Please note: Speeches appear in the language in which they were delivered.


On this the first day of the rest of your lives, I have two words for you – moral courage.

Les cérémonies de remise des diplômes sont une sorte d’invitation adressée aux jeunes diplômés, pétillants d’enthousiasme, à pénétrer dans le « vrai monde », ou comme le veut l’expression anglaise, dans un brave new world. In your case the world is neither brave nor new. It is stumbling in a toxic mix of terrorism and pollution. You are the ones who will right those wrongs. I suggest to you today that the coming decade will see the most profound changes this planet has ever known. Those changes will affect everything you do – your job, your wallet, your personal safety, indeed, your heritage.

Depuis les événement du 11 septembre, les pontifes ne cessent de nous répéter que « le monde ne sera plus jamais le même ». Or s’ils disent vrai, il s’agit bien de la seule bonne nouvelle dans une actualité noire et oppressante. Le monde ne doit plus jamais être le même. On ne peut plus voir le terrorisme comme un phénomène qui ne touche que les autres, dans d’autres pays. On ne peut plus rester impassible face à ces gens pour qui la guerre, la pauvreté et l’horreur forment le quotidien. Finalement, on ne peut plus laisser l’injustice triompher de notre conscience. Mais il faut un courage moral exceptionnel pour résister à notre inclination naturelle.

One of the things we tend to do when we watch conflict on television – Afghanistan, Iraq, much of the Middle East is we somehow turn people into “others” as though they are some sort of abstraction. We see old people lining up for a ration of soup from UN trucks and parents burying their dead children. We see families escaping in terror through the killing fields around their towns and villages and bearing witness to the slaughter of their neighbors. And we somehow imagine they can handle this better than we ever could. Perhaps it’s our way of separating ourselves from something we feel powerless to stop.

Or nous ne sommes pas sans pouvoir. Comme l’a dit la philosophe Hanna Arendt dans son analyse du bien et du mal, « le mal se nourrit de l’apathie et ne pourrait exister sans elle ». En demeurant passifs, en refusant de regarder le mal en face, nous nous trouvons à le cautionner. C’est sans hésitation que je mettrai ma foi dans le pouvoir collectif des diplômés qui sont avec nous aujourd’hui, contre les terroristes et les tricheurs de ce monde. Rappelez-vous ces gens à Berlin qui chantaient l’Ode à la joie de Beethoven en faisant tomber le mur. Oui, en nous regroupant et en mettant en commun nos efforts, il est possible de faire échec au mal.

So often we don’t act because we don’t see that we can make a difference. Indeed, the power brokers usually dismiss civil society and especially young people, by saying the situation is too complicated. It’s not complicated. The women and men in this room know what to do. But we’re conditioned to think that no effort of ours would succeed. After all, we think, “I’m not rich or famous. I’m only one voice.” We offer excuses such as, “I don’t know what to do.” Or, “I may make matters worse.” Or heaven forbid, “If I get involved I may look foolish.” People who don’t intervene when something is amiss, give tacit permission for injustice to continue. You see, innocent bystander is sometimes an oxymoron.

Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, la communauté internationale a créé les Nations Unies pour éviter qu’un autre Hitler ne voie le jour. Pourtant, nous ne sommes jamais parvenus à empêcher l’apparition de tels tyrans mégalomanes : après Hitler, le monde a connu Pol Pot, Idi Amin Dada, Karadžiæ, et maintenant Ben Laden et sa bande de voyous assoiffés de vengeance. Il ne fait pas de doute que l’heure est venue d’inventer un monde nouveau, érigé sur le courage moral de prendre fermement position dans des dossiers vitaux : les conflits humains, l’éthique des affaires et notre environnement malmené.
What we don’t see in the news footage of the women who were gang raped by the military in Bosnia, the long lines of desperate people walking two-by-two in the aftermath of Rwanda, the families huddled in camps on the frightening road out of Afghanistan, Iraq, Lebanon is the silence. Like the Edward Munch painting called The Scream, they are witnesses to unspeakable horrors and they are silent. Now is the hour to give voice to their screams.

La survie de tout ce qui nous est cher dépend des actions que nous entreprendrons aujourd’hui. Le succès de votre avenir dépend en bonne part de la générosité de votre vision. Prenez-y garde. Votre vision peut vous transporter dans des régions où vous n’êtes jamais allés. Mais elle peut aussi vous confiner dans un espace étroit et étouffant, où vous pleurerez le passé plutôt que d’embrasser l’avenir.

You will be entering the world of work. And work is about a search for daily meaning as well as daily bread; for recognition as well as cash; for astonishment rather than complacency. Demand leadership that has vision. Demand a job that values you more than the gross national product. Demand work that engages the heart as well as the mind and body. Demand things you can believe in as well as invest in. And remember, “You are what you condone.”

Je le sais, rien de tout cela ne va de soi. Il est difficile de braver la désapprobation de ses amis, la censure de ses collègues, la colère de la société. It’s been said that moral courage is a rarer commodity than bravery in battle or even great intelligence. Yet it is the one essential vital quality for those who seek to change a world that yields most painfully to change.

Si vous voulez un avenir meilleur, vous devrez mettre en question le statu quo et donner visage humain à ce village global. Vous devrez aussi penser vert. Et je sais que vous le ferez.

You – this gathering of men and women with your newly minted knowledge, talent and moxie – you are the art of the possible. I wish you well and offer you my heartiest congratulations on your splendid achievements at Ottawa U.


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