GROSSMANN, Agnes

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Éloge

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Madame le Chancelier,

Nous avons le privilège d’honorer aujourd’hui Mme Agnes Grossmann en lui conférant un doctorat honorifique. Par ce geste, l’Université d’Ottawa veut souligner la carrière d’une artiste de renommée internationale, chef de chœur et chef d’orchestre réputée, qui a marqué la scène musicale montréalaise, québécoise et canadienne.

Agnes Grossmann grew up in a talented musical family in the heart of Austrian choral music. Her father Ferdinand conducted the Vienna Boys’ Choir for 30 years, as well as the Vienna Opera Choir.

At the age of three and a half she began to play piano and at the age of four, in her words, she knew she would become a pianist. With advice and encouragement from her parents, the young Agnes became a graduate of the famous Hochschule für Musik in Vienna. In 1969, she embarked on a solo performing career in Europe and in Japan. In 1972, she won the Mozart performance prize in Vienna and set out on a tour of Canada and the US. That same year, a right-hand injury forced her to cancel all her engagements.

But a hand injury could not quell her passion for music. Showing courage and determination, Agnes Grossmann studied choral and orchestral conducting at the ViennaAcademy, becoming assistant conductor of the Vienna Youth Choir and a teacher at the MusicAcademy in 1979. She came to Canada in 1981 as guest professor at the University of Ottawa, where she conducted the choir and orchestra, and was entrusted with setting up an ear-training program.

In addition to her career of more than 20 years as a conductor, she took on the positions, consecutively or simultaneously, of artistic director for some of the most reputable music groups, such as the choir of the Voice Academy in Vienna, the Chamber Players of Toronto, the Orchestre Métropolitain du Grand Montréal, the Orford Centre of the Arts and the Vienna Boys’ Choir.

En 1986, Mme Grossmann prend la direction musicale de l’Orchestre Métropolitain du Grand Montréal; la même année, le chœur de l’Orchestre est créé. Deux ans plus tard, elle assume le double rôle de chef d’orchestre et de directrice artistique de l’Orchestre, fondé en 1981 par des musiciens diplômés des conservatoires et des facultés de musique du Québec, et dont la mission est de promouvoir la musique classique et le talent des interprètes canadiens auprès d’un large public, notamment des jeunes.

Se décrivant elle-même comme une bâtisseure, Agnes Grossmann marque la jeune histoire de l’Orchestre Métropolitain. Sous sa tutelle, l’Orchestre, déjà inscrit au cœur de la vie culturelle montréalaise, se forge une personnalité distincte et devient la deuxième formation musicale d’envergure à Montréal.

Durant les années de direction de Mme Grossmann, cet « orchestre de proximité » se fait un point d’honneur d’offrir à des instrumentistes, compositeurs et chanteurs locaux l’occasion de se faire entendre et se démarque en présentant des concerts de musique classique, contemporaine et populaire dans les écoles, les églises, les parcs et même les stations de métro; ses matinées scolaires lui permettent de rejoindre des milliers d’élèves du primaire, le « public de demain ».

At the same time that she worked at the Orchestre Métropolitain, she was in demand as a guest conductor all over Canada, and conducted such symphony orchestras as Toronto, Calgary and Vancouver as well as the National Arts Centre Orchestra in Ottawa. Her popularity extends overseas especially in Japan and Europe. She has directed the Osaka Philharmonic Orchestra, the World Youth Orchestra and the Vienna Chamber Orchestra.

Agnes Grossmann aime les défis : en 1995, reprenant le flambeau paternel, elle devient directrice artistique des Petits chanteurs de Vienne, première femme à occuper ce poste en près de 500 ans d’histoire. Pour célébrer le demi-millénaire de cette illustre institution, en 1998, elle dirige une série de 43 concerts en Autriche ainsi qu’aux États-Unis et au Canada.

Arrivée à Vienne alors que la Frauenfrage, la question de la place des femmes dans les grandes institutions musicales viennoises, bat son plein, Mme Grossmann entreprend de grandes réformes qui conduiront, entre autres, à l’acceptation des filles dans les classes débutantes et la mise sur pied de programmes basés sur la compréhension plutôt que la discipline stricte. Elle remet la célèbre manécanterie sur la voie de la modernité et de la renommée.

In 1998, she returned to her adoptive home with a number of projects in mind, ready to breathe new life in the Montréal, Québec and Canadian music scenes. She immediately accepted to become the artistic director of the Orford Arts Centre – a position she knew well, having held it from 1989 to 1995. Agnes Grossmann’s vision of a musical world without frontiers has brought the Centre a glorious international reputation and has infused its vocation with vitality.

The return to Canada also marked Agnes Grossmann’s return to her international career as a musical conductor and, in December 1999, she conducted for the first time, the other great orchestra of metropolitan Montréal, the Montréal Symphony Orchestra.

Parmi les nombreux honneurs qu’elle a mérités, mentionnons celui de la « Croix d’Argent » que le gouvernement autrichien lui décerne en 1992 pour ses réalisations artistiques exceptionnelles. En mars 2003, à l’Assemblée nationale du Québec, Agnes Grossmann est faite chevalier de l’Ordre de la Pléiade pour son apport notable à l’essor de la francophonie.

À Montréal, elle a plusieurs fois dirigé le concert-hommage aux victimes de l’École Polytechnique. Pour elle, jouer le Requiem de Mozart dans le cadre de cet événement revêt un caractère très particulier parce que le 5 décembre est le jour anniversaire de la mort de Mozart, mais aussi celui de son père, pour qui elle a déjà dirigé le Requiem, à Vienne, à la même date.

Overflowing with enthusiasm and energy, Agnes Grossmann is never short of projects. An unflinching optimist, she is an admirable woman who does not allow adversity to win the day and succeeds at whatever challenges she confronts.

C’est pour toutes ces raisons, Madame le Chancelier, qu’au nom du Sénat de l’Université, je vous présente pour le grade de Docteur de l’Université d’Ottawa, Mme Agnes Grossmann, une artiste passionnée, une dame d’exception, dont le parcours et les réalisations sont une source d’inspiration pour nos diplômés.

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