JUNEAU, Joé

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Le texte prononcé fait foi

Madame le Chancelier,

C’est avec une très grande fierté, en mon nom et au nom de l'ensemble des nouvelles et nouveaux diplômés ici devant moi, que j’accepte ce doctorat honorifique de la Faculté des sciences de la santé de l’Université d’Ottawa.

J’ai reçu une lettre il y a quelques mois de votre recteur, Monsieur Allan Rock. Il m’annonçait que votre institution désirait m’honorer de la sorte pour mon parcours et pour mon travail actuel auprès des communautés du Nunavik. Il mentionnait alors l’importance que j’ai toujours accordée à l’éducation et au fait que mon travail avait un effet transformateur sur mes concitoyens et sur la société en général. C’est vrai que l’éducation a toujours occupé une très grande place dans ma vie. Et c’est encore vrai aujourd’hui, alors que mon travail consiste à faire de l’éducation par le sport, en utilisant le sport comme un moyen privilégié pour inculquer aux jeunes des valeurs fortes.

C’est quoi une valeur forte? C’est un guide, un guide qui permet de faire les meilleurs choix pour soi-même en tenant compte des autres. Une valeur forte, c’est la motivation qui permet de faire les efforts pour avancer vers quelque chose de mieux. Et les valeurs humaines les plus inspirantes se transmettent de personne à personne, par ce qu’on appelle l’exemple—l’exemple qu’on prend de quelqu’un, l’exemple qu’on donne à d’autres. Si aujourd’hui des jeunes peuvent s’inspirer de mon cheminement personnel pour se développer comme personnes, c’est sans doute pour moi une source de joie et de satisfaction.

À mon avis, l’éducation est un des piliers les plus importants d’une société forte et productive; c’est même une nécessité à mes yeux, et c’est pourquoi je travaille si ardument depuis cinq ans à développer cette structure éducative dans les communautés du Grand Nord québécois.

 

Cela fait plus de 160 ans que l’Université d’Ottawa joue un rôle absolument primordial au niveau de l’éducation à la grandeur du Canada, tout en respectant les différentes langues et cultures qui y cohabitent. I have to say that I was very pleased when your School of Human Kinetics’ director approached me last spring about sharing my knowledge and field experience in relation with the youth development program that I initiated about five years ago in Nunavik, and in which I have been greatly involved ever since. It was very flattering that the University of Ottawa and Right to Play were asking me to share my vision, my work and my team’s expertise with all of the professionals attending those meetings, for the purpose of developing a sports and education program in two First-Nations communities in the western James Bay area that would be in some ways similar to what my team and I have developed in Nunavik over recent years.

For two days, I had the opportunity to share and exchange with this very fine group of professionals in trying to help them to find the best possible solutions to adapt and to implement the hockey structure that would be the most beneficial for these two communities, which are confronted with huge problems similar to the ones we see and witness in Nunavik. The essential part of my message during my presentation and during the work sessions was that the program had to be linked to education in purpose, so as to optimize the power of hockey and therefore create incentives for children to push themselves in everything they do, and not just in hockey.

For sure sports alone (especially hockey in Canada) can provide youth with a great deal of fun and pleasure when it’s practised and played properly, but as far as I’m concerned, it’s also a waste when not done the right way, in the right environment, under proper supervision—and especially when it’s not linked to any form of education where important life values can be taught and learned.

For me, sports and education have pretty much always gone together hand in hand. As a kid, it was mostly my parents who would insist that I always do my best in everything I tried. If my sports and other activities were affecting my schooling in any way, I’d have to let some of those go, because school and education had to remain the priority. So it was obviously my parents who, early on in my life, made sure that I would have a strong foundation for my life; but later on, other people also played a crucial role in my development as a human being.

C’est à l’âge de 15 ans que j’ai dû quitter la maison familiale afin de jouer au hockey dans des équipes de haut niveau. Encore là, j’ai eu la chance d’avoir de bonnes personnes près de moi; des instructeurs, des entraîneurs et des enseignants qui partageaient ces mêmes valeurs et qui nous incitaient à bien faire, à donner le meilleur de nous-mêmes et à bien nous comporter, nous offrant par le fait même un encadrement propice à un bon apprentissage et un bon développement.

C’est donc tout à fait normal aujourd’hui pour moi d’être impliqué auprès des jeunes du Nunavik dans un programme social et communautaire qui utilise le hockey comme outil pour les inciter à demeurer sur les bancs d’école, à fournir de l’effort et à avoir un comportement adéquat, tout en leur transmettant des valeurs qui sauront les guider leur vie durant : c’est ça l’éducation par le sport à mes yeux. Mon implication avec ces jeunes du Nunavik est une façon pour moi de redonner, de partager et de retransmettre ce que d’autres ont pu faire pour moi tout au long de ma vie.

To be recognized here in such way truly represents for me a great honour that I would like to accept on behalf of all the people who made it possible for me to be where I am today, and to do what I do. There is no doubt in my mind that without such people around me throughout my entire life and without the support of my family, it would have been impossible to have accomplished all of that. I am also very appreciative of all the confidence that Nunavik leaders have showed in me and my colleagues for the past five years in developing such a program for their youth. Without this great commitment on their part, none of that would have been possible either. To be viewed and recognized today as a model of determination in my career and in my social engagement is definitely a credit to all these people, including past team mates, class mates and colleagues.

Pour chacun et chacune de vous ici en ce moment, qui obtenez votre diplôme de cette université aujourd’hui, j’espère que vous réalisez la chance qui est la vôtre : d’abord de pouvoir vous inspirer de l’exemple légué par vos proches, ensuite de bénéficier de fondations solides… je pense ici à celles que vous êtes venus chercher ici-même à cette université. Vous avez donc ce qu’il faut pour vivre pleinement votre vie tout en contribuant à défendre et à promouvoir les valeurs d'équité et de justice sociale que d’autres ont porté avant vous et pour vous. Et si vous faites de même, je peux juste vous assurer que la société dans laquelle nous vivons tous en sera meilleure, et que tout ceci aura des répercussions sur nos enfants également.

Il est clair pour moi que chacun et chacune de vous, nouvellement diplômés de cette université aujourd’hui, peut faire une différence dans notre société. J’aimerais vous laisser avec ces mots d’un de mes idoles, Neil Peart, compositeur et percussionniste du groupe Rush, et Officier de l’Ordre du Canada :

Half the world hates what half the world does every day.

Half the world waits while half gets on with it anyway.

Half the world thinks while the other half does.

Half the world talks with half a mind on what they say.

Half the world walks with half a mind to run away.

Half the world cares while half the world is wasting the day.

Half the world shares while half the world is stealing away.

Half the world lives, half the world makes, half the world gives while the other half takes.

Half the world lies, half the world learns, half the world flies as half the world turns.

 

Il revient désormais à vous de choisir à quelle moitié vous voulez appartenir.

Merci à tous, félicitations, bonne carrière et, surtout, bonne vie!

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