Entretenir la flamme après un demi-siècle de carrière en enseignement

Publié le mercredi 4 août 2021

Portrait de Geraldine Arbach dans un verger

L’année 1971 était particulièrement effervescente; le premier parc thématique de Walt Disney World ouvrait ses portes, Apollo 14 se posait sur la lune et IBM commercialisait la disquette informatique. Pour la professeure à temps partiel à l’Université d’Ottawa Geraldine (Gerry) Arbach, ce fut l’année où elle mettait les pieds pour la première fois sur le campus pour y enseigner à la Faculté des arts – un rôle qu’elle occupe encore 50 ans plus tard. Elle y enseignait alors à l’Institut des langues officielles et du bilinguisme (ILOB), qui portait à l’époque le nom d’Institut des langues vivantes. 

« Je crois que je suis une enseignante née. J’adore ce que je fais et j’ai le bien-être des gens dans ma classe à cœur », partage Geraldine Arbach qui se rappelle encore la chaleur qu’il faisait dans son local du Pavillon Simard cet été-là. 

À l’aube de ses 80 ans, la professeure Arbach n’a rien perdu de la flamme qui l’anime en salle de classe. Les témoignages de personnes ayant assisté à ses cours, d’assistant.e.s d’enseignement et de collègues le confirment, elle a accompagné d’innombrables personnes dans la réussite. 

Une longue et brillante carrière 

La professeure Arbach était dans la jeune vingtaine lorsque sa carrière d’enseignement a pris son envol. Tout juste après l’obtention de son baccalauréat à l’Université de l’Illinois à Urbana-Champaign, elle commence à y enseigner le français avant d’entreprendre ses études supérieures à l’Université de Stanford. 

En 1970, elle déménage au Canada avec son mari, Daoud Arbach, et poursuit sa carrière au sein de plusieurs établissements d’enseignement de la région, dont l’ancienne École secondaire Immaculé-Conception à Gatineau (Hull à l’époque), le CÉGEP de l’Outaouais, l’Université du Québec en Outaouais et évidemment l’Université d’Ottawa, plus précisément à l’ILOB, au département d’English et à l’École de traduction et d’interprétation.

Elle avoue n’avoir jamais imaginé mener une aussi longue carrière dans le domaine.

« Ce qui me pousse à continuer, c’est l’impression d’avoir quelque chose de précieux à offrir à mes étudiants », mentionne la professeure. « J’ai le sentiment de devoir redonner au suivant. J’ai toujours mené une bonne vie et je souhaite rendre la pareille. » 

La bienveillance et l’empathie, des valeurs indémodables

Évidemment, la réalité universitaire en 2021 est bien différente de celle d’il y a 50 ans. Celle que l’on surnomme Gerry, souvent même en salle de classe, adopte une philosophie d’enseignement qui plaît à la population étudiante et qui s’adapte à l’ère du temps. 

« Autrefois, l’enseignement était centré sur le corps professoral qui disséminait le savoir, alors que la salle de classe était perçue comme passive – elle recevait les connaissances », partage Mme Arbach. « Ce n’est plus du tout le cas aujourd’hui. La population étudiante est au cœur de l’enseignement et mon rôle est de les accompagner dans le développement de leurs compétences ».  

Il n’y a pas à dire, cela prend beaucoup d’humilité et d’ouverture pour s’adapter à un changement de paradigme aussi important. 

« Je ne me considère pas comme étant différente des étudiants, je ne suis pas sur un piédestal. J’aime discuter avec ma classe de façon informelle, faire des blagues à l’occasion et partager de mon vécu. J’ai aussi beaucoup à apprendre d’eux », précise-t-elle. 

Les personnes qui la côtoient peuvent lui parler ouvertement. Elle s’amuse d’ailleurs à dire qu’elle peut porter plusieurs chapeaux : une enseignante, une aînée respectée, une confidente, ou même une tante. 

Est-ce que la professeure Arbach prévoit de prendre sa retraite bientôt? « Tant que je pourrai enseigner, je le ferai », s’exprime-t-elle avec passion.

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