Pour cette nouvelle diplômée, le cancer incarne à la fois un obstacle et une source d'inspiration

Publié le lundi 28 octobre 2019

Portrait de Gabrielle Fecteau

Gabrielle Fecteau, candidate à la maîtrise en service social

Gabrielle Fecteau reçoit un diagnostic de cancer au cours de l’été 2015. Elle découvre alors qu’elle est atteinte de la maladie de Hodgkin, un cancer qui agresse le système lymphatique, la partie du corps qui intervient dans les réactions de défense de l’organisme.

Elle venait à peine de terminer sa deuxième année de baccalauréat en criminologie et en histoire à l’Université d’Ottawa et avait l’intention de poursuivre ses études en droit. Inutile de dire que le diagnostic a fait dérailler ses plans, mais l'a également mise sur une voie qu'elle considère maintenant comme sa vocation.

Une nouvelle routine

Gabrielle quitte alors Ottawa pour vivre avec ses parents à Timmins afin de recevoir des traitements de chimiothérapie. Malgré cela, elle n’ abandonne ses études pendant ses traitements, bien qu’elle se sentait psychologiquement et physiquement épuisée. Elle suit donc des cours à l’Université de Hearst, à Timmins, entrecoupés de ses visites chez son oncologue.

« Lors des traitements, mes études me servaient de distraction », dit-elle. « Dans des moments plus difficiles, je pouvais me concentrer sur mes travaux, afin de m'évader de la dure réalité où j'étais plongée à cause du cancer, même pour quelques moments. Mon but était de retourner aux études à Ottawa après mes traitements, ce qui m’a encouragée à travailler plus fort en vue de mon rétablissement. C’était pour moi une lumière au bout du tunnel. »

Une nouvelle routine installe rapidement : quatre jours de classe par semaine puis des traitements de chimiothérapie un vendredi sur deux.

« La semaine où je devais subir de la chimio était généralement ardue », explique Gabrielle. « Mais je faisais ce que je pouvais. La deuxième semaine, quand je me sentais mieux, je me rattrapais dans mes cours et me préparais pour la semaine difficile qui viendrait forcement. J’en profitais aussi pour faire des choses typiques que font les jeunes de dix-neuf ans », dit-elle en rigolant.

Revenir à soi

La vie de Gabrielle a beaucoup changé. Ses priorités et son choix de carrière aussi. Plutôt que continuer ses études en droit comme prévu, Gabrielle opte pour une maîtrise en travail social. D’ailleurs, elle sera parmi les étudiants présents à la collation des grades le 1er novembre.

« Le travail social ressemblait davantage à ce que je voulais vivre », dit Gabrielle. « Mes parents, mes amis et les professionnels de la santé que je côtoyais m’ont vraiment soutenu. Ils m’ont traité comme une personne entière et m’ont aidée à atteindre mes objectifs. C’est exactement ce que je veux redonner aux autres. C’est valorisant et tangible comme impact. »

Au cours de sa maîtrise, Gabrielle participe à des stages avec la Fondation du cancer de la région d’Ottawa, où elle fait du coaching auprès de personnes atteintes du cancer, elle a même lancé un projet pilote de coaching virtuel à Timmins.

« Le coaching permet d’identifier ce qui importe pour la personne, quelles sont ses forces et les valeurs qui pourraient lui servir de motivation, pour ensuite établir un plan qui l’aidera à atteindre ses buts », explique-t-elle. « L’idée, c’est de penser à l’avenir et de redonner du pouvoir à la personne. Avoir un cancer représente tout un bouleversement dans la vie des gens. C’est une expérience traumatisante. Il est donc important de leur montrer que leur force n'a pas disparu….elle est juste égarée momentanément. »

Un avenir prometteur

Aujourd’hui, Gabrielle travaille pour le Service d’appui au succès scolaire (SASS) de l’Université d’Ottawa, en tant que spécialiste de l’apprentissage. Elle offre des services aux étudiants en situation de handicap et met en place des mesures d’adaptation scolaire pour les aider à réussir dans leur vie scolaire. Le SASS est un service que Gabrielle connait très bien puisqu’elle y a eu recours avant de quitter pour Timmins et lors de son retour dans la capitale nationale.

« Quand les traitements de chimio se conclus, souvent les gens pensent que les épreuves aussi sont terminées… Mais ce n’est pas le cas », réfléchit Gabrielle. « Quand je suis revenue à l’Université d’Ottawa, j’avais encore des difficultés cognitives et des problèmes d’attention et j’avais besoin d’appuis. Je suis très chanceuse de recevoir du soutien de tous les côtés – de ma famille, de mes amis et aussi de mon institution. Je veux donc à mon tour aider les autres à réussir en m’assurant qu’ils aient accès à l’éducation. »

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