La recette d’un régime santé

Des légumes frais à toutes les latitudes

Corey Ellis et ses coéquipiers d’Enactus uOttawa font croître deux entreprises permettant aux membres de collectivités inuites isolées et aux résidents de déserts alimentaires urbains de s’alimenter sainement.

Le menu du projet Growcer est copieux : lutter contre l’insécurité alimentaire dans le Nord canadien, intégrer des produits frais dans les mets traditionnels inuits et créer des emplois pour la population locale. Un autre projet, Sprout, consiste à mettre en place des oasis dans les déserts alimentaires urbains partout au pays en garnissant de fruits et de légumes à prix modiques les dépanneurs des quartiers défavorisés, où les choix santé sont rares.

Corey Ellis, étudiant de quatrième année à l’École de gestion Telfer, est impliqué dans ces deux entreprises visant un accès élargi aux produits abordables. Les projets concoctés par Enactus uOttawa mettent habituellement la barre haute. N’empêche : la centaine de membres de ce club universitaire, qui adopte une approche commerciale pour résoudre des problèmes sociaux, s’attardent également à des enjeux pragmatiques tels que l’autonomie et la durabilité.

Le projet Growcer est né à la suite d’un voyage à Iqaluit l’an dernier. Corey Ellis et trois de ses collègues, qui animaient un atelier sur l’entrepreneuriat, ont constaté le coût exorbitant de la nourriture dans cette région et les problèmes de santé qui en découlent. En effet, les résidents du Nunavut déboursent en moyenne deux fois plus que le reste de la population canadienne pour leur alimentation, et 60 % des enfants vivent dans des foyers où règne l’insécurité alimentaire. Le peu de produits qui se rendent jusqu’aux familles sont rarement frais.

Le jeune homme et ses camarades ont alors évoqué la possibilité selon laquelle les collectivités pourraient éviter les longues chaînes d’approvisionnement en cultivant leurs propres légumes toute l’année dans des systèmes agricoles à haut rendement. « Nous voulions fournir aux résidents un outil pour faire pousser leur propre nourriture et les affranchir des importations aux coûts faramineux », explique-t-il.

À l’été 2016, Corey Ellis et la gestionnaire de projets de Growcer, Alida Burke, étudiante de troisième année en comptabilité, se classaient lors du concours annuel Garage Démarrage. Ils ont ainsi profité de la période d'entraînement de trois mois qui fournit à une douzaine de jeunes entreprises prometteuses l’argent, l’espace et le mentorat nécessaires pour démarrer.

Le projet Growcer compte parmi ses partenaires une petite entreprise de l’Alaska qui rénove des conteneurs maritimes isolés de douze mètres à l’aide d’un système hydroponique hors sol capable de faire pousser trois tonnes de nourriture annuellement. Corey Ellis souhaite que d’ici un an, trois conteneurs soient installés dans les collectivités nordiques.

« Nous proposons aussi de la formation et des emplois », souligne l’étudiant. Des partenaires locaux comme les écoles et les abris pour hommes offrent en effet des emplois liés à l’entretien des conteneurs Growcer, à l’utilisation de la nourriture et à la vente des surplus. Les chefs locaux adapteront la cuisine inuite traditionnelle pour y inclure des produits dont les ingrédients seront vendus en magasin accompagnés d’une recette.

Mais l’amélioration du régime alimentaire n’est pas une problématique exclusive aux régions nordiques. Corey Ellis travaille également au projet Sprout, ce réfrigérateur rempli d’aliments santé emballés pour les dépanneurs situés dans les zones urbaines pauvres en produits frais et abordables. Au magasin Remac, près de l’Université, des paniers Sprout remplis d’ingrédients, secs ou frais, permettant de préparer rapidement un repas santé, est un projet pilote qui récolte déjà du succès.

Sprout a d’ailleurs reçu un des prix décernés par l’organisme Awesome Ottawa en plus de gagner des alliés précieux, comme Santé publique Ottawa et l’Association canadienne des dépanneurs en alimentation, qui aimeraient voir appliquer ce modèle dans tout le pays.

Corey Ellis et son équipe surveillent les occasions d’implanter leur modèle agricole plus près de chez nous. Si vous voyez, sur les toits du campus, des conteneurs maritimes débordant de produits frais pour la salle à manger 24/7, vous saurez qui remercier!

En 2015, l’Université d’Ottawa a lancé la campagne Défier les conventions, dont l’objectif est de 400 millions de dollars, pour recueillir des fonds à l’appui des priorités de chaque faculté. Cette campagne aidera l’Université à recruter les meilleurs candidats et à les retenir, et à enrichir l’expérience étudiante. Les dons serviront également à financer des projets d’immobilisations innovateurs.

Une femme et un homme portant un manteau d’hiver se tiennent devant une murale montrant un ours polaire et deux hiboux prenant leur envol.

La gestionnaire du projet Growcer, Alida Burke, et le président d’Enactus uOttawa, Corey Ellis, à Iqaluit.

Gros plan des mains d’un homme tenant deux fiches de recettes et un sachet d’assaisonnements.

Fonds Enactus uOttawa

Les donateurs qui contribuent 500 $ et plus sont membres de la Société Tabaret

Appuyer le club étudiant Enactus de l'Université d'Ottawa et ses activités à l’École de gestion Telfer.

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