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Fiche d'information sur la maladie
des légionnaires

Qu'entend-on par " maladie des légionnaires "?

La maladie des légionnaires est une infection pulmonaire causée par la bactérie Legionella pneumophila, baptisée ainsi en référence à la première poussée épidémique observée en 1976, lors de l'American Legion Convention de Philadelphie. Quant au mot grec Pneumophila, il signifie "qui aime les poumons".

On connaît plus de 39 espèces de la bactérie en question, qui se déclinent en 60 sérogroupes et en nombreux sous-types. Son habitat naturel est l'eau. On peut constater sa présence dans les rivières, les lacs et les ruisseaux. Certaines espèces vivent également dans le sol.

On connaît deux formes pathologiques de la légionellose : la " fièvre de Pontiac " est la forme bénigne. Ses symptômes s'apparentent à ceux de la grippe. L'hospitalisation ne s'impose pas, et on ne diagnostique généralement pas une légionellose. Quant à la maladie des légionnaires proprement dite, elle s'accompagne de multiples symptômes et constitue une forme de pneumonie qui peut être mortelle.

Guide pour personel travaillant dans/près des tours de refroidissement

Comment contracte-t-on cette maladie et comment la dépister?

Les deux modes de transmission courants reconnus sont l'inhalation d'aérosols et l'aspiration de corps étrangers (étouffement ou toux). Dans le second cas, le réflexe épiglottique ne se fait pas, et les sécrétions buccales passent par les voies pulmonaires au lieu de gagner l'œsophage et l'estomac.

Chez les personnes qui fument ou qui souffrent d'une maladie pulmonaire, les mécanismes empêchant normalement le phénomène d'aspiration sont inhibés. Il semble à présent que ce phénomène constitue le facteur pathologique le plus courant. Il convient de noter qu'il se manifeste plus souvent chez les fumeurs et les personnes atteintes d'une infection pulmonaire que dans le reste de la population.

La période d'incubation (période au bout de laquelle les symptômes se manifestent chez les sujets infectés) est de deux à dix jours. Pendant plusieurs jours, la personne infectée peut se sentir fatiguée et affaiblie. Chez la plupart des malades hospitalisés, on note de fortes fièvres, la température pouvant dépasser 39,5 °C (103 °F). L'infection pulmonaire peut d'abord se manifester par une toux, suffisamment intense pour qu'on observe du mucus dans les crachats. Les malades souffrent souvent de douleurs gastro intestinales accompagnées de diarrhées. Nausées, vomissements et douleurs stomacales sont aussi fréquents. Les maux de tête, les douleurs musculaires ou thoraciques ainsi que l'essoufflement constituent d'autres symptômes courants. Le diagnostic est délicat, l'affection ressemblant de prime abord à un mauvais rhume. Des analyses de laboratoire particulières s'imposent; le milieu de culture préparé à partir des expectorations permet d'observer la croissance des bactéries et d'en déterminer la nature. Ce n'est qu'ensuite qu'on peut entamer le traitement. Il importe donc que les personnes exposées connaissent les symptômes et les mesures préventives à appliquer.

Quels sont les milieux pathogènes responsables de la maladie des légionnaires?

Les réseaux de distribution d'eau des grands immeubles constituent le principal milieu à risque. Il faut d'abord que l'eau soit contaminée par la bactérie (or, nous avons vu que les sources de contamination ne manquent pas). Les conditions doivent ensuite être propices au développement de l'agent infectieux; la bactérie Legionella croît dans les amibes et autres protozoaires.

Les systèmes de distribution où l'eau stagne (par exemple dans les tronçons morts ou les parties fermées du réseau), le tartre, les dépôts et les films biologiques constituent des milieux de croissance très favorables, surtout aux températures comprises entre 20 et 45 °C. Sont à incriminer notamment (la liste est loin d'être exhaustive), les installations sanitaires (réservoirs, douches et robinetterie), les refroidisseurs atmosphériques, les appareils d'oxygénothérapie, les humidificateurs, les bains tourbillons, les fontaines décoratives, les brumisateurs, les équipements de moulage par injection et même la terre de rempotage.

