SAVOIE, Gérald R.

Article

Discours

Veuillez noter que les discours sont publiés dans la langue dans laquelle ils ont été présentés.

Monsieur le Premier ministre Dalton McGuinty,
Madame la Ministre Madeleine Meilleure,
Madame le Chancelier,
Monsieur le Recteur,
Distingués invités,

Il y a presque 30 ans, à Calgary, lors du congrès de l’Association des hôpitaux du Canada, l’Université d’Ottawa me remettait un honneur complètement inattendu.  Alors que j'étais déjà enchanté de recevoir simplement mon diplôme de Maîtrise en gestion des services de santé, j'apprenais aussi qu'on m'avait choisi comme récipiendaire du Prix Robert Wood Johnson.  J'étais surpris, mais surtout perplexe. Je ne savais même pas, à l'époque, qu'un tel prix existait.

Et je savais encore moins pourquoi on m'avait choisi lorsque j'ai appris pour quelle raison on décerne ce prix à un étudiant diplômé du programme.  Le prix Robert Wood Johnson est remis à l'étudiant le plus susceptible d'apporter une contribution majeure à l'avancement des soins hospitaliers.

The Robert Wood Johnson Award is given to the graduate of the Masters program in Hospital Administration that is (I quote) "the most likely to make a noteworthy contribution to the advancement of hospital care."

That's me.  

At least, to my astonishment, that's what they said I was back in June 1978.  I was not the smartest.  I didn’t have the highest grades. I couldn’t even spell the word hospital at the time.

Aujourd'hui, mon Alma Mater me surprend et m'honore une fois de plus en me décernant ce doctorat honorifique. Je vous le dis le plus franchement possible: je ne m'attendais jamais à ça. Je suis profondément touché que l'Université pose à mon endroit un geste aussi gratifiant.

Mais, il honore aussi tous ceux et celles avec lesquels je dois le partager, soit tous les membres de ma famille, tous les gens de Montfort, dont notre secteur académique, tous les membres de la communauté franco-ontarienne qui m'a ouvert les bras, tous ces gens qui ont contribué, tout au long de ma vie, à forger mon destin. Un destin, avec ses très hauts et ses très bas, que je ne changerais pas pour tout l'or au monde.

C'est une très grande occasion pour moi. Et, comme dans toutes les grandes occasions, j'ai discuté avec mon épouse Nicole de ce que je pourrais bien livrer comme message aujourd'hui. Car, je dois dire que lorsque j'ai appris du Recteur Patry qu'on me rendait cet honneur, c'est tout le film de ma vie qui a défilé devant mes yeux. J'aurais le goût de tout vous raconter, et on me dit que j'ai un talent pour parler beaucoup et longtemps.

So sit back comfortably and listen to the story of my life. I'll only be a few hours…

When I pondered with my wife Nicole about what I was going to say today, she simply asked me what had made the difference. Why did I do what I did?

The answer was so simple, it stunned me. I love what I do.   There have been tough mornings over the years. But there has never been a morning when I woke up and did not want to go to work.

La vie nous emmène où elle veut. Elle défait les plus beaux plans qu'on puisse imaginer. Mais, nous choisissons le chemin que nous allons prendre.  On doit se fixer des objectifs. Mais, on ne doit jamais se leurrer à croire que nous y parviendrons sans embûches.  

Donc voici ce qui est fondamental pour moi : Tout au long de ma vie, j'ai d'abord adoré le travail que j'ai choisi, et j'ai donné le meilleur de moi-même dans tous les défis auxquels j'ai fait face.

There is no free lunch.  You earn every single thing you get.  And if you think you can do it another way, then it is only a matter of time before life catches up with you. 

There are many things that form a leader. But, true leadership is summed up by two essential things. And those two essential things have always been present in everything I did.

First, you must have a sense of conviction. It is not just an issue of having a vision. Your sense of conviction is what carries you through the most challenging of times.  Second, you have to train yourself to be an optimist.   Perhaps it doesn’t sound like much. But it goes to the very heart of how I have looked at and dealt with life.

I also had the blessing of having one of the greatest teachers, Dr Morris Kates, when I did my Bachelor in biochemistry. One of the best biochemists of his time in the world, Dr Kates’ philosophy was that if you could not perform seven lab experiments simultaneously and keep your bearings, you were incompetent.

I don’t do lab experiments anymore. But whether he knew it or not, Dr. Kates gave me solid grounding for the future. I learned how to deal with complexity. And I developed an uncanny ability to switch gears at lightning speed while dealing with very complex issues.

Une des valeurs fondamentales que j'ai héritée de mon père est qu'il est très important d'aimer les gens. Mon père aimait le monde. Et c’était primordial pour lui de contribuer activement et concrètement à la vie communautaire.    Je n'aurais jamais pu réaliser ce que j'ai eu la chance de faire si je n'avais pas aimé et respecté les gens qui m'entourait à Montfort et les gens de la communauté franco-ontarienne qui nous ont appuyé sans réserve.

Au cours de ma carrière, il est arrivé souvent qu'on m'accuse de trop rêver. Mais, ce sont mes convictions profondes qui ont porté mes rêves. La conviction que mes objectifs étaient fondés et la conviction de faire tout en mon possible pour y parvenir. Et ce sont ces rêves qui m'ont porté. Je n'ai jamais cessé de croire que, si notre action est fondée sur des principes solides, si nous y travaillons sans relâche, ce qui semblait hier impossible, devient soudainement possible.

Lorsque j'ai décidé d'accepter le poste de Président-Directeur général de Montfort, il y a 20 ans, nombreux étaient les collègues qui me déconseillaient de le faire. Ce n'était pas un brillant plan de carrière. Montfort était alors un hôpital sur la voie descendante, confronté à devenir un centre de soins chroniques ou à oser grandir.  J'avais la conviction alors que je pouvais en faire un hôpital d'excellence.  

Making Montfort into a centre of excellence was a beautiful challenge for me, two decades ago. That was all I asked for then. But it seemed like a lot. Despite contrary advice from several colleagues, I thought I could make a difference.  But I never thought that through the course of achieving this objective we would end up in the fight of our lives, win in the end and then change the constitutional history of Canada.

I guess this is the kind of thing that happens when you never stop believing, you never stop trying, and you never stop loving the people around you.

Comme probablement tous ces gens merveilleux qui se sont portés à la défense de Montfort, dont plusieurs des plus forts sont parmi nous aujourd’hui, je ne pensais jamais que je contribuerais à faire avancer autant toute la francophonie ontarienne.  Grâce à notre travail, toutes les générations franco-ontariennes à venir ont maintenant des assises juridiques plus solides que jamais. Nous avons aujourd'hui une communauté plus confiante, plus solidaire et, en Montfort, une institution unique.

The miracle that happened at Montfort is my legacy.   I now look back at the Robert Wood Johnson Award and I wonder: How did they know? And I ask you, today: What will be your legacy? Will you dare to try and make a difference?

Tout ce que j'ai à vous dire est que je suis la preuve vivante que ce sont des gens très ordinaires qui font des choses extraordinaires.

As a friend once told me:  on the way to your dreams, sometimes a better one comes along.

I want to wish you all a rewarding career.  And don’t forget to have fun along the way.

Du fond du coeur, bonne chance et merci beaucoup.

Retour au profil : Gérald R. SAVOIE

Haut de page