Du laboratoire au chevet des patients

L’étudiante Daria Kolmogorova se sert d’un microscope sous l’oeil bienveillant de la professeure Nafissa Ismail.
Briser les vases clos pour affronter la démence

Des étudiants acquièrent une expérience pratique inestimable au sein de l’initiative Les partenaires pour la mémoire visant à améliorer la recherche, l’enseignement et les soins liés à un impératif urgent en santé.

La doctorante Daria Kolmogorova se souvient du moment précis qui a renforcé sa détermination à comprendre les causes et la progression de la perte de mémoire et de la démence. Un homme atteint de troubles cognitifs et son épouse lui avaient parlé des répercussions de la maladie sur leur vie.

« Touchante et encourageante, leur histoire soulignait tout de même des problèmes que doivent affronter les patients souffrant de démence et leurs proches aidants : en somme, il leur faut apprendre à s’adapter à une version différente de la personne atteinte », explique l’étudiante, en quatrième année de doctorat en psychologie clinique. « Cet échange m’a inspirée à poursuivre mes travaux dans le but d’aider des personnes comme lui. »

La conversation émouvante avec le couple s’est tenue au cours d’un atelier rendu possible par le projet de recherche Les partenaires pour la mémoire, une collaboration entre l’Institut de recherche sur le cerveau de l’Université d’Ottawa et l’Institut de recherche Bruyère. Ce premier contact de Daria Kolmogorova avec des personnes directement frappées par les problèmes qu’elle étudie est un exemple du décloisonnement facilité par l’initiative de collaboration.

Trop souvent, les chercheurs en recherche fondamentale travaillent dans l’isolement, affirme la professeure Nafissa Ismail, superviseure de Daria et directrice du laboratoire NISE de l’Université d’Ottawa. Éloignés des patients et des effets des maladies qu’ils étudient, les chercheurs n’obtiennent pas les perspectives cliniques nécessaires pour transmettre les connaissances du laboratoire au chevet du patient. 

Grâce au projet Les partenaires pour la mémoire, de nouvelles pistes de recherche se sont ouvertes pour la professeure et son étudiante. Travaillant auparavant au niveau cellulaire et avec des modèles murins (souris), elles peuvent aujourd’hui accéder à des installations pour faire avancer leurs recherches. Elles profitent aussi de collègues, d’équipement et de l’accès aux patients pour combler des lacunes en recherche. En fait, plus de 100 chercheurs, cliniciens-chercheurs et stagiaires pourront dorénavant en tirer les mêmes bénéfices.

Daria Ismail et Nafissa Kolmogorova étudient les effets du stress et de l’inflammation sur le cerveau pendant la puberté et leurs liens avec les troubles cognitifs survenant plus tard dans la vie. Elles examinent également comment les hommes et les femmes réagissent à l’inflammation et au stress.

La collaboration élargie avec des chercheurs à Bruyère et à l’Hôpital Royal Ottawa permet aux chercheurs de l’Université d’avoir accès à des patients et de l’équipement d’imagerie. Ensemble, les membres des équipes de recherche analysent les résultats d’imagerie cérébrale et les questionnaires des patients afin de cerner les liens entre la maladie ou le stress durant la puberté et le déclin cognitif pouvant manifester plus tard. Ce partenariat enrichit ainsi les données à long terme validant les résultats du laboratoire NISE sur les êtres humains.

Selon la professeure Ismail, le projet Les partenaires pour la mémoire, englobant des dizaines de projets de recherche aux deux établissements, stimulera la découverte de nouveaux traitements et de moyens pour venir en aide aux personnes atteintes de démence.

« Le temps presse. Il nous faut rassembler toutes nos connaissances pour comprendre la mémoire et la cognition, et enfin trouver des traitements du déclin cognitif », ajoute-t-elle.

Selon Heidi Sveistrup, présidente-directrice générale et conseillère scientifique en chef intérimaire de l’Institut de recherche Bruyère, la perte de mémoire et la démence sont des enjeux qui nous touchent tous. Plus de 550 000 personnes au Canada sont atteintes de démence, et plus de 25 000 en reçoivent le diagnostic chaque année. le projet Les partenaires pour la mémoire contribuera à accélérer la recherche essentielle en ce domaine.

« Je suis très heureuse de l’officialisation de cette entente avec l’Université d’Ottawa », déclare Heidi Sveistrup. « Nos deux établissements ont d’excellents chercheurs scientifiques — en fait, nous multiplions la science par deux. »

Le Dr Frank Knoefel, médecin et clinicien scientifique à Bruyère, est enthousiaste à l’idée d’aider des étudiants comme Daria Kolmogorova à appliquer leur recherche dans un contexte réel.

« Nous aimons faire participer à nos recherches des étudiants qui n’ont pas souvent la chance de côtoyer des personnes âgées. Il s’agit vraiment de changer la vie de personnes réelles. »

Votre appui au projet Les partenaires pour la mémoire augmentera les possibilités offertes aux étudiants de participer à l’avancement de découvertes en recherche et aux traitements de patients atteints de démence.


En 2015, l’Université d’Ottawa a lancé la campagne Défier les conventions, dont l’objectif est de 400 millions de dollars, pour recueillir des fonds à l’appui des priorités de chaque faculté. Cette campagne aidera l’Université à recruter les meilleurs candidats et à les retenir, ainsi qu’à enrichir l’expérience étudiante. Les dons serviront également à financer des projets d’immobilisations innovateurs.

Dr Frank Knoefel debout dans un couloir de l’Institut de recherche Bruyère.

Le Dr Frank Knoefel de l’Institut de recherche Bruyère : « Nous aimons faire participer à nos recherches des étudiants qui n’ont pas souvent la chance de côtoyer des personnes âgées. » Photo principale : La doctorante Daria Kolmogorova et la professeure Nafissa Ismail.

 

Fonds de développement de l'Institut de recherche sur le cerveau de l'Université d'Ottawa

Les donateurs qui contribuent 500 $ et plus sont membres de la Société Tabaret

Votre aide permettra d’appuyer des recherches visant à exploiter les pouvoirs de guérison du cerveau et à améliorer la qualité de vie des patients.

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