L’interdisciplinarité à l’Université d’Ottawa
À la retraite annuelle des doyens et du comité d’administration, en décembre 2001, il a été décidé de créer un groupe de travail pour étudier la question de l’interdisciplinarité à l’Université d’Ottawa et produire un document de réflexion sur la vision, la cohérence, les objectifs, la pertinence et la gouvernance des programmes et des initiatives interdisciplinaires.
Le groupe de travail, présidé par Susan Mann, a remis un rapport qui peut être consulté en ligne. Les recommandations qui suivent ont été approuvées par le Sénat à sa réunion du 7 avril 2003.
Le Comité de planification scolaire, dans ses discussions, a pris acte des éléments suivants et les propose comme encadrement conceptuel des recommandations :
- Le rapport Mann vise l’interdisciplinarité comme projet, c’est-à-dire intention qu’on souhaite réaliser, et cherche à donner un cadre institutionnel à l’ensemble des activités interdisciplinaires futures, tant dans l’enseignement que dans la recherche.
- «L’Université d’Ottawa est une université à large vocation. Elle offre un large éventail d’excellents programmes de 1er cycle, d’études supérieures et de programmes professionnels. Ce milieu est propice à l’épanouissement de projets interdisciplinaires particulièrement novateurs.» (Source: Les paramètres qui définissent l’Université d’Ottawa, 1998).
- À cet effet, il importe à l’Université de faire en sorte que différentes instances, clairement identifiées, aient le mandat d’encadrer les activités interdisciplinaires existantes ou souhaitées et d’en faire, d’une part, la gestion et, d’autre part, la promotion.
- Il importe également à l’Université de faire des efforts pour assurer aux initiatives interdisciplinaires approuvées des ressources adéquates.
- Il importe que les noyaux disciplinaires actuels, sources d’excellence, ne soient pas mis en cause: l’interdisciplinarité doit être promue comme complément aux forces actuelles.
- Il existe présentement des programmes dont l’orientation est intrinsèquement interdisciplinaire mais dont l’interdisciplinarité s’est concrétisée dans des structures départementales ou facultaires au cours des années; ces sphères d’activités doivent être préservées et enrichies.
- Les centres et les instituts de recherche sont les instruments tout désignés pour la conduite de la recherche interdisciplinaire.
RECOMMANDATIONS SUR L’INTERDISCIPLINARITÉ
À L’UNIVERSITÉ D’OTTAWA
I. ENCADRER LES ACTIVITÉS INTERDISCIPLINAIRES
- Que l’Université manifeste clairement son intérêt à promouvoir et à faciliter les activités interdisciplinaires en confiant, à cette fin, un mandat officiel de responsabilité aux vice-recteurs (études et recherche), aux vice-recteurs associés (études et recherche), aux doyens / doyennes et vice-doyens / vice-doyennes (programmes et recherche).
- Que la communauté universitaire soit tenue au courant du progrès accompli en interdisciplinarité par voie d’un rapport annuel au Sénat des vice-recteurs (études et recherche), et de comptes rendus des doyens associés au niveau des facultés.
- Que les vice-doyens / vice-doyennes (programmes et recherche) et la bibliothécaire en chef, individuellement et collectivement, agissent comme catalyseurs et «solutionneurs» de problèmes en matière d’interdisciplinarité.
- Que des axes de développement périodiquement réévalués soient un instrument majeur pour promouvoir la recherche interdisciplinaire.
- Que l’Université continue de promouvoir la recherche interdisciplinaire structurée au moyen d’instituts et de centres et qu’elle assure la qualité et la visibilité de ceux-ci.
- Que les unités scolaires qui collaborent aux programmes d’enseignement interdisciplinaires ainsi qu’aux instituts et centres de recherche définissent formellement leur engagement continu en ce sens.
- Que la direction administrative de tout programme interdisciplinaire soit confiée à au moins une faculté.
- Que chaque programme interdisciplinaire soit doté d’un comité de programme actif dont le fonctionnement est régi par des lignes de conduite officielles.
- Que chaque programme interdisciplinaire (ou groupe de programmes) ait une conseillère / un conseiller pédagogique attitré, en tenant compte des paramètres du projet Connexions.
- Que les fonctions d’un directeur / d’une directrice de programme interdisciplinaire s’apparentent à celles de son homologue départemental sur les plans suivants : – le pouvoir de faire des recommandations en matière d’embauche, de permanence et de promotion, et – le pouvoir de recommander les cours à offrir, le tout en accord avec la convention collective.
- Que les différents partenaires au sein de l’Université stimulent le sentiment d’appartenance chez les étudiantes et étudiants des programmes interdisciplinaires.
