VILLEDIEU, Yanick

Article

Speech

Please note: Speeches appear in the language in which they were delivered.

Madame le Chancelier,

C’est vraiment pour moi un moment de plaisir et d’émotion que d’être ici, aujourd’hui, à l’Université d’Ottawa, pour recevoir le titre de Docteur de l’Université. Croyez que l’honneur que vous me faites en me conférant ce grade me touche au plus haut point. De plus, être en aussi docte compagnie, entouré de toutes ces jeunes femmes et de tous ces jeunes hommes qui viennent de recevoir leur doctorat  - leur vrai doctorat faudrait-il dire -, m’inspire des sentiments de fierté et d’humilité. De fierté, parce que je me sens désormais un peu de la belle et grande famille universitaire. D’humilité, parce que faire de la science, faire de la recherche, trouver la bonne question ou le bon problème auquel s’attaquer, travailler pendant de longues années pour confirmer ou infirmer une hypothèse, soumettre des articles, les voir jugés par des pairs, tout cela demande une patience et une passion qui m’ont toujours impressionné.

C’est d’ailleurs sans doute pour cela que j’ai commencé à faire et que j’ai continué de faire du journalisme scientifique. Avec l’art et la littérature, la science me semble en effet constituer l’une des dimensions les plus fascinantes, les plus riches et les plus porteuses de sens de l’aventure humaine. Car si nous sommes de l’espèce Homo sapiens  - ce qui ne signifie pas, hélas, que nous soyons toujours sages -, nous pourrions dire aussi que nous sommes de l’espèce Homo scientificus ou Homo technologicus. Suivre les développements de la science et de la technologie me semble donc, pour le journaliste que je suis d’abord et avant tout, une spécialisation des plus gratifiantes. En science et en technologie, pas de répétitions, pas de surplace,  pas de monotonie, du moins aux yeux du journaliste qui arrive toujours, comme j’aime à dire, au moment des sourires et du champagne, c’est-à-dire au moment de la découverte ou de la publication des résultats de la recherche.

Scientific journalism is thus a wonderful profession, always full of surprises, novelties, and unexpected twists. Trained journalists like me are attracted to it. But young science graduates, who appreciate science for it’s contribution to society without yearning to practice science daily, also hear the call. Such graduates  - and there may be some among you -  might wish that celebrations, bubbles and smiles were not so few and far between in the life of scientists.

Hear me well : I don’t wish to overpraise scientific journalism, or paint an idyllic image of science. Technology and science carry their load of controversies, conflicts, even drama. Physics, for example, allowed us to better understand the world around us, from the atom to the galaxies. But physics allowed the atomic bomb as well, let us not forget. Biology unwrapped for us the secrets of  DNA, double helix and the genes; but it paved the way to human reproductive cloning as well. I have to point out, though, that from the perspective of a scientific reporter, the risks and the sideslips associated to science are as interesting as it’s better sides.

Mais revenons à ce titre honorifique qui m’est attribué ce soir par l’Université d’Ottawa. J’ai dit qu’il me touche personnellement parce qu’il me fait, symboliquement du moins, entrer dans la famille universitaire. Mais je crois qu’il est aussi important pour la communauté des journalistes scientifiques, une communauté qui s’est bâtie depuis deux ou trois décennies en suivant, entre autres, les traces de ce précurseur et maître que fut Fernand Seguin. Cette communauté a acquis, je crois, une crédibilité certaine dans le milieu qu’elle « couvre », comme nous disons dans notre jargon. Plusieurs de mes collègues et amis journalistes sont d’ailleurs dans cette salle, notamment ceux de l’émission Les années lumière, avec lesquels je travaille quotidiennement depuis parfois bien des années. Je les associe toutes et tous, et de tout cœur, à un événement qui, je le répète, honore toute une profession.

Il me semble aussi très important de souligner, en terminant, que je n’aurais jamais reçu un tel honneur sans le soutien d’institutions  - et de personnes dans ces institutions -  qui croient depuis longtemps en l’importance grandissante, dans nos sociétés modernes, de l’information scientifique. Je pense tout d’abord à Radio-Canada, télévision et radio, au réseau français comme au réseau anglais, qui n’a jamais cessé de faire une bonne place à ces questions  - et quand je pense à Radio-Canada, je pense surtout à cette émission de radio que je viens de citer et que j’ai le plaisir d’animer depuis des lustres (en ondes tous les dimanches midi, sur le réseau national de la Première chaîne et sur Internet). Mais je pense aussi au magazine Québec Science, où j’ai attrapé la piqûre de ce journalisme-là il y a plus de trente ans ; au magazine L’actualité, qui me demande toujours des papiers de science depuis plus de vingt ans ; et à mon éditeur, Les Éditions du Boréal, qui attend avec patience le nouveau manuscrit que je lui ai promis. Ces institutions et les gens qui les animent me semblent devoir recevoir une part de l’honneur qu’on me fait ce soir.
 
Madame le Chancelier de l’Université d’Ottawa, Monsieur le recteur, chers professeurs, chers diplômés au nombre desquels j’ose me compter, encore une fois merci pour ce Doctorat honorifique que je reçois avec un immense plaisir. Et merci aux membres de ma famille, à mes amis et à mes collègues des médias qui sont venus ici, de Montréal et d’ailleurs au Québec, pour partager ces moments avec moi.

Back to profile: Yanick VILLEDIEU

Back to top