HÉRITIER, Françoise

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Madame le Chancelier,

Professeur honoraire au Collège de France et directrice d'études honoraire à l'École des hautes études en sciences sociales de Paris, Françoise Héritier incarne de façon exemplaire la plus haute réussite dans le monde universitaire. L’œuvre qu’elle a accomplie dans le domaine de l’anthropologie et le rôle qu’elle continue à jouer au sein de la société française font d’elle une intellectuelle de tout premier plan. La communauté scientifique française a reconnu depuis longtemps ses qualités éminentes, ainsi que l’atteste le fait qu’elle ait succédé à Claude Lévi-Strauss au Collège de France.

In 1958, Françoise Héritier had begun to study history and geography when she replied to a call for applications that would take her on an anthropological study of the Mossi tribe in Burkina-Faso. This is where she discovered her calling as a specialist of African ethnology.
 
During the project, she also came across the Samo tribe. The Samos intrigued her because of the particular character of their villages. It’s in these villages a few years later that Françoise Héritier uncovered an entirely original system of family ties that she would reveal to the world and use as the foundation of her life’s work. In particular, Françoise Héritier’s work with the Samos would shed critical light on the study of the complex relations between the sexes.

Sa carrière universitaire débute à la VIe section de l’École pratique des Hautes Études, où elle enseigne à partir de 1959, avant d’entrer comme chercheur, en 1966, au Centre national de la recherche scientifique, où elle mène d’importantes recherches en ethnologie et en anthropologie jusqu’à son accession, en 1980, à l’École des hautes études en sciences sociales. L’originalité de ses recherches, l’attention que suscitent ses publications, la ferveur que lui vaut son enseignement auprès de ses étudiants et le rayonnement qu’elle acquiert grâce à ses communications lui valent très bientôt une audience internationale. Aussi est-elle élue, en 1982, au prestigieux Collège de France où elle devient titulaire de la chaire d’Étude comparée des sociétés africaines et directrice du Laboratoire d’anthropologie sociale, poste qu’elle occupe jusqu’à sa retraite, en 1999, tout en continuant d’assumer sa lourde tâche de directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales.

Françoise Héritier’s intellectual work resides in all things societal—her research work and many publications bear witness. All together, her missions in Mali and Burkina Faso amount to five full years of on-site studies—or field research, if you like. Not surprisingly then, her efforts and findings as a researcher are truly grounded in things seen, in things observed—in real life. So, for the same reasons, all her theories stem from premises that she’s properly and thoroughly verified.

Yes, Françoise Héritier bases her research on empirical data or findings--findings that are practical, pragmatic and first-hand--like how kinship ties and alliances work. And even when her explorations take us to the more abstract levels of anthropology—theories, concepts, and frameworks—they revolve around the body’s significance as a symbol…and this is where her scientific efforts again draw the soundness and reliability so admired by her students and colleagues.

Les titres de ses ouvrages témoignent de cet enracinement dans le vécu. Qu’on en juge: L’Exercice de la parenté (1981), Les deux sœurs et leur mère. Anthropologie de l’inceste (1994), Masculin/Féminin I. La pensée de la différence (1996) et Masculin/Féminin II. Dissoudre la hiérarchie (2002). Voilà des titres qui retiennent d’emblée l’attention parce qu’ils nous parlent de problèmes universels et concrets à la fois.

Certainly, Françoise Héritier is an accomplished researcher and a respected member of academic circles. But at the same time, she understands the importance of harnessing her intellect to serve her country and fellow citizens, and she does so without hesitation. For example, in 1989, the President of France asked her to chair the country’s national council on AIDS. She of course had no medical background, but with such an in-depth understanding of the body as a key symbol in anthropology, Françoise Héritier, more than anyone, could truly fathom and grasp the public’s concern with a disease as terrifying and mysterious as AIDS.

Elle fut aussi appelée à siéger au Conseil consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et au Haut Conseil de la population et de la famille, où son exceptionnelle compréhension des règles du fonctionnement social lui mérita le respect de tous.

Madame le Chancelier, c’est pour toutes ces raisons qu’au nom du Sénat de l'Université d'Ottawa, j’ai le plaisir de vous présenter, pour le grade de Docteur de l'Université, Madame Françoise Héritier, professeur, chercheur et anthropologue de renom qui a contribué à susciter dans nos sociétés occidentales une réflexion que nous devons collectivement poursuivre au sein de l’Université.


Robert Major
Vice-recteur aux études | Vice-President Academic and Provost

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D. Université 2006

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