L’analyse simple et rapide du cannabis bientôt possible

Publié le mardi 22 octobre 2019

Device resembling a microchip resting on a cannabis plant

Un prototype du capteur mis au point par des chercheurs de l'Université d'Ottawa.

Des chercheurs de l’Université d’Ottawa mettent au point une technologie abordable et conviviale qui détecte et identifie rapidement les composés du cannabis.

Quand le cannabis a été légalisé au Canada il y a un an, le professeur de chimie de l’Université d’Ottawa Adam Shuhendler et son épouse, infirmière en santé publique, se sont demandé ce que signifierait cette nouvelle réalité pour la santé publique, l’application de la loi, les producteurs et les consommateurs.

« En essayant d’imaginer comment le cannabis serait réglementé, nous avons constaté qu’il n’existait aucune technologie de détection rapide, explique M. Shuhendler. Actuellement, les gens déterminent les ratios de THC et de CBD par des procédés de chimie analytique extrêmement complexes. Ces méthodes ne sont pas accessibles à tous et coûtent cher. J’ai donc voulu me pencher là-dessus. »

M. Shuhendler a demandé l’aide de deux professeurs de l’Université : Benoît Lessard, professeur agrégé au Département de génie chimique et biologique qui se spécialise dans la fabrication de dispositifs électroniques organiques, et Cory Harris, professeur agrégé au Département de biologie dont le laboratoire se consacre particulièrement à des activités de recherche et d’analyse en matière de cannabis autorisé.

 

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Ensemble, ils ont mis au point une technologie qui détecte la présence de cannabis, différencie les cannabinoïdes, comme le THC et le CBD (deux des composés chimiques les plus connus et recherchés dans les plants de cannabis), et mesure leur ratio et leur puissance.

Le dispositif ainsi fabriqué, qui ressemble à une micropuce, subit une réaction chimique lorsqu’il entre en contact avec un cannabinoïde. Il émet un signal électrique qui varie selon le cannabinoïde en question et qui se convertit ensuite en indicateur numérique révélant le ratio entre un cannabinoïde et un autre.

Le groupe a comparé les résultats obtenus à l’étalon de référence en analyse de cannabis, à savoir l’appareil de chromatographie liquide à haute performance (CLHP), dont l’utilisation est laborieuse, contraignante et coûteuse. Ces résultats se situaient dans les 5 % de ceux du dit appareil.

 

Three researchers stand together in a lab

Les chercheurs de l’Université d’Ottawa qui ont mis au point cette technologie d’analyse du cannabis : (De gauche à droite) les professeurs Cory Harris, Benoît Lessard et Adam Shuhendler.

 

Grâce à une technologie d’analyse plus facile d’accès, les consommateurs pourront prendre des décisions d’achat éclairées en tenant compte de la puissance et de la composition du produit. Ce nouvel outil pourrait aussi changer la donne pour les producteurs, en leur permettant d’analyser leurs cultures à différents stades de croissance et dans diverses conditions environnementales.

« Mieux vaut ne pas attendre que les plants soient arrivés à maturité pour connaître leur valeur potentielle, indique M. Harris. Si l’on assure une surveillance tout au long de leur croissance, selon ce qu’on cherche (THC ou CBD), il est possible de répartir les ressources adéquatement entre les différentes cultures. »

Le groupe a breveté la technologie et lancé une entreprise en démarrage appelée Ekidna Sensing, Inc. (avec Nic Boileau, étudiant diplômé) en vue de fabriquer et de mettre en marché des trousses d’analyse du cannabis, qui devraient avoir la taille d’une imprimante standard.

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