II. ÉLARGIR L’ACTIVITÉ INTERDISCIPLINAIRE
- Que des cours interdisciplinaires particuliers (au moins deux disciplines) soient élaborés comme cours à option dans tous les programmes et que les étudiantes / étudiants soient encouragés à inclure certains de ces cours dans leur propre programme.
- Que la Faculté des études supérieures et postdoctorales facilite la formation interdisciplinaire personnelle au sein des programmes existants.
- Que la Faculté des études supérieures et postdoctorales encourage les centres à participer à l’élaboration de programmes d’études supérieures.
- Que l’Université songe à lancer une spécialisation interdisciplinaire de premier cycle à l’intention d’étudiantes et d’étudiants bilingues et motivés, triés sur le volet (y compris des étudiantes et étudiants étrangers) qui souhaitent acquérir une formation interdisciplinaire générale au baccalauréat en prévision, par exemple, d’une carrière dans le secteur public ou les organismes internationaux. Un tel programme devrait être à l’image de l’Université d’Ottawa, allier et optimiser ses forces, produire des diplômées et diplômés reconnus pour leur capacité d’analyser les problématiques mondiales sous divers angles. Le programme et ses étudiants et étudiantes pourraient «habiter» un collège virtuel ou réel (Collège Bytown?) qui pourrait être la pierre d’angle d’un éventuel Collège d’études interdisciplinaires à l’Université d’Ottawa.
III. INVESTIR FINANCIÈREMENT DANS L’INTERDISCIPLINARITÉ
- Que l’essor de l’enseignement et de la recherche interdisciplinaires compte parmi les critères d’attribution des chaires de recherche de l’Université.
- Que l’Université et ses facultés ajoutent de nouveaux postes professoraux voués à la fois à un programme interdisciplinaire et à un programme disciplinaire, afin de donner aux facultés aussi une part d’initiative en interdisciplinarité; que l’on fasse du recrutement ciblé pour ces postes à double vocation et que cette double vocation ou collaboration soit définie dans le contrat d’engagement.
- Que l’Université crée un fonds de développement
des programmes interdisciplinaires qui lui permettra :
- de former le corps professoral à l’enseignement interdisciplinaire;
- d’élaborer des programmes et des cours interdisciplinaires;
- d’inviter des experts en interdisciplinarité (Schneider, Newell, Klein, Browne, etc.);
- de créer des « ateliers supérieurs » (sur le modèle de la University of Chicago) et peut-être comme prolongement de l’actuelle Conférence interdisciplinaire annuelle de l’Association des étudiant(e)s diplômé(e)s.
- Que l’Université augmente sa contribution aux initiatives de collaboration interfacultaire de recherche concertée et qu’une partie de cette somme soit affectée à des subventions de démarrage pour la préparation d’importantes demandes de subvention de recherche interdisciplinaire à des organismes externes.
- Que l’Université récompense le travail interdisciplinaire en décernant des prix (peut-être dans le cadre des prix d’excellence en éducation) pour les réalisations remarquables en interdisciplinarité (enseignement, recherche, conception de programme, rédaction de thèse, etc.)
- Qu’un nouveau prix soit créé pour récompenser le groupe qui s’est démarqué en matière d’interdisciplinarité.
- Que les besoins actuels et prévisibles en matière de programmes et de recherches interdisciplinaires fassent aussi partie intégrante, dès le départ, de la planification et de la conception de tout nouveau pavillon et de tout projet de rénovation d’immeuble à l’Université d’Ottawa.
IV. RÉSOUDRE LES QUESTIONS PRATIQUES
- Pour faciliter la collaboration entre les unités qui participent à un programme interdisciplinaire, l’Université devrait revoir la répartition des unités de revenu de base (URB) entre « corridor » et « enseignement » pour les programmes interdisciplinaires.
- Que les facultés reconnaissent comme il se doit la collaboration hors faculté à la direction de thèse et à la recherche relativement à la personne, à son unité scolaire et à l’administration des subventions.
- Que l’attribution de locaux tienne compte
- des besoins des programmes et travaux de recherche interdisciplinaires actuels;
- du potentiel d’essor de l’interdisciplinarité que présente le rapprochement physique non traditionnel de certains groupes et de certaines unités.
- Que les intérêts de l’interdisciplinarité soient pour l’Université un élément motivateur de plus dans ses efforts constants pour harmoniser les exigences des programmes d’études, les règlements et les méthodes, de sorte à les réduire et les simplifier le plus possible pour ainsi favoriser une plus grande souplesse entre facultés et programmes.
- Que la convention collective soit révisée de sorte à
- prévoir des chaires et des affectations interfacultaires pour les membres du corps professoral qui désirent être rattachés officiellement à deux facultés;
- reconnaître la nature et les exigences de l’interdisciplinarité dans les décisions touchant l’engagement, l’évaluation, la promotion et la permanence.
