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RECHERCHE

Cabinet du vice-recteur à la recherche

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   
   


Perspectives sur la recherche


 

PRINTEMPS 2002 — Volume 5, no 2

Dans ce numéro

L'étude des loisirs est loin d'être de tout repos
Ces enfants touchés par la guerre | L'histoire des femmes racontée par les femmes
L'Université d'Ottawa dirige la campagne en faveur d'un établissement de calibre international
Publications | Personnes-ressources



Bruce McKay, Magdi Mohareb, Martin Holcik
Ces enfants touchés par la guerre
Ce n’est pas un jeu d’enfant
Myriam Denov, avec la collaboration
de deux organismes internationaux
qui se préoccupent du sort des enfants
touchés par la guerre, doit se rendre en
Sierra Leone pour étudier le problème
des enfants soldats.



Investir dans l’avenir de la recherche universitaire

par Tim Lougheed

AU COURS DES QUATRE DERNIÈRES ANNÉES, de jeunes et prometteurs chercheurs de l’Université d’Ottawa ont obtenu une subvention de la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI). L’an dernier, 11 membres du corps professoral œuvrant dans diverses disciplines, dont le génie civil et la recherche sur le cancer, ont bénéficié d’une aide financière.

Le financement accordé par la FCI représente plus de 2,2 millions de dollars, soit 40 p. 100 des fonds dont ils avaient besoin au départ pour obtenir la subvention. Avec les contributions du Fonds ontarien pour l’innovation, de l’Université et d’autres partenaires — dont des entreprises du secteur privé — les chercheurs ont obtenu au total près de 5,6 millions de dollars en financement.

« Nous sommes toujours extrêmement fiers de nos chercheurs et de leur travail », souligne Howard Alper, vice-recteur (recherche). « Ce financement des Fonds de relève et d’exploitation des infrastructures de la FCI atteste l’excellence de nos jeunes chercheurs dont les programmes de recherche sont maintenant bien établis. »

Nous faisons ici le profil de trois de ces chercheurs.

La dynamique de la mort
Le comportement des cellules nous éclaire sur bien des maladies
Martin Holcik
Martin Holcik, professeur adjoint,
Laboratoire de génétique moléculaire,
Département de pédiatrie
DES CELLULES SAINES exposées à un stress quelconque, par exemple la chaleur, les radiations ou le manque d’oxygène, réagissent entre autres par d’importantes mutations du mécanisme responsable de la production de certaines protéines essentielles à leur survie. Par contre ce mécanisme reste intact chez les cellules devenues cancéreuses qui sont exposées à des stress analogues. En fait, les cellules cancéreuses ignorent l’apoptose, ce signal biochimique qui limite habituellement la durée de vie des cellules pour préserver la santé d’un organisme.

Le rôle révélateur de la synthèse des protéines intrigue Martin Holcik, le premier de plusieurs chercheurs à se joindre à l’équipe du Centre de recherche sur l’apoptose qui a été créé récemment à l’Hôpital pour enfants de l’est de l’Ontario. Holcik s’intéresse tout particulièrement à une structure cellulaire appelée « site d’entrée interne des ribosomes », qui semble jouer un rôle clé dans la régulation des gènes contrôlant ces protéines.

« Nous voulons savoir comment cette synthèse est modulée », explique-t-il. « Ensuite, nous pourrons déterminer ce qui est peut-être le mécanisme commun. »

Holcik a obtenu une subvention de 552 000 $ du Fonds d’exploitation des infrastructures qui servira à financer l’achat des instruments dont lui et ses collègues auront besoin pour entreprendre ces travaux — entre autres un système d’électrophorèse dimensionnelle sur gel et un dispositif d’imagerie informatisée permettant de cibler des points précis sur le gel pour en faire une étude plus poussée. Avec l’aide d’autres systèmes informatiques, par exemple la chromatographie en phase liquide à haute performance et la spectroscopie de masse, le laboratoire devrait pouvoir traiter un volume important d’échantillons.

Le secteur de la recherche sur l’apoptose est prometteur aux yeux de bien des gens, ce qui explique le rythme accéléré des projets dans ce domaine. Nombreux sont ceux qui pensent qu’une meilleure compréhension des mécanismes qui conservent les cellules en vie ou provoquent prématurément leur décès a d’importantes répercussions sur les moyens dont nous disposons pour traiter diverses formes de cancers, des maladies auto-immunes et des affections dégénératives du système nerveux. Holcik partage cet optimisme qu’alimente la croissance de la masse critique de chercheurs qui se penchent sur ces questions.

« Cette infrastructure régionale nous aidera à demeurer à l’avant-garde de la recherche dans ce secteur et à y rester en recrutant dans nos rangs les meilleurs nouveaux chercheurs », affirme Holcik.

