Dialogue et polémiques

Les universités sont construites sur la prémisse suivante : pour que le savoir se constitue et progresse, les idées doivent circuler librement, s’affronter avec le moins d’entraves possible, être débattues sur la place publique.

C’est ainsi que, à tout moment, sur notre campus, des individus, des associations, des unités scolaires présentent des débats, sous forme de cours, conférences, colloques, congrès, voire de simples discussions impromptues, où des opinions quelquefois impopulaires, voire scandaleuses pour certains, sont présentées.

Le fait que ces idées circulent sur notre campus n’indique pas que l’Université les cautionne, les endosse, ou même les reconnaisse comme valables. Le fait que l’Université, par l’une ou l’autre de ses constituantes (faculté ou service) verse des subventions globales aux associations étudiantes ou aux unités scolaires qui organisent la présentation de ces débats, ne doit pas non plus être interprété comme une caution ou un appui quelconque pour telle ou telle activité spécifique.

Tout simplement, l’Université souhaite que les membres de sa communauté organisent des débats d’idées, et elle veut qu’ils le fassent, en toute liberté. Elle exige seulement que ces activités ne fassent pas la promotion de positions interdites par les lois du pays (racisme, violence, haine), que le débat respecte les règles de l’échange intellectuel (respect des autres, règles de bienséance et décorum), et que la sécurité des participants soit assurée.

Il arrive que des membres de notre communauté interne ou externe fassent pression pour que l’Université interdise une activité, sous prétexte que le conférencier ou l’intervenant  présente une position répréhensible. Si les idées ne sont pas illégales, l’Université n’interviendra pas, à moins qu’il soit démontré que la sécurité des participants (conférencier, organisateurs, public) peut être menacée.

En temps normal, l’Université n’interviendra pas, pour les raisons énoncées ci-dessus, tenant à la nature propre des universités; mais elle n’interviendra pas aussi pour des raisons plus pragmatiques. D’abord, parce qu’interdire l’activité détourne l’attention qui ne portera plus sur les idées elles-mêmes qui auraient été présentées, mais sur l’interdiction, voire sur la perception d’une répression intellectuelle exercée par l’Université. De cette façon, des idées répréhensibles prennent le cachet de victimes de la répression et gagnent des sympathisants, indépendamment de leur valeur intrinsèque. Ensuite parce que les universités savent que la meilleure façon de réduire l’impact des idées répréhensibles, c’est de leur permettre de s’exposer au grand jour, où leurs déficiences se révèlent rapidement. Finalement, parce que les idées boiteuses doivent être combattues par des idées plus valables. La meilleure façon de réagir à une activité douteuse, c’est d’y aller pour poser des questions et interpeller le conférencier. Ou encore d’organiser une autre activité, qui présenterait une position plus convaincante sur le plan intellectuel.

C’est dans le respect de tels principes que les universités occidentales sont devenues les lieux intellectuels dynamiques que l’on connaît, et qu’elles sont, pour notre plus grand bien collectif, parmi les agents et les défenseurs les plus actifs de la démocratie, de la liberté d’expression et du développement des connaissances.

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Dernières modifications : 2009.08.06