Les sciences humaines numériques font sensation

Publié le mardi 11 octobre 2016

A man and woman smile for the camera.

Kyle Conway, professeur et coordonnateur des sciences humaines numériques, avec la professeure en histoire Jo-Anne McCutcheon qui donne le cours DHN1100 cette session.

Par Brandon Gillet

La génération numérique dispose d’une nouvelle approche excitante pour s’attaquer à un traité philosophique écrit il y a plus de 2 300 ans.

Les étudiants et étudiantes qui s’inscriront à l’atelier de sciences humaines numériques (DNH2500) de Kyle Conway, à la session d’hiver, auront en effet l’occasion de se plonger dans la Poétique d’Aristote tout en explorant l’art de raconter par le numérique. C’est la beauté des sciences humaines numériques, commente le professeur : le fait qu’un ouvrage classique sur l’esthétique datant de quelques millénaires puisse aider à mieux comprendre une forme d’expression aussi moderne que le récit sur support vidéo.

« J’adore enseigner la production vidéo », dit-il. « Je fournis les outils aux étudiants, je leur mets une caméra entre les mains et je leur dis d’aller s’amuser. Et ils le font! »

Depuis cet automne, les étudiants de l’Université d’Ottawa ont la possibilité de faire une mineure en sciences humaines numériques. Comme l’explique Kyle Conway, ce passionnant nouveau domaine d’études « se sert d’outils numériques pour répondre à des questions qui relèvent traditionnellement des sciences humaines ». En même temps, il représente une tentative d’utiliser les outils développés par les sciences humaines pour interroger l’univers numérique.

« Il s’agit de réunir ces deux ensembles d’outils afin de poser une nouvelle série de questions sur notre rapport actuel à la technologie, et sur ce que c’est qu’une personne. »

Après avoir suivi deux cours du tronc commun, les étudiants en choisissent six autres parmi ceux offerts à l’Université qui ont une composante en sciences humaines numériques. Ils doivent ensuite effectuer un projet en partenariat avec une organisation, pour six crédits.

« Ce qui est formidable, avec les sciences humaines numériques, c’est qu’elles ne sont pas liées à un département ou à une discipline en particulier », dit Kyle Conway. « Elles touchent à l’histoire, à l’anglais, à la musique – à toute discipline, en fait, qui s’intéresse à la question de ce qui fait de nous des humains, ainsi qu’aux autres sujets de réflexion qui donnent un sens à notre vie. »

La campagne en faveur des sciences humaines numériques à l’Université d’Ottawa a commencé avant que Kyle Conway n’arrive ici de l’Université du Dakota du Nord, en janvier 2015. Une fois sur place, il s’est joint au comité de la Faculté des arts chargé de déterminer ce que l’Université pourrait offrir pour se démarquer.

« Le programme a été mis sur pied par Andrew Taylor, professeur d’anglais et vice-doyen aux études de premier cycle, qui mérite tous nos remerciements », dit Kevin Kee, doyen de la Faculté des arts.

Ce nouveau doyen a été ravi, lors de son arrivée en poste en août 2015, de découvrir qu’il y avait ici un fort désir pour une nouvelle mineure dans ce domaine.

« Tout le monde savait que je m’intéressais à cette question », dit Kevin Kee, qui vient de l’Université Brock, où il était titulaire de la Chaire de recherche du Canada en sciences humaines numériques. « Mais ce qui a été extraordinaire pour moi, quand je suis arrivé ici, c’est de constater qu’un bon nombre de personnes travaillaient déjà sur le dossier. Environ 20 % des professeurs de la Faculté des arts, en effet, se réunissaient pour en discuter et avaient conclu que nous avions besoin d’un programme. »

« Je m’estime très chanceux, parce que j’ai pu profiter, à mon arrivée, de l’enthousiasme général. Nous savons qu’il y a un désir au sein de la population étudiante et du corps professoral pour les sciences humaines numériques. À tire de doyen, c’est un privilège pour moi de soutenir une initiative qui était déjà en bonne voie de concrétisation. »

Kevin Kee est particulièrement enthousiaste au sujet du partenariat conclu par l’Université d’Ottawa avec le Musée des sciences et de la technologie du Canada, qui donnera aux étudiants la possibilité de collaborer avec le personnel du musée pour mettre au point des applications, des jeux et des sites Web.

Pour le doyen, il s’agit d’une situation dont tout le monde sortira gagnant. Le musée, qui accorde beaucoup de valeur à la « remarquable créativité » des jeunes, aura la chance de travailler avec d’habiles natifs de l’ère numérique qui mettront à l’essai de nouvelles idées. Les étudiants et étudiantes, de leur côté, bénéficieront d’une formation enrichie qui leur « donnera un objectif à viser quand ils obtiendront leur diplôme ».

En fait, l’un des attraits de l’Université d’Ottawa pour Kevin Kee était la situation de l’établissement au cœur de la région de la capitale nationale, à proximité de plusieurs des principaux musées du pays ainsi que des archives nationales.

« Cet avantage nous donne la possibilité de faire ce que personne d’autre ne peut faire : établir un partenariat avec ces institutions afin de faire partager leurs richesses au monde entier », dit-il. « Le Canada a tellement à offrir, et nous pouvons être le canal qui mettra le pays en communication avec le reste du monde, pour contribuer à en faire un monde meilleur. »

Voir aussi : Défier les conventions en intégrant les sciences humaines numériques aux travaux universitaires

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