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LUniversité dOttawa dirige la
campagne en faveur dun établissement de calibre international
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Christian Detellier
Doyen, Faculté des sciences |
L'UNIVERSITÉ D'OTTAWA est le
maître duvre dune initiative devant permettre
aux chercheurs canadiens de demeurer à lavant-garde
dune des technologies danalyse les plus utiles et polyvalentes
jamais conçues. Grâce aux efforts concertés
du doyen de la Faculté des sciences, Christian Detellier,
de ses collègues du Conseil national de recherches du Canada
et des autres universités partout au Canada, un site sur
le campus du CNRC (chemin Montréal) accueillera lun
des centres dimagerie par résonance magnétique
nucléaire les plus puissants au monde.
LInstallation nationale de résonance magnétique
nucléaire de létat solide à très
haut champ résulte de la collaboration de plus dune
vingtaine de chercheurs associés à 19 établissements
denseignement dans huit provinces et de chercheurs du secteur
privé qui entretiennent des rapports de travail étroits
avec ces établissements. Grâce à la subvention
de 4,4 millions de dollars que lui a accordée la Fondation
canadienne pour linnovation lannonce a été
faite à la fin de janvier ce consortium dispose maintenant
de près de 12 millions de dollars pour construire un
établissement qui abritera une technologie de pointe.
« Nous voulons construire des installations pour le Canada
que les provinces nont pas les moyens de soffrir »,
précise Detellier, qui a consacré les dernières
années à élaborer une proposition concrète
à lintention de ses collègues de partout au
pays. « La demande de financement a été présentée
à la FCI en partenariat avec le CNRC, au nom de la communauté
des utilisateurs de la technologie de RMN ».
Dans le cadre de ses propres travaux de chimie, Detellier a fait
appel régulièrement à la RMN et il sait à
quel point cette technologie a évolué au cours des
vingt dernières années. Lune des premières
machines dont il sest servi utilisait un champ magnétique
oscillant à une fréquence de 60 MHz. Le centre
que lon prévoit construire permettra une fréquence
doscillation de 900 MHz.
Lécart est dimportance. La RMN consiste à
plonger un échantillon du matériau étudié
dans un champ magnétique statique puis à lexposer
au champ magnétique oscillant. Sous laction du champ
magnétique, les noyaux atomiques du matériau émettent
un signal unique qui permet didentifier les structures moléculaires.
Plus le champ magnétique est puissant, plus le signal induit
fournira de linformation à lutilisateur.
« Vous serez capable détablir les caractéristiques
du matériau beaucoup plus facilement », signale Detellier,
en ajoutant que cette perspective ravit tout particulièrement
quiconque a tenté de soumettre des solides à la RMN.
« Jusquà tout récemment, cétait
une expérience extrêmement complexe et lon arrivait
très difficilement à en tirer des informations. »
Pourtant, un nombre toujours plus grand de recherches portent sur
de nouveaux matériaux solides dont on ne sait à peu
près rien. Par exemple, les scientifiques conti-nuent de
chercher des alliages composés déléments
particuliers susceptibles dêtre des supraconducteurs
lorsquils sont exposés à de fortes températures.
Non seulement cette découverte aurait dimportantes
applications dans lindustrie mais elle pourrait aussi expliquer
ce phénomène physique insaisissable.
On pourrait penser que la création de matériaux semblables
constitue le plus gros obstacle à lélucidation
de ce mystère, mais le problème est encore plus simple.
« Ce qui est le plus difficile avec le développement
de nouveaux matériaux, ce nest pas de les synthétiser
mais de les caractériser » affirme Detellier. « Les choses devien-nent encore plus compliquées avec les matériaux
amorphes comme les plastiques, où les vieilles techniques
comme la cristallographie par rayons X ne fournissent plus
dinformation utile. »
Un des arguments importants de la proposition en vue de létablissement
dun centre national de RMN tient à lexistence
dun édifice qui convient déjà à
ce type de technologie sur le site du CNRC. Cétait
auparavant lemplacement dun centre dimagerie par
RMN, mais les installations sont vacantes depuis deux ou trois ans.
De modestes rénovations seulement seront nécessaires
pour que les lieux puissent accueillir le nouvel équipement.
Les offres concurrentes de deux importants fabricants sont présentement
à létude et une commande doit être placée
dici la fin du printemps. Dici un an et demi, le nouvel
instrument devrait être livré et prêt à
être utilisé. Et bien quil sera situé
à Ottawa, toutes les parties intéressées, peu
importe lendroit où elles se trouvent, y auront accès.
« Lutilisation de lappareil pourrait être
contrôlée entièrement via lInternet »,
fait remarquer Detellier. « Quelquun en Alberta pourrait
mettre son échantillon dans la machine et tout contrôler
à partir de là. Cest franchement excitant. »
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