Guide de rédaction
Problèmes de traduction
Noms de collèges et d’universités
To share : partager ou ne pas partager
Undergraduate, graduate et postgraduate
Academic
En français, l’adjectif académique a deux sens. Il peut signifier « qui appartient à une académie ou société savante », ou, au sens péjoratif, « conventionnel, qui manque d’originalité ».
Le terme anglais academic peut se traduire de diverses façons, selon le contexte. Pour connaître différents équivalents, faites une recherche sur ce terme dans notre banque de terminologie.
Voici quelques exemples de traductions possibles :
academic counselling |
orientation scolaire |
academic course |
cours théorique, cours magistral |
academic freedom |
liberté universitaire, liberté d’enseignement |
academic language |
langage didactique |
academic staff |
personnel enseignant, corps professoral |
academic stream |
régime d’études |
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Including
Beaucoup de personnes utilisent erronément le mot incluant pour introduire une énumération ou un exemple là où l’anglais dit including, comme dans cet exemple fautif : La Faculté a invité plusieurs personnes, incluant la présidente de l’association étudiante et le directeur du Département d’histoire. Dans une telle phrase, l’expression correcte est plutôt y compris. On peut aussi recourir à des expressions équivalentes comme dont et notamment.
Dans l’exemple ci-dessus, le participe présent incluant est un calque de la préposition anglaise including. Par contre, il s’emploie correctement quand on peut le remplacer par qui inclut ou qui comprend.
Il faut donc faire attention au sens et au contexte pour bien choisir entre la tournure y compris (ou les expressions équivalentes) et incluant.
Voici des exemples corrects de chaque tournure :
- La dissertation peut comporter jusqu’à 12 pages, y compris la page titre et la bibliographie. (et non incluant)
- La bibliothèque est ouverte tous les jours, y compris le samedi et le dimanche.
- J’ai préparé un rapport incluant des graphiques et des tableaux.
- Le total incluant les taxes s’élève à 150 $.
- Nous avons invité plusieurs dignitaires, dont le premier ministre de l’Ontario.
- Le grand total s’élève à 300 $, y compris les taxes, les frais administratifs et les frais d’envoi.
- Le quorum est de huit membres, y compris le président.
Remarque : L’expression y compris est généralement précédée d’une virgule, sauf si les éléments qu’elle introduit sont placés entre parenthèses, comme ceci : Le cours en entier (y compris les laboratoires et les séminaires) est matière à évaluation.
Noms de collèges et d’universités
Les Services linguistiques recommandent de traduire les noms de collèges et d’universités, dans la mesure où le nom original de l’établissement peut être facilement reconnu. La même règle s’applique aux écoles, instituts, facultés et départements. Si le générique reste en anglais, le genre de l’article qui le précède est celui que le nom prendrait s’il était traduit (exemple : la School of…).
Cette règle implique que certains noms peuvent être traduits, et d’autres pas, à l’intérieur d’un même texte ou d’une même phrase.
Exemple :
- Diplômée de la Harvard Business School, elle est aujourd’hui professeure au Département d’économie de l’Université de l’Alberta. (Le mot business pouvant être rendu par affaires, commerce ou administration, il est préférable ici de le laisser en anglais pour éviter toute confusion.)
Il est à noter que la préposition de, du, des ou d' doit être omise lorsque le générique est suivi d’un nom propre, et non d’un nom de lieu.
Exemples :
- L’Université York (et non de York)
- L’Université Simon-Fraser
Remarque : Il faut garder à l’esprit qu’il n’existe pas de règle absolue en la matière, et que la décision de traduire ou non le nom d’une entité reste dans bien des cas une affaire de jugement.
Exemples d'application
| On traduit | On ne traduit pas |
| l’Université de la Colombie-Britannique | le Massachusetts Institute of Technology |
| l’Université Western Ontario | la London School of Economics |
| l’Université Queen’s | le Western State College of Colorado |
| l’Université de Californie à Los Angeles | le Rocky Mountain College of Arts and Design |
| le Collège Algonquin |
Renseignements supplémentaires :
Banque de dépannage linguistique de l’OQLF : rubrique Noms d’universités en langue étrangère
Articles d’André Racicot publiés dans les « Chroniques de langue » de TERMIUM Plus
- Traduire le monde : les noms d’universités
- Que faire avec les noms d’organismes étrangers?
