Les débuts d’une aventure planétaire

Malik Ladhani, souriant, se tient dans un couloir

« Peu importe où j’aboutis, je vais rester en contact avec l’Université, j’en suis convaincu. Mes quatre années sur le campus ont eu une influence déterminante sur moi. »

– Malik Ladhani

Par Rhea Laube

Qu’il s’agisse d’aider à créer une université dans les montagnes d’Asie centrale, d’étudier le droit à Harvard ou de travailler à l’agence des Nations Unies pour les réfugiés au Moyen-Orient, Malik Ladhani (B.Sc.Soc. 2014) se prépare à une vie au service du monde.

Lorsqu’on lui demande comment tout a commencé, le diplômé évoque un discours inspirant prononcé par Son Altesse l’Aga Khan à l’Université d’Ottawa en 2012 alors que celui-ci recevait un doctorat honorifique de l’établissement. Le leader spirituel des musulmans chiites ismaéliens et président fondateur du Réseau Aga Khan de développement avait alors parlé du rôle des constitutions dans la protection des droits et la promotion de la stabilité – un sujet que Malik Ladhani étudiait dans ses cours.

« C’est à ce moment-là que le droit m’est apparu comme la meilleure façon d’explorer les droits des minorités et la protection des réfugiés, deux sujets qui me tiennent à cœur », dit le jeune homme, lui-même né de parents réfugiés qui ont fui l’Ouganda pour le Canada en 1972.  

Son diplôme en poche en 2014, Malik Ladhani a voulu enrichir son bagage d’expériences avant d’entreprendre son droit. Une pause des études, certes, mais qu’il tenait à utiliser à bon escient.


Bichkek, Kirghizistan

Le jeune homme était encore à la recherche du mandat idéal lorsqu’il a entendu parler de la création de l’Université d’Asie centrale (UCA), un projet mené par l’Aga Khan en collaboration avec les présidents du Kirghizistan, du Tadjikistan et du Kazakhstan.

Le doyen fondateur de la Faculté des arts et des sciences de l’UCA, Ariff Kachra (B.Adm. 1991, MBA 1993), est lui-même diplômé de l’Université d’Ottawa. Qu’à cela ne tienne, Malik Ladhani a dû travailler fort pour le convaincre de l’embaucher.

« Monsieur Kachra m’a avoué plus tard qu’il avait jeté le premier CV que je lui avais envoyé, car il recevait ce genre de demandes à la pelle », se souvient le diplômé, qui a néanmoins trouvé le moyen de convaincre le doyen qu’il avait les compétences et la détermination requises. Peu après la fin de ses études à l’Université d’Ottawa, l’UCA lui a offert un contrat de 10 mois à Bichkek, la capitale du Kirghizistan.

Comme associé de recherche dans l’unité chargée de créer le curriculum de la nouvelle université, Malik Ladhani a aidé à organiser des groupes de discussion avec des étudiants et des universitaires d’Asie centrale pour bien ancrer les cours de l’UCA dans les besoins de la région. Malgré les longues heures, le travail s’est avéré fort agréable grâce à une équipe hautement motivée de collègues locaux et étrangers.

« On aidait à créer une université, c’était une expérience extraordinaire – l’atmosphère était celle d’une entreprise en démarrage, dit-il. Le travail était électrisant. Nous savions qu’il pouvait changer la donne pour trois pays, jeter des ponts dans la région et permettre à des jeunes d’accéder à une instruction de calibre mondial sans avoir à s’exiler. »

Malik Ladhani, vêtu d’un casque et d’une veste de sécurité, est debout devant un bâtiment en construction.

Sur le chantier de l’Université d’Asie centrale à Naryn, au Kirghizistan.


Ottawa, Canada

L’esprit engagé de Malik Ladhani était déjà bien en évidence à l’époque où il étudiait en science politique à l’Université d’Ottawa et s’impliquait à fond sur le campus, notamment comme président de l’Ottawa Ismaili Student Association et directeur des communications de l’Association étudiante des études internationales et politiques (AEEP).  

« Ottawa, c’est vraiment unique, dit-il. La capitale offre une foule d’occasions d’apprendre dans le monde réel, et j’encourage tous les étudiants à en tirer parti au maximum, par exemple en faisant des stages au Parlement ou dans la fonction publique pour voir de près les rouages du gouvernement. »


Boston, États-Unis

Le jeune homme croit que ses diverses expériences à Ottawa ont été son passeport vers la concrétisation de son rêve : étudier le droit à Harvard. Maintenant en troisième année, il est président de la Harvard International JD Students Society et rédacteur en chef de la revue Harvard Negotiation Law Review.

En plus de suivre un large éventail de cours, dont le droit international et la défense des réfugiés, il a entrepris des projets de recherche en Inde, au Kirghizistan et en Jordanie.


Malik Ladhani se tient devant un véhicule du HCR.

Amman, Jordanie

Au terme de sa première année en droit, Malik Ladhani a reçu une bourse Chayes de l’Université Harvard pour le service public international, ce qui lui a permis de faire un stage de neuf semaines aux bureaux du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) en Jordanie.

Ici encore, son ambition et sa détermination — il a organisé lui-même son stage à grand renfort de courriels — l’ont mené à une expérience transformatrice. « Je tenais à redonner à l’organisation qui avait aidé ma famille à s’établir au Canada », dit-il.

Il a ainsi travaillé à Amman auprès de l’équipe qui évalue les dossiers des demandeurs d’asile iraquiens, en plus de participer à la réponse inter-institutions à la crise des réfugiés syriens.

« J’ai été marqué par toutes ces personnes qui persévèrent malgré l’adversité, sans perdre l’espoir d’une vie meilleure ou la foi en l’avenir, dit-il. Il y a énormément de travail très utile qui s’accomplit, mais il y a encore beaucoup à faire pour soutenir ces efforts. »

Malgré les exigences de sa dernière année en droit, Malik Ladhani donne aussi de son temps à son alma mater en siégeant au conseil des diplômés de Boston pour aider à bâtir un solide réseau de l’Université d’Ottawa dans la région.

« Peu importe où j’aboutis, je vais rester en contact avec l’Université, j’en suis convaincu. Mes quatre années sur le campus ont eu une influence déterminante sur moi. Je pense que c’est là que je me suis vraiment trouvé. »


Photo principale:
Photo par : Lorin Granger / Harvard Law School

 

Deux hommes se font face, le logo du HCR en arrière-plan.

Malik Ladhani en compagnie d’un collègue aux bureaux du HCR à Amman, en Jordanie.

 

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