Les échantillons d’air expiré : l’odyssée de l’espace

Publié le vendredi 14 octobre 2016

Des milliers de kilomètres. C’est la distance qu’ont parcourue les échantillons d’air expiré récoltés à bord de la station spatiale internationale avant d’être envoyés sur Terre à des fins d’analyse. C’est cette même distance qui les sépare du Laboratoire ostéoarticulaire de recherche appliquée de l’Université d’Ottawa.

La NASA a capté en action l’astronaute américain Jeff Williams s’affairant à recueillir un échantillon d’air expiré pour l’expérience canadienne MARROW. Ces photos donnent un aperçu unique de la recherche menée par le Dr Trudel, professeur à l’Université et physiatre au Centre de réadaptation de L’Hôpital d’Ottawa, et Odette Laneuville, professeure de biologie à la Faculté des sciences et spécialiste de la biologie de la réadaptation. Leur équipe étudie la santé de la moelle osseuse de 10 astronautes pendant leur mission de six mois dans l’espace et l’année qui suit leur retour.

Ce projet examine les effets d'apesanteur sur la production par la moelle osseuse de cellules sanguines fonctionnant normalement. Les niveaux de monoxyde de carbone dans ces échantillons indiquent aux chercheurs le taux de dégradation des globules rouges du sang. L’étude a pour objectif de mieux comprendre les effets de séjours prolongés dans l’espace sur la santé de la moelle osseuse et le métabolisme des cellules sanguines, ce qui pourrait aider les patients qui restent longtemps alités et doivent entreprendre une réadaptation.

L’équipe au sol, qui a pris des échantillons de sang et aidé à recueillir des échantillons d’haleine avant le départ des astronautes, répétera l’exercice à leur retour, mais pendant le vol les astronautes doivent prendre eux-mêmes ces échantillons. Réaliser de tels prélèvements n’est pas chose facile en apesanteur. L’équipe de recherche a donc collaboré avec l’Agence spatiale canadienne, qui subventionne le projet, afin de trouver une solution à la collecte des échantillons d'air expiré.

Comme quoi, l’espace est notre ultime frontière… même pour la prise d’échantillons!

Photos : NASA

Haut de page