L’impression 3D bientôt sur roues

Quatre étudiants portent une pancarte avec le logo de MakerSpace.

L’atelier d’impression 3D MakerSpace de la Faculté de génie sera bientôt sur roues pour aller un peu partout.

Par Kyle Bournes

Tout est parti d’une histoire touchante qui a retenu l’attention des médias nationaux.

En mars dernier, Sebastian Chavarria, un garçon de 6 ans atteint depuis la naissance de nombreux troubles de santé ayant provoqué la déformation partielle de sa main gauche, a reçu une nouvelle prothèse « Iron Man » personnalisée conçue par deux étudiants en génie de deuxième année. La main « Mark II » a été produite grâce aux imprimantes 3D de l’Atelier MakerSpace de l’Université d’Ottawa.

Et la popularité de l’atelier a été si grande – plus de 1 500 personnes ont utilisé ses imprimantes 3D, ses numériseurs, ses découpes au laser et ses microcontrôleurs de type Arduino – que la Faculté de génie prévoit agrandir l’espace et lancer Maker Mobile, l’atelier itinérant de l’Université d’Ottawa.

Lors de l’ouverture officielle de MakerSpace pendant la Semaine de l’entrepreneuriat de l’Université d’Ottawa en novembre dernier, les organisateurs ont lancé le Défi de conception prothétique, où les participants devaient créer une nouvelle prothèse pour Sebastian. Le garçon avait besoin d’une main, et une prothèse classique aurait coûté 20 000 $ par année. Auparavant, il avait bel et bien profité d’une prothèse imprimée en 3D offerte par Enabling the Future, un réseau international de personnes de divers horizons professionnels qui contribuent à fournir ou à fabriquer des prothèses partout dans le monde. La prothèse de Sebastian avait toutefois besoin d’un travail d’adaptation, et ses parents avaient peur qu’il allait bientôt devenir trop grand pour elle.

Les responsables de MakerSpace ont organisé des ateliers périodiques pour orienter les 73 équipes inscrites pendant toute la durée du concours en plus de leur donner accès aux imprimantes 3D et aux filaments. Et c’est Sebastian lui-même qui a choisi la prothèse gagnante conçue par Robert Rayson et Shannon Lee, qui ont remporté le premier prix de 1 000 $. Le gagnant du deuxième prix, Ruben Fernandez, a lui aussi reçu 1 000 $, sa création présentant certaines caractéristiques que le garçon a adorées. Le père de Sebastian, Enrique, est très heureux pour son petit « Iron Man ». Grâce à l’impression 3D, ce n’est plus une question de coût, mais de temps qui limite l’acquisition d’une nouvelle main prothétique, comme l’a précisé Enrique. Les prothèses classiques peuvent coûter aussi cher qu’une nouvelle voiture, tandis qu’une prothèse imprimée en 3D coûte de 20 $ à 50 $ à produire. Comme le dit Enrique, « il y a un côté cool à cela. Mon fils a une main fonctionnelle, mais comme elle a l’air d’une main de robot, il se sent comme un super héros ».

L’intérieur du Maker Mobile, dans lequel se trouvent des ordinateurs portables et des imprimantes 3D.

Le Maker Mobile se déplacera un peu partout avec de l’équipement – comme des imprimantes 3D et des découpes au laser. L’équipe proposera des activités d’apprentissage dans les écoles, les bibliothèques et les centres communautaires.

Actuellement, l’organisme étudiant Aventures en génie et en sciences et l’atelier MakerSpace travaillent de concert pour étendre les programmes de sensibilisation de la Faculté de génie et mettre à la disposition des écoles et des communautés les outils et les technologies de MakerSpace. Dirigé par une équipe d’étudiants en génie et en informatique, le Maker Mobile de l’Université d’Ottawa se déplacera un peu partout avec de l’équipement – comme des imprimantes 3D, des numériseurs, des découpes au laser et des microcontrôleurs de type Arduino –, et ce, à temps plein dès septembre 2015. L’équipe proposera aussi des activités d’apprentissage pratiques et amusantes intégrant les technologies les plus récentes. Ces activités seront offertes dans les écoles, les bibliothèques et les centres communautaires de la région en complément du curriculum scolaire. Il sera même possible de réserver le Maker Mobile pour des fêtes d’anniversaire. Bien plus amusant que les clowns et les magiciens, non? Imaginez : les enfants pourront rapporter des cadeaux-surprises qu’ils auront créés eux-mêmes!

Décidément, le mouvement du « faites-le vous-même » a le vent en poupe à l’Université d’Ottawa! L’Atelier MakerSpace, qui a ouvert ses portes sans tambour ni trompette en septembre dernier avant son dévoilement officiel, est rapidement devenu un endroit très prisé sur le campus. Tous sont invités à venir y laisser aller leur créativité. Dans l’article « À vos marques, prêts, créez » de l’édition de septembre du magazine Tabaret, on y décrivait l’atelier Makerspace et ce qu’il allait devenir. Le projet aurait pu être tiré du film Jusqu’au bout du rêve : « Si tu le bâtis, ils viendront », qu’on y disait. Eh bien, ils sont venus en grand nombre!

En effet, l’atelier MakerSpace a engendré une nouvelle sous-culture sur le campus en rassemblant des gens provenant de tous les horizons, de l’Université et de la vaste région de la capitale nationale, dans une optique de création qui, dans bien des cas, change la vie des gens.

Ce projet sera appuyé par une équipe de sensibilisation à temps plein que la Faculté de génie pourra mobiliser pour ses initiatives de recrutement et ses programmes de sensibilisation. Pour citer la professeure Hanan Anis, « nous voulons voir les enfants sortir du Maker Mobile de l’Université d’Ottawa débordant du même enthousiasme que s’ils couraient après le camion de crème glacée dans la rue ».

Demeurez à l’affût des dernières nouvelles sur le Maker Mobile de l’Université d’Ottawa et ne le manquez pas près de chez vous à l’automne!

Photo principale :
(De gauche à droit) Hamza Shafique, Kanwal Bhatia, Junyi Dai et Onkar Chander. Photo : Bonnie Findley

Sebastian Chavarria place son poing contre sa nouvelle prothèse, fabriquée au moyen d’imprimantes 3D.

Sebastian Chavarria avec sa nouvelle prothèse, personnalisée conçue par deux étudiants en génie. Photo : Bonnie Findley

 

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