Les cas les plus récents

  • Espagne, octobre 2002 : sept cas - Le 17 octobre 2002, l'agence Reuters a annoncé que les autorités sanitaires espagnoles enquêtaient sur une flambée de cas de la maladie des légionnaires. Un homme est décédé. Six autres personnes ont été hospitalisées.
  • Melbourne, octobre 2002 : trois cas - Trois hommes de 54, 61 et 81 ans atteints de la maladie des légionnaires ont été hospitalisés. Des poursuites ont été envisagées contre le propriétaire d'un site industriel dont l'une des tours de refroidissement ne figurait pas sur les registres. La loi victorienne exige l'enregistrement de ces tours (source : Melbourne Herald Sun).
  • En septembre 2002, la maladie a été diagnostiquée chez cinq Britanniques qui avaient séjourné dans le même hôtel, en Belgique, au cours des dix jours précédents. L'un d'eux est décédé. Les inspecteurs belges de la santé ont inspecté les lieux, prélevé des échantillons d'eau et imposé des mesures préventives. L'hôtel demeure ouvert (source : Eurosurveillance Weekly, 3 octobre 2002. Affaire signalée par Carol Joseph, coordonnateur du projet de surveillance EWGLI, pour le Public Health Laboratory Service Communicable Disease Surveillance Centre établi à Londres, en Grande-Bretagne).
  • Melbourne, septembre 2002 : deux morts - Deux hommes de 51 et 83 ans ont contracté la maladie des légionnaires et sont décédés. Les responsables de la santé ont fait enquête (source : The Age).
  • Stavanger (Norvège), septembre 2002 : trois cas - Les 5 et 6 septembre 2002, l'infection par la bactérie Legionella a été constatée chez un résident de Sandnes âgé de 49 ans et chez un autre homme résidant à Stavanger, âgé de 55 ans [...] La nouvelle préoccupe les habitants de cette dernière localité, car une épidémie y a déjà été observée à l'été 2001. Vingt-huit cas avaient alors été diagnostiqués et sept personnes étaient décédées (source : Aftenposten).
  • Essex (G.-B.), septembre 2002 : deux cas - Au 25 septembre 2002, deux hommes atteints de la maladie des légionnaires reposaient à l'hôpital dans un état critique. Les analyses de laboratoire ont confirmé la présence de la bactérie Legionella. Les autorités sanitaires du comté ont cherché à savoir si d'autres personnes avaient pu être contaminées.

Certaines régions sont-elles plus à risque?

Non. La maladie des légionnaires n'est pas confinée à des zones géographiques particulières. Bien qu'on rapporte davantage de cas dans certaines régions, l'emplacement géographique n'y est pour presque rien. Le nombre de cas signalés dans un endroit donné pourrait refléter le niveau de sensibilisation du personnel médical et la possibilité plus ou moins grande d'effectuer des analyses de laboratoire, bien plus que le taux de contamination des réseaux de distribution d'eau. La contamination par la bactérie Legionella est généralement liée à l'état des installations des bâtiments, qui n'a rien à voir avec la situation géographique.

  • Le 10 septembre 2002, à Waterloo (Canada), on a signalé que deux travailleurs du secteur de la construction, âgés de 34 et 47 ans, se trouvaient dans un état critique. Ils avaient contracté la maladie des légionnaires une semaine auparavant. Tous deux avaient effectué des rénovations sur le toit d'un hôpital de la région de Waterloo. Le 7 septembre, une patiente de 44 ans hospitalisée dans le même établissement avait été déclarée atteinte de la maladie (source : The Record).

Comment se protéger

La meilleure protection consiste à réduire les risques autant que faire se peut, notamment :

  • En contrôlant la source de la contamination, c'est-à-dire en prenant des mesures pour empêcher la bactérie de proliférer dans les systèmes de distribution d'eau. Les mesures préventives doivent notamment porter sur la propreté de l'eau d'appoint, le traitement de l'eau (afin de limiter le développement des films biologiques), l'élimination des dépôts et du tartre, et bien sûr l'élimination des bactéries. Il faut aussi éviter que l'eau ne stagne et, pour ce faire, soit reconfigurer le réseau, soit procéder régulièrement à son nettoyage et à son entretien.
  • En prévenant la transmission de la maladie, ce qui impose d'installer dans les refroidisseurs atmosphériques des grilles et autres obstacles afin d'éviter que les travailleurs et travailleuses inhalent un air contaminé.
  • En sensibilisant les personnes qui travaillent dans des endroits à risques, afin qu'elles sachent reconnaître les signes et les symptômes de la maladie. Les personnes en congé de maladie doivent faire l'objet d'une surveillance particulière, l'objectif étant de reconnaître rapidement les éventuels symptômes de pneumonie.

Pour terminer...

Un bon entretien des équipements et l'application de mesures préventives (utilisation de biocides ou chloration des eaux de réfrigération, par exemple) permettent de réduire les risques auxquels les travailleurs et travailleuses sont exposés. Le recours à de l'équipement de protection individuelle (masque et lunettes de sécurité) par les personnes qui sont en contact avec les tours de refroidissement permet de réduire encore les risques d'exposition non seulement à la bactérie Legionella mais aussi aux produits désinfectants (biocides et chlore). Informez-vous, surveillez votre état de santé, essayez d'arrêter de fumer (la légionellose menace davantage les fumeurs) et, dans le doute, posez des questions. À l'Université, faites parvenir vos questions à safety@uottawa.ca.

Information obtenue de :

 

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Dernières modifications : 2009.11.03