Des femmes de science de l’Université d’Ottawa prodiguent leurs conseils à la prochaine génération

Publié le mardi 9 février 2021

Deux jeunes femmes dans un laboratoire

Un jour, lorsque le monde sera plus équitable, diversifié et inclusif, les journées de sensibilisation comme la Journée internationale des femmes et des filles de science, le 11 février, ne seront peut-être plus nécessaires. D’ici là, célébrons les femmes qui ont ouvert des portes aux générations suivantes et qui inspirent celles qui envisagent de suivre leurs traces.

Pour souligner l’occasion, nous avons demandé à cinq professeures et chercheuses de dire quelques mots pour motiver les étudiantes qui désirent faire carrière en sciences. Voici ce qu’elles ont répondu.
 

Portrait de Josephine Etowa

Josephine Etowa

Professeure et titulaire de la chaire sur la prévention et la prise en charge du VIH chez les femmes noires du Réseau ontarien de traitement du VIH
École des sciences infirmières, Faculté des sciences de la santé


Les études démontrent qu’il y a peu de femmes en sciences, particulièrement de femmes noires et de femmes racisées. Et pourtant, nous représentons la moitié de la population mondiale. Les études indiquent également que ce manque de diversité nuit aux découvertes. La diversification de la communauté scientifique permettrait, en effet, de mieux tenir compte des préoccupations de l’ensemble de la population.

Lisa Manning, ardente militante de l’égalité des sexes en sciences, donne un exemple révélateur:

« Lorsque mes enfants étaient bébés, je n’étais pas satisfaite des tire-laits offerts sur le marché. Aujourd’hui, il existe d’excellents modèles créés par des ingénieures, qui elles aussi n’étaient pas satisfaites de l’offre du marché. »

Nous avons besoin de vos perspectives et de vos voix pour favoriser la diversification de la communauté scientifique mondiale. Nous avons besoin de figures féminines emblématiques, de mentores, de meneuses et de porte-étendards des sciences pour réduire les inégalités financières entre les sexes, créer de meilleurs milieux de travail et enrichir notre avenir collectif.
 

Portrait de Nafissa Ismail

Nafissa Ismail

Professeure agrégée et titulaire de la Chaire de recherche de l’Université sur le stress et la santé mentale
Directrice du laboratoire NeuroImmunologie, Stress et Endocrinologie (NISE)


Dans le monde entier, la science demeure un domaine dominé par les hommes. Des données récentes publiées par les Nations Unies indiquent que moins de 30 % de la recherche dans le monde est menée par des femmes. Et la disparité entre les sexes est encore plus grande dans certaines disciplines, comme le génie, l’informatique et les sciences physiques, où les femmes sont particulièrement sous-représentées.

Cette disparité est le résultat de nombreuses années de discrimination fondée sur le sexe et de manque de reconnaissance. Toutefois, malgré les obstacles, nombreuses sont les femmes qui ont apporté des contributions historiques à la science, nous aidant à mieux comprendre le monde qui nous entoure. L’histoire de ces femmes nous montre qu’il faut attaquer les problèmes de front.

En tant que filles et femmes en sciences, nous devrions nous renseigner sur celles qui nous ont précédées, et faire connaître leur histoire. Si un domaine particulier vous intéresse, trouvez des femmes qui y ont laissé leur marque et faites appel à leurs lumières!

Nous devons poursuivre le travail accompli par ces modèles et collaborer pour changer l’état des choses et sensibiliser la population aux obstacles qui jonchent notre route. Nous devons nous défaire de ce sentiment de doute qui nous ronge, demeurer passionnées, travailler dur et avoir suffisamment confiance en nous pour franchir les étapes nécessaires à l’atteinte nos objectifs de carrière en sciences. Nous nous devons à nous-mêmes de faire ce cheminement! Nous le devons au monde entier!
 

Portrait de Rashmi Venkateswaran

Rashmi Venkateswaran

Instructrice principale et coordonnatrice des laboratoires de premier cycle, Département de chimie et sciences biomoléculaires


Le conseil que je souhaite donner aux femmes qui entreprennent des études en sciences et en génie, c’est d’aimer votre domaine.

