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Ce nest pas
un jeu denfant
Myriam Denov, avec la collaboration
de deux organismes internationaux
qui se préoccupent du sort des enfants
touchés par la guerre, doit se rendre en
Sierra Leone pour étudier le problème
des enfants soldats. |
Investir dans lavenir de la recherche
universitaire
par Tim Lougheed
AU COURS DES QUATRE DERNIÈRES ANNÉES,
de jeunes et prometteurs chercheurs de lUniversité
dOttawa ont obtenu une subvention de la Fondation canadienne
pour linnovation (FCI). Lan dernier, 11 membres du corps
professoral uvrant dans diverses disciplines, dont le génie
civil et la recherche sur le cancer, ont bénéficié
dune aide financière.
Le financement accordé par la FCI représente plus
de 2,2 millions de dollars, soit 40 p. 100 des fonds
dont ils avaient besoin au départ pour obtenir la subvention.
Avec les contributions du Fonds ontarien pour linnovation,
de lUniversité et dautres partenaires
dont des entreprises du secteur privé les chercheurs
ont obtenu au total près de 5,6 millions de dollars en financement.
« Nous sommes toujours extrêmement fiers de nos chercheurs
et de leur travail », souligne Howard Alper, vice-recteur
(recherche). « Ce financement des Fonds de relève et
dexploitation des infrastructures de la FCI atteste lexcellence
de nos jeunes chercheurs dont les programmes de recherche sont maintenant
bien établis. »
Nous faisons ici le profil de trois de ces chercheurs.
La
dynamique de la mort
Le comportement des cellules nous éclaire
sur bien des maladies |

Martin Holcik,
professeur adjoint,
Laboratoire de génétique moléculaire,
Département de pédiatrie |
DES CELLULES
SAINES exposées à un stress quelconque,
par exemple la chaleur, les radiations ou le manque doxygène,
réagissent entre autres par dimportantes mutations
du mécanisme responsable de la production de certaines
protéines essentielles à leur survie. Par contre
ce mécanisme reste intact chez les cellules devenues
cancéreuses qui sont exposées à des stress
analogues. En fait, les cellules cancéreuses ignorent
lapoptose, ce signal biochimique qui limite habituellement
la durée de vie des cellules pour préserver la
santé dun organisme.
Le rôle révélateur de la synthèse
des protéines intrigue Martin Holcik, le premier de plusieurs
chercheurs à se joindre à léquipe
du Centre de recherche sur lapoptose qui a été
créé récemment à lHôpital
pour enfants de lest de lOntario. Holcik sintéresse
tout particulièrement à une structure cellulaire
appelée « site dentrée interne des
ribosomes », qui semble jouer un rôle clé
dans la régulation des gènes contrôlant
ces protéines.
« Nous voulons savoir comment cette synthèse est
modulée », explique-t-il. « Ensuite, nous
pourrons déterminer ce qui est peut-être le mécanisme
commun. »
Holcik a obtenu une subvention de 552 000 $ du Fonds
dexploitation des infrastructures qui servira à
financer lachat des instruments dont lui et ses collègues
auront besoin pour entreprendre ces travaux entre autres
un système délectrophorèse dimensionnelle
sur gel et un dispositif dimagerie informatisée
permettant de cibler des points précis sur le gel pour
en faire une étude plus poussée. Avec laide
dautres systèmes informatiques, par exemple la
chromatographie en phase liquide à haute performance
et la spectroscopie de masse, le laboratoire devrait pouvoir
traiter un volume important déchantillons.
Le secteur de la recherche sur lapoptose est prometteur
aux yeux de bien des gens, ce qui explique le rythme accéléré
des projets dans ce domaine. Nombreux sont ceux qui pensent
quune meilleure compréhension des mécanismes
qui conservent les cellules en vie ou provoquent prématurément
leur décès a dimportantes répercussions
sur les moyens dont nous disposons pour traiter diverses formes
de cancers, des maladies auto-immunes et des affections dégénératives
du système nerveux. Holcik partage cet optimisme qualimente
la croissance de la masse critique de chercheurs qui se penchent
sur ces questions.
« Cette infrastructure régionale nous aidera à
demeurer à lavant-garde de la recherche dans ce
secteur et à y rester en recrutant dans nos rangs les
meilleurs nouveaux chercheurs », affirme Holcik. |
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Les
deux volets de la même question
La recherche sur les protéines
révèle détroits rapports entre les
mécanismes du décès et de la survie |

