Médias

Communiqués de presse et annonces

Des chercheurs de l’Université d’Ottawa à la rescousse des grenouilles

OTTAWA, le 3 mai 2010 — Alarmés par le déclin mondial des amphibiens, une équipe de chercheurs sous la direction du Professeur Vance Trudeau du Département de biologie de l’Université d’Ottawa, de concert avec des collègues en Argentine, a mis au point une nouvelle méthode pour stimuler la reproduction des amphibiens.

La décroissance des populations de grenouilles coïncide avec une intensification des maladies, de la pollution et de la disparition des milieux de frai. Un moyen d’enrayer cette tendance est l’élevage en captivité des espèces menacées ou en voie de disparition. Cependant, dans bien des cas, les grenouilles ont beaucoup de difficulté à se reproduire en captivité, le milieu ambiant n’étant pas idéal dans les zoos et les laboratoires.

Le professeur Trudeau et son équipe ont découvert que l’injection d’une combinaison d’hormones cérébrales stimule avec succès la production et la fertilisation des œufs chez la grenouille léopard, une espèce qui a peine à se reproduire en captivité. Ils ont inventé la méthode « amphiplex », dont le nom est inspiré de l’amplexus, comportement reproductif propre aux grenouilles dans lequel le mâle saisit la femelle dans une sorte d’embrassement pour stimuler l’ovulation et féconder les œufs.

« Notre méthode offre une nouvelle technologie reproductrice où l’injection d’hormones élimine le stress de la captivité tout en stimulant la production hormonale naturelle de la glande pituitaire », explique le professeur Trudeau.

Non seulement cette méthode fonctionne-t-elle pour les grenouilles du Canada, mais sa formule particulière a aussi été testée sur trois espèces d’Amérique du Sud, comme en atteste un récent article traitant de ces recherches qui a paru dans la revue scientifique Reproductive Biology and Endocrinology [site externe, en anglais seulement].

Parmi les espèces en déclin, la grenouille cornue d’Argentine, aussi appelée « pacman », est maintenant menacée à cause de sa popularité croissante comme animal favori. Injecter des hormones à ces animaux les a fait produire des œufs fertiles et les chercheurs ont pu étudier le développement des têtards dont on connaît très peu.

L’étude de la grenouille cornue d’Argentine a débouché sur une découverte imprévue décrite dans Acta Zoologica [site externe, en anglais seulement]. Guillermo Natale de l’Universidad National La Plata, en collaboration avec Professeur Trudeau, a découvert que les têtards de cette grenouille lance un « cri » perceptible lorsqu’on l’attaque. Cela en ferait donc le premier exemple d’une espèce de vertébré dont la larve émet des sons. Ces cris de détresse permettent aux têtards d’éviter de s’entredévorer. Cette découverte pourrait avoir de vastes répercussions sur notre compréhension des comportements et de l’écologie des amphibiens.

« Nos techniques de reproduction assistée et l’expertise de nos collègues argentins au sens de l’observation aiguisé, ont mené à ces découvertes qui, nous l’espérons, attireront l’attention sur la disparition dramatique des grenouilles », conclut le professeur Trudeau.

L'Université d'Ottawa soutient activement la recherche de pointe et favorise le développement des connaissances basé sur une approche interdisciplinaire. Son engagement envers l'excellence attire les chercheurs les plus prometteurs du Canada et du monde entier.

Recherche

line divider

Abonnez-vous

line divider