To share : partager ou ne pas partager
Partager – emploi correct
Le verbe partager est souvent utilisé pour rendre le verbe anglais to share. Toutefois, il ne convient pas dans tous les cas, car son sens n’est pas aussi vaste que celui du verbe anglais. Voici les sens corrects du verbe partager et des exemples pour chaque contexte :
1- Diviser quelque chose en parts ou en portions
Exemples :
- Elle a acheté un repas copieux pour le partager avec ses amis dans le besoin.
- Les membres du comité ont partagé la responsabilité du dossier pour accélérer les travaux.
- Les journées étant chargées, il faut apprendre à partager son temps entre diverses tâches.
2 - Prendre part à quelque chose en même temps que d’autres ou utiliser quelque chose avec d’autres
Exemples :
- En résidence, les étudiants partagent la cuisine et la salle de lessive.
- Si le groupe est trop nombreux, les étudiantes devront partager les ordinateurs.
3 - Être d’accord avec une personne, s’associer ou s’intéresser à sa situation par la pensée, avoir quelque chose en commun avec cette personne
Exemples :
- La direction ne partageait pas du tout leur avis.
- L’avocat a très bien expliqué la cause et je partage son opinion.
- Toute l’équipe partage le bonheur de leur collègue qui a gagné la loterie.
Partager – emploi incorrect
Lorsque to share signifie to tell or to communicate (news, one’s ideas or feelings, etc.), il faut éviter en français d’utiliser incorrectement le verbe partager, car il n’a pas le sens de communiquer, faire connaître, faire part de, raconter, etc. Dans de tels cas, partager est considéré comme un anglicisme; il faut donc recourir à des verbes plus précis pour le remplacer, comme ci-dessous.
Exemples :
- Les étudiants pourront échanger avec d’autres sur leur expérience à l’étranger.
- Les professeures ont voulu fait part à la direction de leurs sentiments sur la question.
- Nous devons transmettre OU communiquer cette information aux membres du personnel. (et non : Nous devons partager cette information…)
- Le forum donne la chance aux jeunes de communiquer OU d’exprimer leur opinion à leurs pairs. (et non : …de partager leur opinion avec leurs pairs)
La tournure faire partager est toutefois correcte au sens de communiquer.
Exemple :
- Les athlètes ont voulu nous faire partager leur enchantement après le championnat national.
- Merci de nous faire partager votre passion pour l’histoire.
- Elle aime bien faire partager son enthousiasme aux membres de son équipe.
Undergraduate, graduate et postgraduate
Les termes undergraduate, graduate et postgraduate s’emploient comme noms et comme adjectifs.
Undergraduate s’applique au premier cycle des études universitaires (voir tableau).
Graduate s’applique aux cycles supérieurs des études universitaires, pris ensemble ou séparément. Il désigne tout programme universitaire plus avancé que le baccalauréat, donc le certificat d'études supérieures et la maîtrise (deuxième cycle) ainsi que le doctorat (troisième cycle), ou encore l'ensemble de ces programmes et cycles d'études. Le nom graduate désigne aussi la personne qui détient un grade universitaire de quelque cycle que ce soit. Il faut donc prendre soin de vérifier le contexte avant d’utiliser un des termes spécifiques possibles (voir tableau).
Au Canada, postgraduate s’applique à la formation au-delà des cycles supérieurs (maîtrise et doctorat) ou au-delà de l’université. Il est souvent synonyme du mot anglais postdoctoral. Par contre, en anglais britannique et américain, postgraduate peut être synonyme de graduate, c’est-à-dire désigner les cycles supérieurs (maîtrise et doctorat). La formation à ce niveau peut prendre la forme d’études, de stages, d’activités de recherche, etc. En outre, dans le contexte des études en médecine, postgraduate et postdoctoral paraissent synonymes, mais se traduisent différemment (voir tableau). Bref, il faut bien comprendre le contexte pour bien traduire ce terme.
Par ailleurs, on voit de plus en plus au Canada le terme graduand, fréquent en anglais britannique, qui désigne un étudiant sur le point d’obtenir un diplôme ou un grade et qui correspond à la notion de « finissant / finissante » en français.
Pièges à éviter
Attention aux anglicismes ou impropriétés gradué; sous-gradué, prédiplômé et sous-diplômé; postgradué et postdiplômé.
Gradué qualifie une chose qui est divisée et marquée d’après une unité de mesure, par exemple une règle graduée en centimètres ou en pouces. Par conséquent, sous-gradué veut dire qu’une chose est subdivisée en sous-unités de mesure, par exemple une règle graduée en centimètres et sous-graduée en millimètres.
Gradué est incorrect au sens de titulaire d’un grade ou de relatif aux études des cycles supérieurs.