Les deux volets de la même question
La recherche sur les protéines révèle d’étroits rapports entre les mécanismes du décès et de la survie
Bruce McKay
Bruce McKay, professeur adjoint,
Département de radiologie
LORSQUE LES MOLÉCULES d’ADN d’une cellule sont altérées par un agent extérieur, un système de réparation intervient et arrive parfois à souder de nouveau ces protéines vitales de sorte que la vie puisse reprendre à peu de choses près comme avant. Ce processus est contrôlé par une protéine qu’on appelle p53 et qui est associée à un mécanisme biochimique très différent — celui de la genèse de l’apoptose, qui est la réaction menant à la mort cellulaire. Ce contraste avait quelque chose d’irrésistiblement attrayant qui a éveillé la curiosité de Bruce McKay.

« Pendant des années, je me suis demandé comment une protéine peut contribuer à la mort des cellules et les protéger tout à la fois » affirme le professeur adjoint au Département de radiologie de la Faculté de médecine, dont le laboratoire se trouve au Centre régional de cancérologie d’Ottawa sur le campus général de l’Hôpital d’Ottawa. « J’ai voulu savoir quels types de variables créent chacun de ces rôles ».

McKay peut maintenant répondre à ces questions et fournir des précisions sans précédent grâce à une subvention de 516 000 $ du Fonds d’exploitation des infrastructures, qui lui a permis de se procurer quelques-unes des pièces d’instrumentation les plus perfectionnées au monde. Parmi les acquisitions les plus importantes, il y a un lecteur de jeux ordonnés de microéchantillons capable de sonder simultanément l’expression de pratiquement tous les gènes humains. McKay compte également équiper son laboratoire d’un système de microdissection assistée par laser permettant d’isoler les cellules qui présentent un intérêt. Une amplification en chaîne par polymérase en temps réel peut ensuite produire des milliards de copies d’une séquence d’ADN dans une de ces cellules et ce, en moins d’une heure.

McKay compte consacrer la majeure partie de son temps à explorer le large spectre des comportements de la protéine p53 à l’aide de cette instrumentation, plus spécifiquement la façon dont les mutations de cette protéine affectent son rapport avec l’apoptose. Le cancer, qui survient quand les cellules refusent de mourir, pourrait résulter d’une de ces mutations. Ce qui pourrait être le cas aussi d’un changement qui altère la capacité d’une cellule de réparer les dommages qui induisent ce type de mutations. Dans un cas comme dans l’autre, le fruit des recherches pourrait suggérer un moyen de traiter quelques-uns de nos problèmes médicaux les plus épineux.

« Comme il y a mutation de la protéine p53 dans la plupart des cancers, nous espérons concevoir de nouvelles stratégies thérapeutiques qui tirent profit de cette dysfonction, » déclare McKay.

Voir les pipelines canadiens d’un autre œil
Magdi Mohareb
Magdi Mohareb, professeur adjoint,
Département de génie civil
LE CANADA EST RICHE, très riche en ressources énergétiques et pour les développer, il faut pouvoir les commercialiser. Le secteur des pipelines a donc mis en place un vaste réseau de canalisations pour faciliter le transport du pétrole et du gaz naturel depuis quelques-unes des régions les plus isolées au nord vers les centres plus peuplés du sud.

À bien des égards, les pipelines sont construits de la même façon depuis des dizaines d’années. On a tout de même actualisé les normes plus récentes pour s’assurer que le réseau est le plus sûr et efficace que possible. Le professeur de génie civil Magdi Mohareb fait partie de ceux qui explorent les perspectives nouvelles quant à l’utilisation des pipelines au Canada.

« Les normes dans ce secteur ont été largement modifiées en 1996 pour que les ingénieurs puissent tirer meilleur profit des capacités des matériaux utilisés dans la construction des pipelines, dit-il. Ce qui nous intéresse, ce sont de meilleures règles de conception. »

Par exemple, si des études réalisées il y a longtemps démontrent qu’un pipeline peut résister à une force de 100 kilonewtons compte tenu d’un ensemble de circonstances, la recherche actuelle peut révéler qu’un pipeline est capable de résister à une force atteignant 130 kilonewtons. Sachant cela, nous pourrions soumettre le pipeline à de plus lourdes charges sans pour autant compromettre la fiabilité du système.

« Ces principes conceptuels demeurent très peu développés », déclare Mohareb. Entre-temps, il a obtenu une subvention de 478 000 $ du Fonds d’exploita-tion des infrastructures pour financer une partie de l’équipement nécessaire à la réalisation du projet.

La liste des pièces d’équipement que la subvention permettra d’acheter est longue et comprend entre autres de fragiles capteurs pour détecter les déformations et les tensions lors des tests de résistance des matériaux des pipelines, ainsi que de solides vérins hydrauliques pour obtenir les déformations et les tensions voulues. Figure également sur la liste des postes de travail informatisés ultramodernes et un logiciel d’analyse sophistiqué qui simulent la réaction de tuyaux soumis à des charges, simulées elles aussi avec une précision inégalée.

« Avec quelques essais-repères bien conçus et beaucoup d’analyse, nous pouvons prédire avec fiabilité la réaction d’un pipeline sans avoir à faire d’autres tests », affirme-t-il.

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Commentaires ou questions d'ordre technique ? Dernières modifications: 2003.05.30