De nombreuses personnes fondent leur choix de carrière sur les mauvaises raisons. Peut-être que le domaine vous paraît stimulant, ou que vous connaissez quelqu’un dans cette branche. Peut-être qu’il s’agit d’un domaine qui offre de bonnes perspectives d’emploi ou de bons salaires. Mais en réalité, la seule raison qui devrait motiver votre choix est la passion. Si vous êtes passionnée par ce que vous faites, vous serez heureuse de vous rendre au travail chaque jour.

En tant que femme, c’est essentiel d’aimer ce que l’on fait. Nombreuses sont les femmes qui sentent que l’on a d’autres attentes à leur égard, comme se marier, avoir des enfants, s’occuper de la famille et de la maison, pour ne nommer que celles-là. Lorsqu’il s’ajoute à toutes les pressions de la vie quotidienne, le travail peut devenir épuisant.

Mais si vous aimez ce que vous faites, ce sera probablement une grande source de plaisir et de motivation, et rien ne vous arrêtera : vous ferez tout en votre pouvoir pour pratiquer votre métier.

J’adore enseigner la chimie. J’enseignerais à n’importe qui, n’importe où et n’importe quand. Toutes les occasions sont bonnes pour enseigner, à mon avis. Je trouve le temps d’accomplir mon travail, même si cela signifie parfois que je dois travailler à 3 h du matin. J’espère que vous aurez toutes la chance de trouver un domaine qui vous passionne!
 

Portrait de Taylor Jamieson

Taylor Rae Jamieson

Étudiante au programme de M.D./Ph.D, Université d’Ottawa
Centre de recherche novatrice sur le cancer
Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa


Mon conseil à toutes les femmes qui ont l’intention de faire carrière en sciences est de reconnaître que le doute en nos propres capacités est notre plus gros obstacle. Si vous croyez en vous-même, rien ne pourra vous arrêter.

Je suis la première personne à faire des études universitaires dans ma famille, et le statut d’étudiante de première génération peut être particulièrement intimidant. À plusieurs moments durant mes études, j’ai cru que je n’étais pas suffisamment qualifiée ou bonne pour présenter ma candidature à des bourses ou des programmes compétitifs. J’ai fini par comprendre que lorsqu’on fait quelque chose qui nous plaît et dans lequel c’est facile de s’investir à fond, on ne doit pas hésiter un seul instant à s’inscrire à des bourses et à des programmes.

Il est également important de reconnaître que les échecs et les refus sont des aspects tout à fait normaux des études et d’une carrière en sciences. Ne les laissez pas vous convaincre que vous êtes inférieure. Au contraire, tirez-en des leçons et servez-vous-en pour grandir en tant que scientifique.

Un jour, vous réfléchirez aux choses que vous ne vous croyiez pas capable d’accomplir et vous vous rendrez compte qu’il s’agissait simplement de leçons que vous aviez besoin d’apprendre dans votre cheminement vers vos objectifs.
 

Portrait de Adina Luican-Mayer

Adina Luican-Mayer

Professeur adjointe, Département de physique


Pour améliorer la société, nous devons assurer l’équité, la diversité et l’inclusion dans tous les domaines, y compris la science. Le seul obstacle à la poursuite d’une carrière en sciences devrait être le manque d’intérêt. Mais nous, les femmes en sciences, pourrons vous le confirmer : nous n’en sommes pas encore là.  Nous espérons que votre génération nous aidera à aplanir les disparités et à améliorer le climat. Voici mon conseil avant que vous n’entrepreniez votre cheminement :

Soyez vous-même. Acceptez la différence. Trouvez vos forces et vos passions et mettez-les à profit.

Soyez curieuse. Si vous aimez la science, vous êtes probablement curieuse. Entretenez cette soif de connaissances et élargissez votre horizon en essayant différents emplois et en voyageant. Plus votre vision sera vaste, plus ce sera facile de prendre des décisions au sujet de votre carrière.

Soyez brave. Sortir de sa zone de confort est souvent une bonne façon d’acquérir de nouvelles connaissances et compétences.

Soyez déterminée. Que ce soit pour vous doter d’une nouvelle compétence en laboratoire, apprendre un langage de programmation ou faire du bénévolat, faites preuve de toute la détermination nécessaire pour que ça fonctionne!

Soyez résiliente. L’échec est chose commune en sciences. On se relève et on réessaye!

Soyez aimable. Vous êtes l’avenir des STIM, alors faites preuve de bienveillance, intégrez-les autres à vos travaux et valorisez-les pour vous sentir valorisée à votre tour.

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