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| le 25 novembre 2002 |
Marcel Hamelin : un universitaire qui s'africaniseReine Degarie
Monsieur Hamelin rappelle s'être intéressé à l'international, surtout à l'Afrique francophone, tout au long de sa carrière. Par exemple, ses fonctions de vice-président à l'Agence universitaire de la Francophonie (anciennement AUPELF-UREF), l'ont souvent amené en Afrique. Auparavant, à titre de doyen de la Faculté des arts, il a aussi visité plusieurs universités africaines. Maintenant libéré de responsabilités fort exigeantes et le hasard aidant, il choisit de s'engager à fond dans des projets de partenariats en Afrique, particulièrement en santé. « Depuis longtemps, je souhaitais m'occuper de projets en Afrique. Je voulais faire quelque chose de concret, avec une incidence directe sur les populations. » « Au moment de quitter mes fonctions de recteur, poursuit-il, j'ai pris un certain temps avant de savoir comment réorienter ma vie. Une rencontre imprévue avec le Dr Don Kilby, directeur des Services de santé de l'Université d'Ottawa, a été décisive. Ensemble, nous avons créé une sorte de fondation, l'Alliance de santé communautaire Canada-Afrique. » Le projet consiste essentiellement à envoyer des médecins et des infirmières, de l'Université d'Ottawa et de la région, dans des villages africains isolés et auprès de populations très démunies pour leur offrir des soins primaires. Il vise, en priorité, la lutte contre le VIH-SIDA. « On nous a dit, par exemple, que d'ici cinq ans, l'Afrique aura 25 millions d'orphelins à cause de cette peste des Temps modernes et que des écoles ont déjà vu leur effectif enseignant fondre du tiers », dit M. Hamelin. Le projet contribue à parfaire la formation du personnel médical local et, souligne-t-il, « à donner l'occasion à nos étudiants en sciences infirmières et en médecine de faire un stage dans un pays d'Afrique et ainsi d'être exposés aux traditions, aux manières de vivre et aux cultures locales et, peut-être, de réaliser combien nous vivons dans un milieu privilégié. » Qui dit santé parle forcément de conditions de vie. Le projet de l'Alliance englobe donc l'aménagement d'installations sanitaires et de puits pour avoir accès à de l'eau potable. Il élabore également un volet d'appui à des projets communautaires en éducation de base et dans le secteur économique. Pour appuyer le travail des professionnels de la santé, on compte envoyer des médicaments, de l'équipement médical, même des draps, des civières, des lits, des tables d'accouchement, etc. ce qui est déjà commencé. Monsieur Hamelin précise que lorsqu'on parle de médicaments, évidemment, on songe à des traitements ponctuels bien que le long terme ne soit pas exclu. Le professeur Hamelin se dit très heureux que l'Université d'Ottawa ait accepté d'abriter l'Alliance et que le projet s'insère dans un milieu universitaire. D'ailleurs, plusieurs facultés, particulièrement les Sciences de la santé et Médecine, ainsi que de nombreux services participent également à l'Alliance. « Je vois, dans une université comme la nôtre, tellement de gens et de ressources diversifiées qui peuvent s'engager dans des activités comme celles-là. Mon rêve serait d'obtenir la participation de quelques enseignants, peut-être dans le cadre de stages de six mois, et du matériel pédagogique pour mettre sur pied des écoles primaires. Des ingénieurs pourraient contribuer à l'approvisionnement en eau et ainsi de suite. » Il ajoute qu'une attention particulière est accordée à la participation communautaire : « Ce sont les gens des villages concernés, incluant des femmes et des jeunes, bien que ce ne soit pas forcément la tradition là-bas, de même que des agriculteurs ou des artisans qui définissent les priorités. » Le partenariat comprend aussi des hôpitaux, tels ceux d'Ottawa, Montfort et de Cotonou (principale ville du Bénin) et quelques dispensaires. L'ancien recteur a participé à la mission faite au Bénin avec une équipe composée de neuf personnes, dont sept infirmières et médecins. « Nous avons vu plus de 400 patients par jour. L'aspect le plus bouleversant de cette expédition a été de faire le triage : à l'ouverture des dispensaires, les lignes d'attentes pouvaient compter quelque 3 000 malades », relate M. Hamelin avec une émotion qu'il réussit mal à cacher. Mettant à profit sa riche expérience professionnelle, l'ancien recteur multiplie les contacts, suscite les collaborations de collègues et de gens qu'il connaît sans oublier de faire la chasse aux grandes et petites subventions. Saisissant l'occasion, il fait remarquer que l'Alliance peut émettre des reçus officiels. À son avis, s'il existe une solution pour l'Afrique, elle passe par les jeunes. « Je rencontre beaucoup d'étudiants africains et je leur dis l'importance de retourner chez eux, ne serait-ce que pour une partie de leur carrière, afin d'apporter de nouvelles idées et de nourrir l'espoir de changements toujours possibles. » Le professeur Hamelin poursuit également ses engagements en Amérique latine, particulièrement avec l'Organisation universitaire interaméricaine, reçoit des étudiants internationaux et continue ses recherches en histoire (la famille Joly de Lotbinière au XIXe siècle). Mais, la coopération universitaire et l'Afrique sont au cur de tous ses engagements. Les dons peuvent être acheminés à : Université d'Ottawa, Bureau de développement, Alliance de Santé Communautaire Canada-Afrique, Ottawa (Ontario) K1N 6N5. |