Un grand bâtisseur

Former uOttawa President Marcel Hamelin stands to the left of a sign that reads ‘Hamelin Hall’.

« J’ai essayé de faire du campus un endroit où il était agréable de vivre : des espaces verts, accueillants et sécuritaires pour les piétons et la création de la Grande Allée. C’est une chose que j’aime retenir de mon travail comme recteur. »

— Marcel Hamelin

Par Nadine Saint-Amour

Le recteur émérite Marcel Hamelin est fier d’avoir vécu et contribué à l’époque exaltante pendant laquelle le campus moderne s’est bâti, tant sur le plan universitaire qu’architectural. Il a été un témoin privilégié des années 1970, période durant laquelle l’Université a connu son plus grand essor dans la foulée de l’adoption de la Loi de l’Université d’Ottawa 1965, qui a fait de notre établissement l’université moderne qu’elle est aujourd’hui et dont nous célébrons cette année le 50e anniversaire.

Dès 1968, alors qu’il n’est sur le campus que depuis deux ans, Marcel Hamelin est nommé directeur du Département d’histoire. Débute alors sa carrière d’administrateur, période fertile dont il garde le souvenir d’une époque stimulante.

« L’Université d’Ottawa, c’était encore un gros collège classique. Il y avait 5 000 étudiants, un corps professoral assez réduit, mais en même temps, il y avait de l’enthousiasme. On avait l’impression de vivre un nouveau départ avec le changement de statut. On a connu une explosion de la clientèle étudiante. Ça a été un changement extrêmement rapide, en particulier à cause de l’arrivée des femmes à l’Université et à l’ouverture envers les étudiants étrangers. »

À la même époque, il est témoin de la création de la Faculté des études supérieures, dont il a été vice-doyen de 1972 à 1974, qui a rendu possible la création de nombreux programmes de maîtrise et de doctorat et ainsi entraîné une explosion de la recherche universitaire.

Un campus en effervescence

Le campus devient vite étriqué dans les années 1970 et n’arrive plus à contenir le flot accru d’étudiants et de professeurs. Lorsqu’il est nommé doyen de la Faculté des arts en 1974, Marcel Hamelin se rend vite compte qu’il y a un manque généralisé d’espace, notamment à sa propre Faculté « qui était logée à l’époque dans une vingtaine de petites maisons, ce qui rendait difficile de recevoir des étudiants, de créer un esprit d’équipe dans les départements aussi bien qu’à la Faculté dans son ensemble », dit-il. C’est pendant son rectorat que le pavillon des Arts, situé avenue Laurier en face du pavillon Tabaret, sera finalement inauguré en 1996.

Marcel Hamelin est l’un des grands administrateurs et bâtisseurs de l’Université. À titre de recteur, poste qu’il a occupé de 1990 à 2001, il s’est soucié de maintenir et de rehausser la qualité des programmes d’études, tout en préservant le bilinguisme de notre établissement. Il a favorisé la création de plusieurs unités et programmes multidisciplinaires et, sous sa gouverne, l’Université est devenue l’une des principales universités canadiennes à forte intensité de recherche. Il insiste sur le fait que ce travail s’est effectué dans la collégialité, une valeur cardinale à ses yeux.

« Il faut engager le plus de personnes, de professeurs, de chercheurs, de vice-doyens, d’employés et de directeurs de département. Tous participent, en équipe, au changement. J’ai eu une équipe de vice-recteurs formidable. »

Pendant son rectorat, pas moins de quatre édifices importants ont été érigés, dont le pavillon D’Iorio, qui abrite les départements de Chimie et de Biologie, le Complexe résidentiel du 90, rue Université, le Complexe sportif et, bien sûr, le pavillon des Arts.

« Les constructions dépendaient de l’expansion de certains programmes comme l’EITI (maintenant l’École de SIGE) qui symbolisait le développement du génie électrique et des moyens de communication. J’ai aussi essayé de faire du campus un endroit où il était agréable de vivre : des espaces verts, un espace accueillant et sécuritaire pour les piétons et la création de la Grande Allée, l’artère qui allait donner une cohésion au campus. C’est une chose que j’aime retenir de mon travail comme recteur. »

Il trouve le pavillon Hamelin particulièrement élégant. Un ancien collègue aimait comparer le bel édifice à un château de la Loire dont le style architectural « allie la majesté médiévale à l’élégance de la Renaissance ». M. Hamelin est particulièrement fier que ce pavillon de la Faculté des arts fasse partie de l’ensemble des édifices patrimoniaux comme le pavillon Tabaret, le 100 Laurier ou encore la Salle académique, qui sont au cœur de l’histoire et de la tradition de l’Université.

Le recteur émérite se rend encore presque tous les matins au bureau qui lui est réservé dans le pavillon qui porte maintenant son nom. Cette nouvelle désignation touche beaucoup M. Hamelin qui interprète l’insigne honneur qu’on lui confère comme une reconnaissance de ses accomplissements pendant sa carrière à l’Université.

Ouvert sur le monde

Historien de formation et auteur de nombreux livres et articles sur l’histoire politique du Québec, c’est afin d’enseigner l’histoire que Marcel Hamelin est arrivé sur le campus en 1966. Il avait entrepris un mandat de deux ans, à l’invitation du directeur du Département d’histoire de l’époque, Marcel Trudel. Ce dernier avait été son professeur à l’Université Laval et son mentor également. Spécialiste des premières années du parlementarisme québécois, M. Hamelin peut se targuer d’avoir été le premier à travailler à la reconstruction des débats de l’Assemblée nationale du Québec.

Tout au long de sa carrière, il s’est intéressé à la coopération universitaire et à l’internationalisation du campus. « On vit dans un monde où les communications sont de plus en plus fréquentes et faciles, et à l’époque, je disais aux étudiants : “Attention, vous allez concurrencer d’autres personnes canadiennes qui postulent à des postes, mais de plus en plus vos concurrents seront Européens, Africains, Asiatiques…” C’est dans ce sens que l’internationalisation est devenue essentielle dans la formation des personnes. Cette internationalisation, on a voulu la poursuivre en ayant des échanges avec d’autres universités, en permettant aux étudiants de faire des échanges, et en donnant à nos programmes une dimension internationale. »

Depuis la fin de son rectorat en 2001, M. Hamelin a voyagé à maintes reprises vers le continent africain pour l’Alliance de santé communautaire Canada-Afrique, une organisation qu’il a créée de concert avec le Dr Don Kilby. Il s’agit d’une fondation d’aide humanitaire qui offre des soins de santé primaires dans des villages africains, notamment au Gabon, au Bénin, en Tanzanie et en Ouganda. En attendant de le voir retourner en Afrique, on peut croiser le recteur émérite Hamelin sur le campus où il vient lire, faire quelques recherches en histoire et rencontrer des collègues et des étudiants.

« Je m’intéresse aux étudiants africains qui parfois me demandent conseil. Favoriser l’intégration des étudiants internationaux dans notre vie universitaire est quelque chose que j’aime beaucoup faire. »

 

 

Marcel Hamelin à l’époque où il était professeur au Département d’histoire. | Marcel Hamelin when he was a professor in the Department of History in the 1960s

Marcel Hamelin à l’époque où il était professeur au Département d’histoire. Photo : Archives de l’Université d’Ottawa

 

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