testait des équipements de l'étude MARROW lors d'une récente visite du Laboratoire ostéoarticulaire de recherche appliquée afin d'en apprendre davantage sur cette recherche.
Par Johanne Adam

Pour la toute première fois dans l’histoire de l’Université d’Ottawa, une équipe de chercheurs réalisera une étude en collaboration avec l’Agence spatiale canadienne. Dirigée par Dr Guy Trudel et professeure Odette Laneuville, du Laboratoire ostéoarticulaire de recherche appliquée (LORA), l’étude MARROW vise à effectuer des recherches sur des astronautes à bord de la Station spatiale internationale (ISS). Ce projet est réalisé avec l'appui financier de l'Agence spatiale canadienne.

L’étude MARROW, acronyme signifiant bone Marrow Adipose Reaction: Red Or White? (Réaction adipeuse de la moelle osseuse : globules rouges ou blancs?), porte sur la biologie de la réadaptation, et tout particulièrement sur les répercussions d’une exposition prolongée à la microgravité sur le contenu et l’activité de la moelle osseuse.

Odette Laneuville et Guy Trudel

Professeure Odette Laneuville et Dr Guy Trudel.

« Lorsque le corps humain est soumis à de longues périodes d’alitement où sa mobilité est réduite, diminuant ainsi la charge mécanique portée par l’os, la quantité de cellules graisseuses de la moelle osseuse augmente, ce qui nuit à la production de nouvelles cellules sanguines », explique Odette Laneuville, professeure de biologie à la Faculté des sciences et spécialiste de la biologie de la réadaptation.

L’anémie, une diminution de la concentration de globules rouges, peut entraîner des limitations physiques, comme des faiblesses ou de la fatigue, et un ralentissement cognitif. De plus, une anémie chronique est associée à une réduction de la qualité de vie et à une mortalité précoce.

En ce qui concerne les globules blancs, leur fonction consiste notamment à défendre l’organisme contre les infections. Ainsi, toute anomalie fonctionnelle des globules blancs peut prédisposer l’organisme à des infections graves et accroître la sensibilité au rayonnement cosmique.

Grâce à la participation prolongée des astronautes, l’équipe de recherche mènera une étude longitudinale sur l’accumulation de cellules graisseuses dans la moelle osseuse en microgravité et son incidence sur le fonctionnement des globules rouges et blancs. L’équipe de recherche utilisera des moyens non invasifs, comme l’imagerie par résonance magnétique des os de la colonne vertébrale de l’astronaute avant et après son séjour dans l’espace. Des échantillons de sang, d’haleine et de selles seront également prélevés pour mesurer la survie et le fonctionnement des globules et des cellules graisseuses de la moelle osseuse.

« Cette étude procurera aux chercheurs des connaissances uniques sur les mécanismes fondamentaux qui sous-tendent les effets de l’immobilité, pouvant mener directement à de nouveaux moyens d’intervention ou de nouveaux médicaments à des fins de prévention et de traitement », a déclaré le directeur du LORA, Dr Guy Trudel, chercheur-clinicien à la Division de la physiatrie et de la réadaptation et spécialiste des problèmes liés à l’immobilité. Sur Terre, ces résultats pourraient guider la réadaptation de personnes à mobilité réduite, les personnes âgées ou les patients hospitalisés qui sont alités pendant de longues périodes.

Les co-investigateurs et membres-clés de cette étude incluent le Dr Adnan Sheikh, Ian Cameron, Paola Sebastiani, Tim Ramsay et Alain Stintzi.

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