Bruce McKay,
professeur adjoint,
Département de radiologie |
LORSQUE LES MOLÉCULES
dADN dune cellule sont altérées par
un agent extérieur, un système de réparation
intervient et arrive parfois à souder de nouveau ces
protéines vitales de sorte que la vie puisse reprendre
à peu de choses près comme avant. Ce processus
est contrôlé par une protéine quon
appelle p53 et qui est associée à un mécanisme
biochimique très différent celui de la
genèse de lapoptose, qui est la réaction
menant à la mort cellulaire. Ce contraste avait quelque
chose dirrésistiblement attrayant qui a éveillé
la curiosité de Bruce McKay.
« Pendant des années, je me suis demandé
comment une protéine peut contribuer à la mort
des cellules et les protéger tout à la fois »
affirme le professeur adjoint au Département de radiologie
de la Faculté de médecine, dont le laboratoire
se trouve au Centre régional de cancérologie dOttawa
sur le campus général de lHôpital
dOttawa. « Jai voulu savoir quels types de
variables créent chacun de ces rôles ».
McKay peut maintenant répondre à ces questions
et fournir des précisions sans précédent
grâce à une subvention de 516 000 $ du
Fonds dexploitation des infrastructures, qui lui a permis
de se procurer quelques-unes des pièces dinstrumentation
les plus perfectionnées au monde. Parmi les acquisitions
les plus importantes, il y a un lecteur de jeux ordonnés
de microéchantillons capable de sonder simultanément
lexpression de pratiquement tous les gènes humains.
McKay compte également équiper son laboratoire
dun système de microdissection assistée
par laser permettant disoler les cellules qui présentent
un intérêt. Une amplification en chaîne par
polymérase en temps réel peut ensuite produire
des milliards de copies dune séquence dADN
dans une de ces cellules et ce, en moins dune heure.
McKay compte consacrer la majeure partie de son temps à
explorer le large spectre des comportements de la protéine p53
à laide de cette instrumentation, plus spécifiquement
la façon dont les mutations de cette protéine
affectent son rapport avec lapoptose. Le cancer, qui survient
quand les cellules refusent de mourir, pourrait résulter
dune de ces mutations. Ce qui pourrait être le cas
aussi dun changement qui altère la capacité
dune cellule de réparer les dommages qui induisent
ce type de mutations. Dans un cas comme dans lautre, le
fruit des recherches pourrait suggérer un moyen de traiter
quelques-uns de nos problèmes médicaux les plus
épineux.
« Comme il y a mutation de la protéine p53
dans la plupart des cancers, nous espérons concevoir
de nouvelles stratégies thérapeutiques qui tirent
profit de cette dysfonction, » déclare McKay. |
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| Voir
les pipelines canadiens dun autre il |

Magdi Mohareb,
professeur adjoint,
Département de génie civil |
LE CANADA EST RICHE,
très riche en ressources énergétiques et
pour les développer, il faut pouvoir les commercialiser.
Le secteur des pipelines a donc mis en place un vaste réseau
de canalisations pour faciliter le transport du pétrole
et du gaz naturel depuis quelques-unes des régions les
plus isolées au nord vers les centres plus peuplés
du sud.
À bien des égards, les pipelines sont construits
de la même façon depuis des dizaines dannées.
On a tout de même actualisé les normes plus récentes
pour sassurer que le réseau est le plus sûr
et efficace que possible. Le professeur de génie civil
Magdi Mohareb fait partie de ceux qui explorent les perspectives
nouvelles quant à lutilisation des pipelines au
Canada.
« Les normes dans ce secteur ont été largement
modifiées en 1996 pour que les ingénieurs puissent
tirer meilleur profit des capacités des matériaux
utilisés dans la construction des pipelines, dit-il.
Ce qui nous intéresse, ce sont de meilleures règles
de conception. »
Par exemple, si des études réalisées il
y a longtemps démontrent quun pipeline peut résister
à une force de 100 kilonewtons compte tenu dun
ensemble de circonstances, la recherche actuelle peut révéler
quun pipeline est capable de résister à
une force atteignant 130 kilonewtons. Sachant cela, nous
pourrions soumettre le pipeline à de plus lourdes charges
sans pour autant compromettre la fiabilité du système.
« Ces principes conceptuels demeurent très peu
développés », déclare Mohareb. Entre-temps,
il a obtenu une subvention de 478 000 $ du Fonds dexploita-tion
des infrastructures pour financer une partie de léquipement
nécessaire à la réalisation du projet.
La liste des pièces déquipement que la subvention
permettra dacheter est longue et comprend entre autres
de fragiles capteurs pour détecter les déformations
et les tensions lors des tests de résistance des matériaux
des pipelines, ainsi que de solides vérins hydrauliques
pour obtenir les déformations et les tensions voulues.
Figure également sur la liste des postes de travail informatisés
ultramodernes et un logiciel danalyse sophistiqué
qui simulent la réaction de tuyaux soumis à des
charges, simulées elles aussi avec une précision
inégalée.
« Avec quelques essais-repères bien conçus
et beaucoup danalyse, nous pouvons prédire avec
fiabilité la réaction dun pipeline sans
avoir à faire dautres tests », affirme-t-il. |
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