Médias

Communiqués de presse et annonces

L’inaction face au changement climatique pourrait entraîner de grands déplacements de populations et l’instabilité politique

OTTAWA, le 23 mars 2011 — Selon un nouveau rapport de Robert McLeman, professeur à l’Université d’Ottawa, l’inaction face au changement climatique augmente le risque de migrations et de déplacements massifs qui pourraient créer des conflits et déstabiliser certains pays fragiles.

Le rapport, intitulé Climate Change, Migration and Critical International Security Considerations, est paru dans la série Migration Research Series de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Il repose sur l’étude de nombreuses analyses scientifiques de migrations liées au changement climatique, passées ou actuelles, dans diverses régions du monde. On y lit que sans plan d’action concerté pour contrôler les émissions de gaz à effet de serre et s’adapter au changement climatique, il faut s’attendre à des migrations et déplacements massifs de populations au cours des 20 prochaines années.

Le rapport explique que les ouragans, sécheresses, inondations et autres phénomènes climatiques et météorologiques extrêmes peuvent provoquer de grands mouvements migratoires et déstabiliser des États fragiles. Bien qu’on voie parfois des mouvements migratoires internationaux sur de longues distances, la plupart des déplacements liés au changement climatique se font à l’intérieur d’une même région ou d’un même pays. Cette situation intensifie la pression sur les gouvernements et institutions, surtout dans les pays en développement, et peut augmenter le risque de conflit.

En se servant d’exemples comme l’ouragan Katrina, les inondations au Pakistan et les épisodes de sécheresse en Afrique de l’Ouest, le rapport présente diverses façons dont les gouvernements peuvent éviter le pire.

« Les médias sont déjà remplis de rapports alarmistes évoquant des centaines de millions de réfugiés de l’environnement et présentant le changement climatique comme un “catalyseur de menaces” qui entraînera le conflit à l’échelle mondiale, dit le professeur McLeman. Ces choses sont possibles, mais sans plus. Ce qu’il est important de comprendre, c’est le lien entre le climat, les migrations et la sécurité, et que nous pouvons encore changer le cours des choses. »

Le rapport indique que la première migration manifestement attribuable au changement climatique créé par l’humain surviendra sans doute en Arctique, pour des raisons économiques, lorsque le recul de la neige et de la glace offrira de nouvelles possibilités pour le transport des marchandises et la prospection minière et pétrolière. 

Les préoccupations à plus long terme soulevées par le nombre croissant de sécheresses et de tempêtes, des événements qui ont entraîné le déplacement de millions de personnes dans le passé, sont encore plus pressantes. « Les gouvernements doivent comprendre qu’il y aura des conséquences, insiste le professeur McLeman. Avec de la prévoyance, de la coopération et de la planification, on peut atténuer les conséquences négatives, mais le problème ne disparaîtra pas tout seul. » 

Le lancement du rapport coïncide avec le Congrès national de Metropolis 2011 sur les politiques migratoires, qui aura lieu à Vancouver du 23 au 26 mars. Le professeur McLeman donnera une plénière sur les implications du changement climatique pour les politiques canadiennes en matière de migration. 

Le rapport complet est accessible gratuitement sur le site Web de l’OIM. [site externe, en anglais seulement]

Recherche

line divider

Abonnez-vous

line divider