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Lhistoire des femmes racontée par les
femmes
par Susan Hickman
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Lorna McLean et Sharon
Anne Cook
Faculté déducation |
Information savante et populaire
L'HISTOIRE DES FEMMES abonde danecdotes
racontant le travail quune multitude dentre elles ont
réalisé dans lombre alors que dautres
ont vu leur nom faire les manchettes. Les deux groupes méritent
notre attention et notre compréhension.
Cest le message que Sharon Anne Cook transmet dans son ouvrage
Framing Our Past, un volume de près de 500 pages
qui analyse les expériences des Canadiennes au cours du 20e siècle.
Cette collection dinformations que Cook et ses collègues
éditrices, Lorna R. McLean et Kate ORourke, ont puisées
essentiellement dans les archives comprend les observations de chercheurs
indépendants, darchivistes, de conservateurs, détudiants
et de citoyens ainsi que dhistoriens. Parce quil renferme
aussi bien les textes de nouveaux écrivains que les discours
déminents professeurs, les éditrices comparent
louvrage à une « symphonie de voix féminines,
superposées, chacune différente de lautre, pourtant
souvent en harmonie dans le temps et lespace ».
À lorigine conçu comme un projet du millénaire,
le lancement officiel de Framing Our Past a eu lieu en juin 2001,
après six années de travail. Selon Cook, professeure
et ex-directrice du Teacher Education Program de la Faculté
déducation, le projet avait pour objectif de présenter
des documents, des journaux, des affiches, des photos et des lettres
rédigés par et au sujet des femmes du 20e
siècle au Canada.
Cook admet avoir rédigé cet ouvrage dans le but également
dencourager les lecteurs et les lectrices à comprendre
limportance historique de documents semblables en leur possession,
qui pourraient très bien être la genèse dune
documentation plus abondante sur les expériences des femmes.
Les éditrices sattendent aussi à ce que Framing
Our Past devienne un ouvrage de référence au niveau
des études de premier cycle, peut-être même des
études secondaires. Leur ultime espoir est que ce type de
publication, qui allie les histoires populaires aux textes érudits,
trouvera preneur chez quiconque sintéresse à
lhistoire ou à lhistoire des femmes.
Alison Prentice, professeure émérite à lUniversité
de Toronto et professeure adjointe à lUniversité
de Victoria, écrit dans la préface du livre que les
historiens universitaires ont des préjugés contre
les écrivains qui racontent lhistoire populaire. Cette
« ligne problématique qui sépare les professionnels
des amateurs parmi les historiens », affirme Prentice, « est en partie respon-sable du sentiment quon avait que les
femmes ne contribuaient pas vraiment à lédification
des archives historiques du Canada ou quelles ne pouvaient
pas être historiennes ». Framing Our Past, dit-elle,
fait valoir la nécessité de publier des ouvrages bien
fouillés et bien écrits, dans un style plus populaire
à lintention du grand public.
Cook admet que la tentative quelle faisait pour jeter un pont
entre ces deux mondes a été une source de préoccupation
dès le début du projet. « Le milieu universitaire
et le milieu de lhistoire populaire perdent tous les deux
au change parce quils ignorent tout lun de lautre ».
Une foule de documents de nature archivistique nont pas la
place quils méritent dans la presse populaire, fait-elle
remarquer. « Nous avons voulu que les gens puissent en prendre
connaissance. Et la plupart de ces documents sont toujours dans
les greniers des maisons ».
De plus, les noms de gens très talentueux qui racontent lhistoire
des femmes reviennent sans cesse. « Il y a toujours de la
place pour des points de vue différents. Un projet comme
le nôtre tente de puiser dans les ressources de la communauté
en général, et davantage que narrive à
le faire le milieu universitaire ».
Lorna McLean, professeure adjointe à la Faculté déducation
de lUniversité dOttawa, ajoute que lapproche
se devait dêtre innovatrice.
« Il fallait dabord et avant tout relier les essais
aux documents darchives, explique-t-elle. « Et nous
voulions aussi mettre en lumière les dossiers historiques
dans les archives publiques, et créer en même temps
un document archivistique par lintermédiaire de lhistoire
orale. »
Le livre comprend quelque 250 images, coordonnées principalement
par larchiviste Kate ORourke des Archives publiques
de lOntario. Ces images mettent en valeur les différents
thèmes traités dans louvrage et rendent celui-ci
plus attrayant sur le plan visuel. Elles servent aussi de vignettes
ce que McLean appelle « un essai format visuel »
qui illustrent diverses façons dont les femmes ont
contribué à des activités comme le sport.
Pour situer dans un contexte la somme colossale dinformations
quelles avaient réunies, les éditrices ont invité
six historiennes à rédiger un texte dintroduction
pour chacun des six chapitres du livre. Les textes servent de guides
ou de repères pour chaque section.
La division du texte en six parties na pas été
une tâche facile, explique Cook. McLean et elle, qui avaient
travaillé principalement à partir de documents écrits,
ont été renversées par la quantité dhistoires
orales transmises dans le cadre des entrevues et des anecdotes familiaux.
« Lhistoire orale, suggère Cook, semble être
une source dinformation sur les rapports entre les femmes
et les façons quelles choisissent de raconter leurs
histoires. Il faut un interviewer chevronné et quelquun
qui connaît le contexte historique pour relever ces histoires
et expériences importantes des femmes, de celles tout particu-lièrement
qui ont vécu dans « lobscurité »
ce sont souvent les plus intéressantes ».
McLean attribue le succès du livre au financement et au soutien
essentiels du fond du millénaire du gouvernement fédéral,
du Programme des études canadiennes du ministère du
Patrimoine canadien, des Facultés déducation
et des arts de lUniversité dOttawa, de lInstitut
détudes canadiennes et de lInstitut détudes
des femmes. « Nous ny serions pas arrivées autrement ».
Cook est consciente des problèmes qui se posent encore quand
il sagit de faire de la recherche sur les femmes. « Nous cultivons des idées au sujet des femmes qui sont démodées.
Nous avons tous vécu dans un cadre familial quelconque, où
une femme, quelque part, vaquait à ses affaires en silence.
Nous croyons savoir ce que font les femmes, mais en fait nous nen
savons rien. Nous avons tendance à sous-estimer tout ce qui
est chose courante comme on le fait dans le système
de léducation ça nous empêche de
voir clair et plus loin. »
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