Vers une prospérité inclusive au Canada: dynamiser les agences et l'industrie autochtones

Publié le mardi 17 octobre 2017

Auteur : Kim Scott

Associé principal, NVision Insight Group
Directrice, Kishk Anaquot Health Research

Les visions autochtones du monde ont une pertinence plus contemporaine que jamais. Si nous avons besoin de preuves que les humains sont de la terre, regardez seulement le tissage des bassins versants à travers les muscles de la terre à partir de trente mille pieds, les veines d'une feuille, puis vos propres vaisseaux sanguins ou réseaux neuronaux.

La Terre ne nous appartient pas, nous y appartenons. C'est la différence essentielle entre les visions occidentales et autochtones qui sont au cœur de notre crise climatique. Les rudes réalités d'une vision du monde où nous croyons posséder la terre et les ressources arrivent à un arrêt brutal. Dans le discours populaire, il est connu comme le changement climatique, en réalité, il est la survie des espèces. Les climats changent et les sous-ensembles d'espèces sur Terre avec eux.

Mais nos économies sont guidées par une vision du monde de la propriété foncière et notre dépendance à l'égard des industries extractives, en particulier l'industrie des combustibles fossiles, est stupéfiante. Réconcilier cette réalité avec les engagements canadiens sur le climat est le défi de notre temps. Bien que notre désir de se tourner vers les sources d'énergie renouvelables soit fort, notre capacité à changer demandera une créativité réfléchie. L'Agence internationale de l'énergie a toujours sous-estimé l'utilisation des énergies renouvelables et la rapidité de la transition mondiale. La production d'électricité distribuée augmente à un rythme vertigineux, ce qui remet en question la plupart des hypothèses sous-jacentes sur la valeur à long terme de l'infrastructure de transport.

La prise de décisions en matière d'énergie au Canada est encore compliquée par le fait que la politique énergétique est générée par diverses méthodes à divers niveaux de gouvernement créant une incohérence politique importante et une attente injuste des régulateurs pour résoudre les dilemmes politiques qui contamine à tort une fonction réglementaire et compromet la confiance du public.

Au fur et à mesure que notre prise de décision en matière d'énergie évolue, notre imagination doit également déterminer qui peut et doit tirer profit. À aucun moment de l'histoire humaine, il n'y a eu un plus grand fossé entre les riches et les pauvres. Pour parvenir à une prospérité inclusive, la transition énergétique du Canada doit nous éloigner des modèles centralisés de profit et de profit en faveur de la production d'électricité distribuée et de la prospérité grâce à la propriété communautaire. Il a été clair dans le discours populaire au cours de la dernière décennie que personne n'est intéressé à remplacer Big Oil par Big Hydro. L'amplification des marchés réservés à la production d'énergie appartenant à la communauté élimine le NIMBYisme et jette les bases pour la localisation d'autres biens et services, et surtout la production alimentaire. L'électricité appartenant à la communauté produit trois fois plus d'avantages pour les économies locales que les systèmes appartenant à des personnes absentes. Pour les leaders autochtones en énergie renouvelable au Canada, des modèles de gouvernance énergétique émergent pour mieux répondre à la production d'énergie distribuée, à une plus grande démocratie énergétique et à une meilleure sécurité énergétique grâce à une variété d'organisations non gouvernementales et de partenariats. La puissance du soleil, du vent et de l'eau nous libère des limites d'un modèle d'importation pour répondre à nos besoins de survie. Certaines communautés autochtones ont plus d'un milliard de dollars d'actifs d'énergie renouvelable et un taux de chômage nul en raison de leurs investissements dans la production d'électricité appartenant à la communauté.

Les gouvernements ont l'habitude de réglementer les marchés et, sans une connaissance généralisée des subventions gouvernementales pour diverses sources d'énergie et modèles d'affaires, y compris des sources d'énergie renouvelables distribuées, les Canadiens pourraient ne jamais savoir avec quelle rapidité nos gouvernements pourraient soutenir une production d'électricité plus localisée. Au-delà de la facilité de suivre les subventions gouvernementales, les coûts de la contamination de l'eau et des terres par les déversements ainsi que les coûts humains des substances nocives en suspension dans l'air et des phénomènes météorologiques extrêmes ne sont pas correctement intégrés. En bref, le bilan n'est pas calculé avec précision et notre analyse coûts-avantages des différentes sources d'énergie et des modèles économiques est mal informée à cause de cela.

De même, les coûts liés à l'utilisation d'un modèle d'importation pour répondre à tous les besoins humains de survie et d'expression culturelle n'ont pas été clairement estimés. Si nous pouvions seulement prendre en compte les coûts d'importation de toute la nourriture, des médicaments, de l'énergie et de l'expertise pour desservir les collectivités éloignées et isolées du Canada, les investissements dans l'énergie communautaire sembleraient peu coûteux en comparaison. Si l'équité demeure un principe du nationalisme canadien, les communautés éloignées et isolées qui ont historiquement le moins de sécurité énergétique doivent être les premiers bénéficiaires des investissements canadiens dans l'infrastructure verte. Parce que l'énergie est fondamentale pour le développement humain, nous avons l'obligation de commencer par la mise en place, à l'échelle nationale, de la propriété du pouvoir des communautés autochtones en tant que plate-forme de réconciliation économique et sociale.

Enfin, au lieu d'explorer comment le savoir autochtone peut être mieux intégré dans la prise de décisions en matière d'énergie, le Canada doit découvrir une représentation autochtone plus significative dans le processus décisionnel énergétique et reconnaître l'agence inhérente à tout développement au Canada, Déclaration sur les droits des peuples autochtones, les traités et notre Constitution. Une plus grande représentation des visions du monde indigène et des connaissances qui soutiennent une relation à la terre dirigerait nos objectifs de développement vers la durabilité en faisant progresser notre place légitime dans le monde naturel. Parce que, finalement, la Terre n'est pas la nôtre et n'a pas besoin de nous. Plutôt nous appartenons à la Terre. Avec une bonne intendance et des économies localisées, la Terre peut et doit subvenir à tous nos besoins humains de survie et d'expression culturelle

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