Solutions globales pour livrer le tout

Publié le mardi 10 décembre 2019

Auteur : Shannon Joseph

Shannon Joseph

Vice-présidente des relations gouvernementales
Canadian Association of Petroleum Producers (CAPP)

Le 2 décembre, Énergie positive a organisé un débat au Château Laurier, intitulé Solutions globales ou solutions locales : L'avenir de l'énergie au Canada. L’avenir énergétique du Canada sera-t-il dominé par des systèmes centralisés à grande échelle ou par des systèmes démocratiques plus locales? Nous avons adapté les remarques d'ouverture de chaque intervenant pour cette série de quatre postes de blog.

Je crois que les trois problèmes que nous essayons de résoudre simultanément en allant avec des solutions globales ou locales sont :

  1. S'assurer que le système énergétique est résilient pour que les gens aient une énergie sûre et fiable
  2. Garantir aux gens une énergie abordable
  3. Poursuite du leadership environnemental, y compris la réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre

Je crois que les solutions proposées par les solutions locales ne sont pas à la hauteur de ces trois tâches, au pays ou à l'étranger.

Nous avons besoin d'une énergie fiable et résiliente qui ne manque pas

Le Canada est un pays froid et géographiquement dispersé dans lequel des millions de personnes vivent confortablement parce que nous avons des systèmes énergétiques diversifiés et résilients qui sont disponibles 24 heures par jour, 365 jours par an.

Aujourd’hui, le mix énergétique fiable du Canada comprend un peu plus de 70% de combustibles fossiles, 20% d’électricité et environ 9% d’autres. Cela alimente notre agriculture commerciale, nos principaux processus industriels pour l'acier et le ciment, les besoins commerciaux et institutionnels et la vie de plus de 36 millions de Canadiens qui comptent toujours sur la lumière, la chaleur, le réfrigérateur et le véhicule.

Étant donné que notre système Go Big actuel est un mélange de nombreuses formes d'énergie à grande échelle, le Canada est résilient aux défaillances - lors d'une tempête de verglas à Ottawa, par exemple. L'alimentation peut tomber en panne mais le gaz continuera de fonctionner (et empêchera les maisons de geler) ou vice versa.

Il résiste également à la croissance. Aujourd'hui, Internet absorbe 10% de la demande mondiale d'électricité, à l'avenir il y aura d'autres nouvelles demandes - comme les voitures électriques - que nous ne pouvons pas facilement prédire. De plus, la population du Canada augmente, nous accueillons 300 000 nouveaux Canadiens par an et ils ont tous besoin d’une énergie fiable.

Il existe des limites à l'adaptabilité des systèmes des solutions locales qui sont principalement distribués, intermittents et, dans certains cas, uniquement électriques. Pour gérer cela, les solutions locales ont besoin de devenir grand. Aujourd'hui, les « grands » systèmes énergétiques sont ce qui permet de répondre aux besoins énergétiques de manière transparente, tout en garantissant l'abordabilité.

Aujourd'hui, la grande énergie répond de manière fiable et rentable aux besoins énergétiques

Les 15 millions de Canadiens qui vivent au Québec, en Colombie-Britannique et au Manitoba tirent plus de 90% de leur électricité de la principale production hydroélectrique. Dans le même temps, 50% de la Colombie-Britannique et 50% des ménages manitobains chauffent au gaz naturel.

L'Ontario, qui compte encore 15 millions d'habitants, tire plus de 60% de son électricité des grandes installations nucléaires et 26% des grandes centrales hydroélectriques. Plus de 70% des Ontariens chauffent leur maison au gaz naturel, ce qui représente un quart de la demande du Canada.

Si les solutions locales veulent prédominer à l'avenir, il devrait au moins être en mesure de répondre aux besoins en électricité d'aujourd'hui, qui représentent 20% des besoins énergétiques. Mais est-ce possible ?

Expérience de pensée:​​​​​​ ​

Pourrions-nous libérer le barrage de la baie James demain?

Pouvons-nous fermer les centrales nucléaires de l'Ontario?

Et remplacer toute cette électricité, de manière fiable et abordable pour des millions de personnes avec des systèmes Go Home? (c.-à-d. production locale, micro-réseaux, prise de décision distribuée)

La réponse est non. De nombreux petits systèmes locaux intermittents ne peuvent pas remplacer de manière fiable et rentable les principaux systèmes de base actuels. Aller au-delà pour essayer d'électrifier des choses comme le chauffage domestique est encore moins probable, à la fois en raison des besoins énergétiques plus élevés pour le chauffage et parce que le chauffage à l'électricité coûte 4 fois plus cher que le chauffage au gaz naturel. Il y aura des impacts majeurs sur l'abordabilité de l'énergie et cela nuira aux gens.

Si nous ne faisons pas ce qui fonctionne pour l'abordabilité, les gens ne le toléreront pas. Ceux qui veulent refaire le système énergétique devraient considérer ce qui s'est passé en Ontario comme un récit édifiant. Les solutions globales nous aident à obtenir la bonne fiabilité et la bonne accessibilité.

Quelle est la plus grande différence que le Canada peut faire sur les changements climatiques ?

La demande d'énergie augmente à l'échelle mondiale, surtout en Asie, et le Canada doit réfléchir à la façon dont notre énergie peut faire une différence dans la vie des gens et de l'environnement. Pouvons-nous affecter les émissions de la Chine et des États-Unis, les émetteurs n ° 1 et n ° 2 dans le monde, respectivement?

Le système électrique américain émet environ 75%. L'électricité au Canada est à 75% non émettrice. Grâce aux exportations canadiennes d'électricité à partir de grands réseaux comme de nouvelles centrales hydroélectriques ou de nouvelles centrales nucléaires, nous pouvons réduire considérablement les émissions de GES de l'émetteur n ° 2 dans le monde. Le pétrole canadien à faibles émissions peut faire une différence similaire aux États-Unis et en Asie.

La production d'électricité au charbon prévue en Chine est d'environ 220 GW, soit 1,5 fois la production annuelle totale d'électricité du Canada. Le projet de construction de charbon en Inde est de 94 GW. Le GNL canadien - le plus faible émetteur au monde - pourrait réduire considérablement la croissance des émissions en Asie et dans d'autres parties du monde. À lui seul, le projet LNG Canada pourrait générer environ 90 MT de réduction nette des émissions de GES à l'échelle mondiale. Si vous construisez huit installations équivalentes, vous pourriez réduire la croissance des émissions de la Chine par l’équivalent des émissions annuelles totales du Canada.

C'est un gros levier sur la question du changement climatique et les solutions locales ne peuvent pas le fournir.

Si le Canada veut livrer le tout, nous devons aller avec les solutions globales.

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