Donner une seconde vie aux déchets

Moussa Thiam place un échantillon de ciment dans une machine d’essai de compression
Du ciment à base de plastique recyclé

Le doctorant Moussa Thiam met au point un nouveau type de ciment, à la fois écologique, léger et économique.

Exploiter les déchets du Mali, une région où les initiatives de recyclage sont pratiquement inexistantes : c’est le pari qu’a fait Moussa Thiam, doctorant en génie civil à l’Université d’Ottawa. Après quelques années d’études et d’expérimentations, il est sur le point d’y arriver.

« Je vivais dans un quartier populaire de Bamako, la capitale du Mali, lorsqu’un dépôt de transit de déchets a ouvert ses portes. Des altercations ont éclaté entre la population et les autorités locales, car les résidents s’opposaient à l’ouverture de ces installations dans leur quartier. Dès lors, j’ai voulu trouver une façon d’utiliser les déchets comme matière première dans un contexte local. »

L’étudiant malien a mis au point un nouveau type de matériau de construction dans lequel sont incorporés du sable, du gravier et des déchets de plastique récupérés.

Le matériau possède plusieurs des caractéristiques du ciment traditionnel, mais en plus léger, ce qui permet d’imaginer des utilisations variées. « On peut très bien concevoir la fabrication de pavé flexible pour des routes secondaires par exemple, ou encore des dalles de toilettes publiques », soutient l’étudiant.

Le processus de fabrication est par ailleurs moins polluant. Puisqu’il ne nécessite pas de cuisson à une température aussi élevée que le ciment conventionnel, les émissions de gaz à effets de serre sont moins importantes.

Outre son aspect écologique, le ciment de Moussa Thiam coûte 15 % moins cher à produire que le ciment traditionnel.

À l’heure actuelle, des prototypes sont testés en laboratoire à l’Université d’Ottawa ainsi qu’au Mali, où l’étudiant se rend une fois l’an pour poursuivre ses recherches. L’un de ses objectifs consiste à élargir les possibilités à l’échelle internationale et sous divers climats. Selon lui, la commercialisation pourra démarrer dès 2018.

D’ailleurs, le projet de Moussa Thiam suscite déjà l’intérêt : il a remporté le premier prix au forum international Next Einstein Forum (NEF) en 2016. Cet événement met en valeur la contribution des scientifiques africains en matière de développement mondial.

Le gouvernement du Mali a pour sa part manifesté son intention de recouvrir des routes du pays avec ce matériau, et l’Université de Bamako pourrait s’en servir pour paver une partie de sa cour.

Aidez les étudiants de la Faculté de génie qui, comme Moussa Thiam, cherchent à concrétiser leurs idées novatrices.

En 2015, l’Université d’Ottawa a lancé la campagne Défier les conventions, dont l’objectif est de 400 millions de dollars, pour recueillir des fonds à l’appui des priorités de chaque faculté. Cette campagne aidera l’Université à recruter les meilleurs candidats et à les retenir, ainsi qu’à enrichir l’expérience étudiante. Les dons serviront également à financer des projets d’immobilisations innovateurs.

Moussa Thiam, vêtu d’un sarrau de laboratoire, tient un échantillon de ciment entre ses mains

Voyez Moussa Thiam en pleine présentation de son projet lors de l’édition 2017 du concours Ma thèse en 180 secondes qu’il a remporté à l’Université d’Ottawa.

Bourses d'études supérieures de la Faculté de génie

Les donateurs qui contribuent 500 $ et plus sont membres de la Société Tabaret

Décerner des bourses aux étudiants et étudiantes des cycles supérieurs à la Faculté de génie.

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