La passion : un chemin vers le doctorat

Publié le jeudi 18 juin 2020

Siobhan sourit face au spectateur devant un paysage verdoyant

La passion est au cœur du parcours de Siobhán Airey qui a obtenu son doctorat en droit à la collation des grades du printemps. Après quelques années de travail au sein d’ONG, un retour sur les bancs d’école pour poursuivre des études supérieures en droit est apparu comme une évidence pour cette récente diplômée au parcours inspirant.

Le cheminement universitaire de Siobhán commence d’abord un baccalauréat en communication, suivi d’une maîtrise en études de l’égalité des genres au University College Dublin. Ce programme interdisciplinaire de maîtrise abordait les questions d’égalité sous différentes perspectives : le droit, l’économie, la politique. « Ç’a été mon premier contact avec le fascinant domaine du droit », précise-t-elle. L’occasion lui est ensuite donnée d’entamer sa carrière au sein de diverses organisations non gouvernementales.

Son expérience de travail confirme son intérêt et la pousse alors à s’inscrire à la maîtrise en droit international des droits humains (LL.M.) à la National University of Ireland. « Je n’ai pas le parcours typique. On perçoit souvent les études en droit comme étant réservées aux avocats, mais c’était le domaine des droits humains qui m’intéressaient, pas la profession d’avocate », raconte la diplômée au sujet de sa deuxième maîtrise réalisée à temps partiel, alors qu’elle occupait toujours son emploi à temps complet.

« J’ai alors découvert le monde du droit international, c’est-à-dire l’architecture qui détermine comment les États interagissent entre eux. Les liens entre le droit et les institutions de gouvernance mondiale se faisaient de plus en plus clair dans mon esprit. »

La doctorante est issue d’une famille du sud de l’Irlande très impliquée dans le développement communautaire. Son intérêt pour la défense des causes de justice sociale semble alors tout à fait naturel.

Répondre à l’appel de la recherche

Sa soif intellectuelle n’était bien évidemment pas étanchée. L’idée de mener des études doctorales s’est concrétisée après son arrivée au Canada en 2007.

« J’avais envie d’entreprendre des recherches de façon plus sérieuse et structurée. Je m’étais aussi promis que si je retournais aux études, ce serait à temps plein afin de pouvoir y consacrer tout mon temps et mon énergie » partage Siobhán.

C’est à la Faculté de droit de l’Université d’Ottawa qu’elle a trouvé l’expertise et le soutien pour l’aider à cheminer vers ses objectifs. Elle y retrouvait d’ailleurs le savoir-faire en droit international qu’elle convoitait, en matière de gouvernance, de droits humains, d’économie et d’environnement.

« J’ai d’abord découvert le travail de la professeure Penelope Simons alors que j’effectuais mes propres recherches avant de m’inscrire au doctorat. Ses recherches sont fascinantes, innovantes et bien présentées. Je suis grandement reconnaissante qu’elle m’ait prise sous son aile à titre de directrice de thèse », précise-t-elle.

C’était le début d’une autre grande étape dans son passionnant parcours universitaire.

« Je me suis lancée dans cette grande aventure sans vraiment savoir ce qui en résulterait. J’avais toutefois deux certitudes : je savais à quel point le domaine m’intéressait et que je voulais me donner la chance de réaliser un projet de recherche de cette ampleur en y consacrant beaucoup de temps. »

Sa détermination l’a amenée a tiré le maximum de son expérience doctorale. Elle a d’ailleurs suivi les conseils prodigués par sa directrice de thèse et la professeure Heather McLeod-Kilmuray, alors vice-doyenne des Études supérieures, l’incitant à profiter de chaque éventualité qui pourrait faire avancer ses recherches. De sages paroles qui lui ont permis d’ouvrir de nouvelles portes et d’enrichir son parcours.

Frayer son propre chemin

Bien que son tracé puisse sembler une succession de réussites et de choix courageux, la chercheuse confirme que le doute et la peur ont bien sûr été de la partie.

« Si j’ai eu des craintes? Oh, si seulement vous saviez, je crois que je les ai toutes eues! La peur de ne pas être à la hauteur, le stress financier, le syndrome de l’imposteur... et je pense qu’une partie de ces craintes vient du fait que les exemples que nous avons et la plupart des parcours que nous rencontrons sont encore très "typiques" et on voit encore très peu de diversité et d’expériences variées. Cela ne me dérange pas du tout d’être étiquetée comme étudiante atypique, mais j’espère vraiment que dans un futur rapproché, d’autres étudiants avec des parcours moins traditionnels ne seront pas considérés comme hors normes. Il est nécessaire, plus que jamais, de déconstruire et de reconstruire des institutions plus inclusives, et le milieu de l’éducation en fait partie. »

Ses années à l’Université d’Ottawa lui a aussi appris à quel point le soutien d’une communauté est important et qu’il y a de nombreuses personnes sur notre route sur qui il est possible de compter. Que ce soit des proches, des parents et amis, mais aussi des professeurs, collègues de classe et le personnel qu’on côtoie presque au quotidien.

« Je ne saurais à quel point exprimer l’important rôle qu’a joué le personnel de la Faculté, du bureau des études supérieures et de la bibliothèque de droit dans mon parcours. Ils sont tous devenus de réels ancrages et je tiens à les remercier », lance la diplômée.

Maintenant que sa thèse est terminée, et que son doctorat est empoché, Siobhán est enthousiasmée à l’idée de mener une carrière de chercheuse pour aider à mieux comprendre les facettes du droit international et trouver de meilleurs moyens de garantir que les fonds d’aide internationale - y compris ceux du Canada - aient un impact positif réel sur les personnes au cœur des communautés. Elle est notamment en train de soumettre une proposition de livre à paraître aux éditions Edward Elgar Publishing.

Nous lui souhaitons une brillante carrière et de garder bien vivantes la passion et l’énergie qui l’anime.

Plus de détails sur les intérêts de recherche et le parcours universitaire de Siobhán sont disponibles sur le site du Centre de recherche et d’enseignement sur les droits de la personne de l’Université d’Ottawa.   

Haut de page