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De nouvelles études mettent en relief les différences liées au sexe, à la taille des collectivités et au statut autochtone dans les études postsecondaires
OTTAWA, le 13 décembre 2010 — De nouveaux rapports rendus publics aujourd’hui par le projet Mesurer l’efficacité de l’aide financière aux étudiants (MEAFE) montrent qu’au collège, les étudiantes ont un meilleur taux de persévérance scolaire que leurs homologues masculins. Les trois nouvelles notes de recherche du projet MEAFE s’appuient sur les données de l’Enquête longitudinale sur les étudiants à faible revenu (L-SLIS), effectuée auprès de 10 000 étudiants récipiendaires d’aide financière gouvernementale. Les étudiants ont été suivis à partir de leur première année en 2006 jusqu’en 2009. « Ces constatations impliquent notamment que les désavantages des hommes en matière d’accès aux études postsecondaires, qu’on voit de plus en plus comme un problème potentiel, ne reflètent même pas les écarts que nous pourrions voir sur le plan de la diplomation », a dit Ross Finnie, auteur principal des études et professeur à l’Université d’Ottawa.
La première des trois notes de recherche porte sur les différences entre les sexes. On y indique que parmi les étudiants au collège, 25,2 % des hommes décrochent en première ou deuxième année, contre 21,5 % des femmes. Mais ce n’est pas la seule différence importante. « Sur le plan tant scolaire que financier, les hommes et les femmes suivent des tendances différentes dans leur préparation aux études postsecondaires, affirme le professeur Finnie. Les femmes de notre échantillon de récipiendaires d’aide gouvernementale ont décidé plus tôt que les hommes de faire des études postsecondaires, ont eu de meilleures notes à l’entrée, mais étaient moins susceptibles d’avoir économisé pour leur instruction. Elles étaient aussi beaucoup moins susceptibles que les hommes de dire avoir eu des modèles de comportement à la maison ou à l’école.»
« Les femmes ont constamment plus tendance que les hommes à se préoccuper de leur dette, notent les auteurs. Elles sont aussi beaucoup plus susceptibles qu’eux de s’inquiéter du temps qu’il leur faudra pour rembourser leurs dettes, de leur capacité d’y parvenir et de l’effet de ces dettes sur leur cote de crédit, et d’avoir peur de manquer d’argent pour terminer leurs études. » Les raisons et les conséquences de cet état d’esprit pendant et après les études postsecondaires sont encore à explorer.
La seconde note de recherche compare les étudiants selon la taille de la collectivité où ils ont terminé leurs études secondaires. Les auteurs ont constaté que les étudiants provenant des grandes villes (plus de 100 000 habitants) et ceux provenant de villes moyennes (10 000 à 100 000 habitants) étaient respectivement les moins et les plus susceptibles de décrocher au niveau postsecondaire. Les taux de décrochage des étudiants provenant de collectivités rurales se situent quelque part entre ceux de ces deux groupes. Les chercheurs ont aussi déterminé que les étudiants des grandes villes avaient davantage tendance à habiter chez leurs parents pendant leur première année d’études et à prévoir y rester jusqu’à ce qu’ils puissent rembourser une partie ou la totalité de leur dette. Ces étudiants sont aussi ceux qui passaient le plus de temps en transit entre l’école et la maison, bien que cette situation ne semblait pas leur enlever de temps d’étude. Par rapport aux autres groupes, ils consacraient en effet un plus grand nombre d’heures par semaine à étudier.
Le dernier rapport explore l’expérience des étudiants autochtones au niveau postsecondaire. On y constate que ces derniers sont plus susceptibles que d’autres groupes de décrocher, et ce, même s’ils manifestent en très grande majorité une attitude positive face à leurs études. Malgré la petite taille de l’échantillon d’étudiants autochtones, ces constatations montrent dans quelle voie il faudra poursuivre la recherche.
Les trois notes ont été rédigées par Ross Finnie, professeur à l’École supérieure d’affaires publiques et internationales de l’Université d’Ottawa, en collaboration avec Stephen Childs et Andrew Wismer, du projet MEAFE. Kelli Korducki et Miriam Kramer, du Canadian Education Project, ont contribué respectivement à la note sur les différences hommes/femmes et à la note sur les étudiants autochtones. L’enquête L-SLIS est une initiative du projet MEAFE, dont la recherche à long terme est financée par la Fondation canadienne des bourses du millénaire (FCBM) afin d’évaluer l’impact des bourses d’accès de cette fondation et d’explorer les liens entre les ressources financières, l’accès et la persévérance scolaire des étudiants qui fréquentent des établissements postsecondaires. D’autres rapports seront rendus publics dans les prochains mois.
Les notes de recherche Gender and Post-Secondary Education, Large Urban, Small Urban and Rural Students et Aboriginals in Post-Secondary Education, ainsi qu’un guide sur les données de la L-SLIS, sont disponibles en ligne au www.mesa-project.org.