Prédiplômé et sous-diplômé sont incorrects pour les raisons suivantes :
Étant donné que le préfixe pré signifie « avant, auparavant, préalablement », prédiplômé signifierait donc « qui est diplômé d’avance » ou « qui a déjà son diplôme universitaire », sur le même modèle que les termes préexistant (qui existe déjà), préfabriqué (fabriqué d’avance). De toute évidence, le terme anglais undergraduate n’a pas cette signification.
Quant au préfixe sous, il signifie « qui est insuffisant », « qui est inférieur dans une classification » ou encore « qui est un élément d’une chose principale ». Sous-diplômé signifierait donc « qui n’a pas assez de diplômes, qui a un diplôme inférieur à un autre ». Ces significations ne correspondent pas non plus au terme anglais undergraduate.
Postgradué est incorrect puisque « gradué » est fautif, comme on l’explique plus haut.
Postdiplômé est aussi incorrect. Le préfixe post veut dire « après »; postdiplômé signifierait donc « qui a reçu un diplôme après ». Cette signification ne correspond pas au terme anglais postgraduate.
Postuniversitaire doit être utilisé avec prudence. De façon générale, tout ce qui suit les études universitaires est postuniversitaire. On peut donc dire qu’un bachelier entame sa vie postuniversitaire lorsqu’il entre sur le marché du travail à la fin de ses études. On rencontre aussi fréquemment l’adjectif postuniversitaire dans le domaine de la formation médicale postdoctorale, surtout ailleurs dans la francophonie. Au Canada, la préférence va plutôt à postdoctoral qui peut s’appliquer indifféremment dans le milieu de la médecine et ailleurs.
Équivalents français possibles d’undergraduate, graduate, postgraduate et de leurs synonymes.
Consulter la banque de terminologie en ligne pour plus de précisions et d’autres équivalents.
University Private
L’expression University Private, qu’on voit sur les enseignes de rue en anglais, est la source de nombreuses interrogations pour sa désignation en français dans les textes et les cartes du campus.
Private veut dire qu'il s'agit d'une voie de circulation privée (elle est sur une propriété privée qui, dans le cas présent, appartient à l'Université), par opposition à une voie publique (ex. une rue entretenue par la Ville d'Ottawa). Donc, en principe, toutes les rues à l’intérieur du périmètre du campus de l’Université sont des rues privées.
En pratique, les mots private et privé inscrits sur les panneaux de rue servent avant tout à indiquer aux employés municipaux que les rues en question n’appartiennent pas à la municipalité et, dans certains cas, qu’ils ne doivent pas s’occuper du déblaiement et de l’entretien de ces rues. Il s’agit donc d’une indication sans importance pour le commun des mortels et pour les adresses municipales ou postales.
Par conséquent, en français, il est recommandé d’omettre la mention privée dans les adresses et les cartes du campus.
Exemples :
- 40, rue Université
- 250, rue Marie-Curie
- 320, rue Séraphin-Marion
- 44, rue Louis-Pasteur
Remarque : Si jamais il était nécessaire d’indiquer qu’il s’agit d’une voie privée, il faut se rappeler que le mot privé, comme private en anglais, est un adjectif et qu’il doit donc toujours être accompagné d'un nom (rue privée, private street).
Room
On ne sait pas toujours lequel des trois mots, pièce, bureau ou salle, utiliser comme équivalent du mot anglais room.
Pièce : Même si certains ouvrages le déconseillent, le mot pièce est un équivalent valable, car il est souvent employé comme générique dans les définitions des dictionnaires. Il est à privilégier lorsqu’on ne connaît pas le type d’endroit qu’on désigne (ce peut être un bureau, un laboratoire, une salle de lecture, de documentation ou de conférence, etc.)
Bureau : Le mot bureau est recommandé pour décrire un lieu administratif ou lieu de travail des employés, et comme équivalent du terme anglais suite.
Salle : Il est préférable d’utiliser le terme salle pour parler d’un endroit aménagé pour accueillir des groupes plus ou moins nombreux : par exemple, c’est la salle 112 du pavillon Tabaret (et non la pièce 112) qui désigne l’ancienne chapelle.
Exemples :
- La rencontre aura lieu au pavillon Desmarais, pièce 3133. (Il s’agit ici d’une petite salle de conférence.)
- Pour l’entrevue, rendez-vous au Centre universitaire, bureau 305. (Il s’agit ici du local de travail d’un employé.)
- Le colloque réunira une centaine de participants à la salle 12102 du pavillon Desmarais. (Il s’agit ici d’un grand local pouvant accueillir beaucoup de personnes.)
